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Une évaluation large de la relation entre l´âge Parental et les troubles psychiatriques


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Des méta-analyses ont fourni des preuves solides indiquant que les descendants de pères plus âgés ont un risque accru pour l'autisme, le trouble bipolaire et la schizophrénie et ça peut également contribuer à un risque accru pour les petits-enfants, ce qui suggère que des mutations peuvent survenir de facon silencieuses dans la descendance de première génération, mais contribue au risque de la maladie dans les générations suivantes.

Une revue de la littérature attache les troubles du comportement chez les enfants de jeunes parents à l’âge maternel jeune et en particulier aux mères adolescentes. Les mécanismes qui sous-tendent ces associations sont généralement les facteurs psychosociaux et culturels (logement moins favorable, environnement moins stable).

Grâce à l´utilisation de la nation danoise de larges registres, Les auteurs ont eu l'occasion d'explorer la relation entre l'âge la maternel et paternel et un large éventail de troubles mentaux. En particulier, ils se sont intéressés à faire une comparaison entre l´âge avancée et l´âge jeune des parents et entre l´âge maternel et l´âge paternel à l'égard de différents troubles.

Ce registre contient un numéro d'identification personnel de chaque personne vivante au Danemark à partir de 1968 sous lequel on peut avoir plusieurs informations : le sexe, date et lieu de naissance, état matrimonial, le statut vital et des renseignements sur les descendants et les ascendants. Le numéro d'identification personnel est utilisé dans tous les registres nationaux, permettant un lien précis entre les registres. Les personnes étudiées dans cette cohorte étaient liés avec leurs parents, frères et sœurs par leur numéro d'identification personnel inscrit sur le Registre Psychiatrique Central de la Recherche danoise. La population de cette étude comprenait toutes les personnes nées au Danemark à partir du 1er Janvier 1955 au 31 Décembre 2006, et dont les parents sont nés au Danemark.

Pour chaque trouble mental, la date de début a été définie comme étant le premier jour de contact avec le psychiatre (patients hospitalisés ou ambulatoires).

Dans cette étude, les auteurs ont examiné une gamme de troubles et affections psychiatriques en fonction des Critères de la CIM- 10:

  1. Tout diagnostic psychiatrique (codes F00- F99)
  2. Les troubles mentaux et du comportement liés à la substance psychoactive abus (codes F10- F19), avec des analyses distinctes pour troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool (F10) et troubles mentaux et du comportement liés à la consommation de cannabis (F19).
  3. La schizophrénie et des troubles annexes (codes F20- F29), avec analyses distinctes pour la schizophrénie (F20) et le trouble schizoaffectif (F25).
  4. Troubles de l'humeur (F30- F39), avec une analyse distincte pour le trouble bipolaire (F30, F31).
  5. Névroses, troubles liés au stress, et les troubles somatoformes (F40- F48).
  6. Troubles des conduites alimentaires (F50), avec une analyse séparée de l'anorexie mentale (F50.0).
  7. Troubles spécifique de la personnalité (F60).
  8. Le retard mental (F70 - F79).
  9. Troubles envahissants du développement (F84), avec une analyse séparé de l'autisme (F84.0).
  10.   Troubles comportementaux et émotionnels survenant dans l'enfance et l'adolescence (F90- F98), avec une analyse distincte pour le trouble hyperkinétique (F90).

Les âges maternels et paternels à la naissance de l'enfant étaient catégorisés comme suit : 12 à 19, 20 à 24, 25 à 29, 30 à 34, 35 à 39, 40 à 44, et 45 ans ou plus.

Les individus ont été observés à partir du plus jeune âge à partir du 1 Janvier 1995 jusqu'à l´apparition du résultat en question, la mort ou l'immigration sur une période de 17 ans jusqu´au 31 Décembre 2011, et les personnes ayant un diagnostic avant 1995 ont été exclues.

Les auteurs ont inclus seulement les personnes qui étaient en vie et qui résidaient au Danemark au début du suivi pour contrôler l'augmentation du risque de troubles mentaux associés à l'immigration.

Un total de 2 894 688 personnes nées au Danemark à partir de 1955 à 2006 ont été suivis de 1995 à 2011. Dans l'ensemble, la cohorte a été suivie pour 42.7millions de personnes par année, dont 218 441 membres ont eu leur premier contact en psychiatrie durant la période du suivi.

