Comparaison de l’efficacité des traitement adjuvants dans la médication de la schizophrénie
JAMA Psychiatry. May 2019
INTRODUCTION
Les personnes atteintes de schizophrénie sont couramment traitées par des médicaments psychotropes en association avec les antipsychotiques, mais il existe peu de preuves de l'efficacité comparative de ces stratégies de traitement d'appoint.
L’objectif de cette cohorte est d’étudier l’efficacité de ces traitements d’appoint chez les patients atteints de schizophrénie.
METHODES :
C’est une étude comparative qui a utilisé les données nationales américaines du Medicaid, datées du 1 er janvier 2001 au 31 décembre 2010, pour examiner les résultats de l'instauration d'un traitement par un antidépresseur, une benzodiazépine, un stabilisateur de l'humeur ou un autre antipsychotique chez des adultes (âgé de 18 à 64 ans). ) ayant eu le diagnostic de schizophrènie et qui ont été traités de manière stable avec un seul antipsychotique.
L'analyse des données a été effectuée du 1er janvier 2017 au 30 juin 2018. Des modèles de régression des risques proportionnels de Cox pondérés ont été utilisés pour comparer les résultats du traitement pendant 365 jours.
RÉSULTATS
Cette étude a compris 81 921 patients ambulatoires atteints de schizophrénie (moyenne d'âge : 40,7 ans [12,4] ans; 37 515 femmes [45,8%]) traités de manière stable avec un seul antipsychotique, puis en association avec l'utilisation d'un antidépresseur (n = 31 117), une benzodiazépine (n = 11 941), un stabilisateur de l'humeur (n = 12 849) ou un autre antipsychotique (n = 26 014).
Comparativement à l'utilisation d'un autre antipsychotique, l'instauration d'un antidépresseur était associée à un risque plus faible (risque relatif : 0,84; IC à 95%, 0,80 à 0,88) d'hospitalisation psychiatrique, alors que l'utilisation d'une benzodiazépine était associée à un risque plus élevé hospitalisation psychiatrique (HR, 1,08; IC à 95%, 1,02-1,15) ; tandis que le risque associé à l'initiation d'un stabilisateur de l'humeur (HR, 0,98; IC à 95%, 0,94-1,03) n'était pas significativement différent de l'initiation d'un autre antipsychotique.
Des résultats similaires ont été observés lors des consultations aux urgences en psychiatrie pour l'utilisation d'un antidépresseur (HR, 0,92; IC à 95%, 0,88-0,96), d'une benzodiazépine (HR, 1,12; IC à 95%, 1,07-1,19) et d’un thymorégulateur (HR, 0,99; IC 95%, 0,94-1,04).
Alors que la mise en route d'un stabilisateur de l'humeur était associée à un risque accru de mortalité (HR, 1,31; IC 95%, 1,01-1,66).
DISCUSSION
L’utilisation des antidépresseurs en adjonction avec les neuroleptiques en cours étaient associés à des risques plus faibles d'hospitalisation en psychiatrie et de consultations aux urgences par rapport aux autres stratégies tels que les benzodiazépines adjonctives étaient associées à des risques accrus d'hospitalisation et de la consultation aux urgences.
CONCLUSION
Dans le traitement de la schizophrénie, l'instauration d'un traitement d'appoint par un antidépresseur était associée à un risque réduit d'hospitalisations psychiatriques et de consultations aux urgences psychiatriques par rapport à l'initiation de médicaments alternatifs psychotropes. Les associations de benzodiazépines et de stabilisateurs de l'humeur ayant des résultats plus médiocres appellent à une prudence clinique et des investigations supplémentaires.
Dr Ghizlane Lamghari
Service de psychiatrie
CHU Hassan II Fès
Le 31/0/2019
