Efficacité réelle des traitements antipsychotiques dans une cohorte nationale suédoise de 29 823 patients atteints de schizophrénie
Introduction
L'efficacité comparative des traitements antipsychotiques pour les patients atteints de schizophrénie est restée controversé malgré des recherches approfondies.
Les résultats Des essais cliniques randomisés (ECR) suggèrent que la clozapine, l'olanzapine et l'amisulpiride sont supérieurs aux autres antipsychotiques en termes d'efficacité ; mais vu l'impossibilité d'inclure de grands nombres de patients non sélectionnés dans une ECR ,il n'est pas encore clair s'il existe des différences cliniquement significatives entre les traitements antipsychotiques.
L'objectif était de déterminer l'efficacité des traitements antipsychotiques dans la prévention de la ré-hospitalisation psychiatrique (y compris les admissions en raison d’une tentative de suicide) et l'échec du traitement (arrêt ou passage à d'autres médicaments antipsychotiques, ou la mort) dans la schizophrénie en analysant une cohorte nationale de patients schizophrènes.
Méthodes
C’est une étude de cohorte basée sur des registres utilisant des données anonymes d’une population de patients âgés entre 16 à 64 ans en 2006 résidant en Suède et qui ont reçu un diagnostic de schizophrénie. La période de l’étude allant du 1er juillet 2006 au 31 décembre 2013
Les informations sur l'utilisation des médicaments ont été extraites du registre des médicaments prescrits durant la période de 2005 à 2013 en soins ambulatoires, car les médicaments utilisés dans les hôpitaux ne sont pas enregistrés dans les registres
Les antipsychotiques utilisés ont été divisés selon le mode d’administration (oral ou injectable à longue durée d’action) et selon leur génération (1ère ou 2ème)
Résultats et discussion
C'est la première recherche qui a étudié l’efficacité comparative des traitements antipsychotiques pour des patients schizophrènes utilisant l’analyse de régression des risques proportionnels individuels de Cox.
Il y’avait 29 823 patients (12 822 femmes et 17 001 hommes) avec un âge moyen de 44,9 ans.
Au cours du suivi, 13 042 des 29 823 patients (43,7%) ont été ré-hospitalisés et 20 225 des 28 189 patients (71,7%) ont subi un échec du traitement.
Les antipsychotiques injectables à action prolongée ont été associés à un risque beaucoup plus faible de ré-hospitalisation (20% à 30% plus bas) par rapport aux formulations orales équivalentes.
La Clozapine et tous les antipsychotiques injectables à action prolongée ont été associés aux taux d'échec du traitement les plus bas et donc un taux de prévention le plus élevé de la rechute par rapport au médicament le plus utilisé qui est l'olanzapine par voie orale.
Conclusion
Les résultats de cette étude suggèrent qu'il existe des différences substantielles entre les antipsychotiques et entre les voies d'administration concernant le risque de ré-hospitalisation et de l’échec du traitement chez les patients atteints de schizophrénie.
Dr Hammani Zakaria
CHU Hassan II Fès
Le 26/06/2017