La progéniture des mères plus jeunes avait un risque élevé pour la maladie mentale. En comparaison avec la progéniture des mères âgées entre 25 et 29 ans, les enfants de mères de 12 ans à 19 ans avaient un risque accru d'avoir un trouble mental de 51%. Aucune augmentation significative du risque pour la progéniture de mères plus âgées n’a été trouvée. Par contre, l'âge du père a montré une relation en forme de U, avec la progéniture de pères adolescents le risque de trouble psychiatrique était de 28%, alors que la progéniture des pères de 45 ans ou plus avait un risque accru de 34%.

Les âges maternels et paternels étaient significativement associés à toutes les catégories de troubles mental examinés sauf le trouble schizo-affectif, le trouble bipolaire, et troubles de l'alimentation / anorexie. L´âge paternel et non pas l´âge maternel était significativement associée à l'autisme.

Certains troubles ont été nettement plus importants chez les enfants de parents jeunes. Par exemple, la descendance de parents adolescents était à plus haut risque pour les troubles du comportement liés à l’abus de substance psychoactive.

En outre, les enfants de parents adolescents étaient plus exposés aux risques de troubles comportementaux et émotionnels et en particulier le trouble hyperkinétique. Dans ce groupe, les auteurs n´ont trouvé aucune association entre l'âge des parents et le risque de trouble bipolaire, alors que pour Le risque de la schizophrénie et des troubles associés, l’âge paternel avancé était incriminé.

Les auteurs ont trouvé une augmentation considérable du risque des troubles névrotiques dans la descendance des deux parents adolescents avec une prédisposition plus importante pour la progéniture des mères adolescentes, alors que l´âge paternel avait un faible retentissement dans cette catégorie de troubles, mais les auteurs ont aussi rapporté une augmentation significative des risques pour les descendants de pères adolescents et de pères plus âgés.

Pour les troubles de la personnalité, le plus haut risque a été trouvé dans la progéniture de mères adolescentes et de père âgé de 45 ans ou plus. Une tendance similaire a été trouvé pour la vaste catégorie de retard mental, les risques les plus élevés ont été observés dans la progéniture des mères adolescentes et de pères de 45 ans ou plus.

En ce qui concerne le trouble envahissant du développement, le modèle du plus haut risque chez la progéniture de mères adolescentes et chez la progéniture des pères de 45 ans ou plus a été à nouveau rapporté.

Après ajustement du degré d'urbanisation du lieu de naissance, la tendance générale des résultats est restée essentiellement inchangée. Quant ´à l´ajustement de l'histoire de la maladie mentale des parents, frères ou sœurs la plupart des tailles d'effet ont été légèrement atténuée.

Pour certains troubles, cette atténuation a été plus importante pour les tailles d'effet pour les mères adolescentes, tel que le risque de troubles liés au stress et des troubles somatoformes névrotiques.

En général, les études ont suggéré que la parentalité précoce peut interférer avec les aspirations de l'éducation et de l’emploi. Avoir un enfant à un âge précoce peut contribuer à une cascade de des événements liés à l'exclusion socio-économique, á des conditions défavorable de santé, d´éducation et à des difficultés sociales.

La progéniture des mères adolescentes et des mères âgées de plus de 45 ans avait une augmentation significative de risque pour les personnes handicapées mentales. En ce qui concerne l'âge du père, les auteurs ont trouvé une augmentation constante et linéaire du risque pour chaque tranche d'âge au-dessus de la catégorie de référence (25-29 ans). Des études récentes ont confirmé qu´environ 80% des mutations novo sont d'origine paternelle et que le nombre des mutations est fortement corrélé avec l'âge paternel.

Bien que les mécanismes liés aux facteurs psychosociaux et culturels puissent vraisemblablement tenir compte du risque accru de troubles mentaux dans la progéniture de parents plus jeunes, les facteurs biologiques et génétiques doivent également être pris en compte. Ainsi que l´exposition au tabagisme prénatal, à l'alcool ou à des drogues illicites peuvent compromettre la croissance du fœtus ou de contribuer à des mutations de novo dans le les cellules germinales.

En conclusion, les jeunes mères et les pères plus âgés sont associés à un risque accru risque de troubles mentaux dans leur progéniture. Cependant, la nature des résultats varie d'une manière complexe et plusieurs troubles mentaux montrent peu ou pas d’association avec l'âge des parents.

  • Dr Zemama Hanane
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 20/03/2014

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