Recherche > Revue de presse > Utilisation des ISRS pendant la grossesse et le risque de mortinatalité et de mortalité néonatale

Utilisation des ISRS pendant la grossesse et le risque de mortinatalité et de mortalité néonatale


SSRI-grossesse-1
De nombreuses études ont  analysé la relation entre l'exposition aux ISRS et l’issue  de diverses grossesses, y compris  les conditions sanitaires et les malformations des descendants, mais les données restent contradictoires.
La santé danoise et l'autorité des médicaments ont récemment émis un avertissement sur une possible association entre  l’exposition in utero aux ISRS et  la mortalité périnatale.
Dans cette étude, les auteurs ont examiné si l'exposition in utero d'ISRS pendant la grossesse est associée à un taux de risque élevé de mortinatalité et de mortalité néonatale.
 
Les auteurs ont mené une étude de cohorte basée sur la population utilisant la Base de données de fertilité danoise pour identifier toutes les naissances au Danemark entre 1995 et 2008.Le temps d'exposition à des ISRS a été calculé sur la base des doses standard de traitement et les formats d'emballages distribués selon un registre de prescription des médicaments. L'exposition a été divisée en première, deuxième et troisième trimestre de l'exposition. Des modèles multi variés de régression logistique ont été utilisés.

Les auteurs ont identifié 920 620 naissances, l'incidence de mortinatalité était de 0,45%, et l'incidence de la mortalité néonatale était de 0,34%. Un total de 12.425 enfants ont été exposés à un ISRS pendant la grossesse. Les mort-nés n'ont pas été associés au premier trimestre de l'utilisation des ISRS (risque relatif ajusté = 0,77, IC à 95% =0,43 à 1,36) premier et deuxième trimestre de l’utilisation (risque relatif  = 0,84, IC à 95% = 0,40 à 1,77), ou du premier, deuxième et troisième trimestre de l'utilisation (risque relatif  = 1,06, 95% CI = 0.71 à 1.58). La mortalité néonatale n'était pas associé à un ISRS pendant le premier trimestre d’utilisation (risque relatif  = 0,56, IC à 95% = 0.25 à 1.24), premier et deuxième trimestre d’utilisation (risque relatif  = 0,90, IC à 95% = 0.37-2.17), ou du premier, deuxième et troisième trimestre de l'utilisation (risque relatif = 1,27,  IC à 95% = 0.82 à 1.99).

Les auteurs n’ont  pas donc trouvé aucune association entre l'exposition à un ISRS au cours des trois trimestres et ces résultats. Les principales limites de cette étude étaient l'observation de la conception et la possibilité que les périodes de traitement ISRS aient été surestimées, puisque on ne peut pas régler, de tout défaut de l'adhésion therapeutique.
Ces résultats sont conformes à ceux d'une étude précédente en Suède d'une cohorte de 860.215 grossesses, où les auteurs n'ont signalé aucune élévation des taux de mortalité intra-utérine ou infantile chez les femmes qui ont rempli une prescription des ISRS pendant la grossesse. Plusieurs autres études  n’ont signalé aucune augmentation du risque de la mortalité périnatale.

Aucune étude antérieure n'a examiné le risque de mortinatalité ou de la mortalité néonatale stratifié pour l'exposition à différents ISRS et trimestres. Bien que les ISRS aient le même effet primaire et agissant sur le même récepteur 5-HT, les mécanismes d'action ne sont pas équivalents en termes de pharmacodynamie et  de pharmacocinétique. Les causes de mortalité périnatale par l'exposition aux ISRS pendant des trimestres spécifiques peuvent inclure des anomalies congénitales (premier trimestre), le retard de croissance intra-utérin (second trimestre), et l'hypertension pulmonaire persistante et les symptômes de sevrage à la  sérotonine (troisième trimestre). On n’a  identifié aucun risque élevé pour les enfants exposés à un ISRS pendant des trimestres individualisés.

D'autre part, il y’a une association entre trois trimestres d'exposition au citalopram et la mortalité néonatale, mais après une correction par des tests multiples, l'association n'était plus statistiquement significative. En outre,  cette association n’apas été  retrouvée pour les autres ISRS, ce qui a encore suggéré qu'il s'agit d'une découverte fortuite.

On considère qu'il est probable que les femmes recevant un traitement avec un ISRS sont plus étroitement surveillés pendant la grossesse et sont donc moins susceptibles d'avoir des complications périnatales avec des conséquences fatales. Selon une étude canadienne, les femmes exposées à un antidépresseur pendant la grossesse avaient un taux supérieur de 30% de l'utilisation des ultrasons pendant la grossesse, bien que les résultats ne soient pas applicables aux femmes danoises. Cependant, si cette hypothèse est correcte, ces résultats peuvent refléter la conséquence d’une surveillance plus étroite des femmes dans le traitement, ce qui peut occulter un éventuel effet négatif des ISRS.

Dr. Tliji Asmae
CHU Hassan II Fès
Le 15/04/2013


Affichage Affichages : 998

Recherche