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Tentative de suicide chez les jeunes, Un signal pour des soins de santé à long terme et les besoins sociaux


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Depuis le début de la récession économique mondiale en 2007, les taux de suicide ont augmenté dans les États-Unis et en Europe. Les tentatives de suicide (TS) sont beaucoup plus fréquentes que les suicides. Selon le centre de contrôle de la maladie et la prévention, il ya 25 tentatives de suicide pour chaque suicide. L’objectif de cette étude est d’évaluer si les TS chez les jeunes signalent un risque accru plus tard d’une mauvaise santé mentale et physique ainsi qu’un fonctionnement social perturbé en dehors de tout trouble psychiatrique préexistant.

Il s’agit d’une enquête longitudinale de la santé et du comportement dans une cohorte de naissance complète. Les participants sont des membres de l’étude multidisciplinaire de Dunedin sur la santé et le développement. L’étude a inclus 1037 personnes. Tous les individus sont nés entre Avril 1972 et Mars 1973 à Dunedin, en Nouvelle Zélande. L’évaluation a été effectuée à la naissance et à l'âge de 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 18, 21, 26, 32, et plus récemment à l’âge de 38 ans. Les évaluations réalisées aux âges de 18, 21, 26, 32, et 38 ans, ont été faites par des entretiens structurés à la recherche de tentatives de suicide, d'automutilations et d’autres troubles psychiatriques. Les jeunes suicidants sont définis dans l’étude comme ceux ayant fait au moins une TS avant l'âge de 24 ans.

Sur les 1037 membres originaux de l'étude Dunedin, 91 (8,8%) ont déclaré une tentative de suicide avant l’âge de 24 ans. Parmi cet effectif, 86 ont été évalués jusqu’à l'âge de 38 ans. 2,9% des membres de la cohorte initiale sont décédés de toute cause. 5,5% des TS étudiées était mortelles. La moyenne d’âge à la première tentative de suicide était de 17,4 ans. Les auteurs ont noté une prédominance féminine. Par ailleurs pas de différence entre les jeunes suicidants et non suicidants par rapports aux classes sociales.

A l’âge adulte en s’approchant de la quarantaine, les jeunes suicidants étaient significativement plus susceptibles d'avoir des problèmes persistants de santé mentale (par exemple, la dépression, la dépendance aux substances, et répétition de tentatives de suicide) par rapport aux non suicidants. Ils étaient plus susceptibles de demander de l'aide pour des problèmes psychiatriques, de prendre des médicaments psychotropes, et avoir plus d’hospitalisations pour des affections psychiatriques. Plus de 20% des jeunes suicidants ont rapporté des nouvelles tentatives de suicide entre les âges de 26 et 38 ans.

Ces jeunes suicidants étaient également plus à risque de développer des problèmes de santé physique (par exemple, le syndrome métabolique et le syndrome inflammatoire). Ils étaient engagés dans plus de violence (par exemple, les crimes violents et la violence conjugale) et avaient besoin de plus de soutien social à cause du chômage avec dépendance à l’aide sociale. En outre, ils ont déclaré être solitaires et moins satisfaits de leur qualité de vie. Ces associations sont restées significatives après ajustement des paramètres des troubles psychiatriques et la classe sociale.

Les avantages méthodologiques de cette étude comprennent l'utilisation d’une cohorte de naissance représentative, avec un suivi sur une période de plus de 13 ans, et des contrôles statistiques pour les troubles psychiatriques des jeunes suicidants.

Selon les auteurs, cette analyse ne suppose pas que les tentatives de suicide sont une cause de mauvaise santé et du mauvais fonctionnement social plus tard, mais elle attire l’attention des cliniciens sur les TS comme facteur prédicteur de risque de complications ultérieures en dehors de tout trouble psychiatrique. Certaines explications sont tentées par les auteurs ; tout d'abord, la TS peut être simplement un moyen de mesure de la sévérité de la maladie mentale, deuxième possibilité concerne le taux élevé de recherche de soins en santé mentale et des médicaments psychiatriques utilisés par les jeunes suicidants et troisièmement, les jeunes étaient plus susceptibles de s’engager dans un comportement suicidaire (auto-mutilation et TS) plus que les adultes. Ces explications possibles ne s'excluent pas mutuellement, et chaque explication s'applique presque certainement à un résultat différent.

  • Pr Aarab Chadya
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 23/02/2014

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