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Télépsychiatrie : La vidéoconférence en matière de prise en charge psychiatrique


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L'exercice de psychiatrie par vidéoconférence interactive, souvent appelé « télépsychiatrie », a été utilisé depuis les années 1950, mais celle-ci n'a atteint une maturation et une large utilisation en tant que modalité thérapeutique qu'à la dernière décennie. La vidéoconférence est ainsi actuellement une option intéressante pour les psychiatres fournissant des soins aux patients.

Un nombre croissant de preuves scientifiques fait la démonstration de la capacité de la télépsychiatrie à rapprocher les soins aux patients et à élargir la gamme ainsi que la qualité des services de santé mentale offerts.

Cette dernière décennie a vu l'extension des services de télépsychiatrie depuis les programmes institutionnels importants où les patients sont vus dans une clinique ou un hôpital : "paramètres cliniquement supervisés" vers l'utilisation par certains psychiatres qui traitent des patients individuels directement dans leurs maisons :"paramètres cliniquement non supervisés ".

Comprendre l'impact de la télépsychiatrie sur la consultation clinique est important pour adapter et améliorer ses processus cliniques afin d'en bénéficier au maximum.

Les auteurs de cet article avaient pour but de faire mieux connaître l'utilisation clinique de la vidéoconférence. Les auteurs ont donné d'abord un aperçu global sur les données scientifiques actuelles relatives à la télépsychiatrie. Ils en examinent les pratiques administratives et cliniques, et illustrent ces points dans un cas clinique.

Preuves à L'appui de la Télépsychiatrie

La télépsychiatrie a montré une grande flexibilité d'usage. Un nombre croissant d'essais contrôlés ont fait la démonstration de l'efficacité de la télépsychiatrie dans la prise en charge de troubles spécifiques.

Des questions concernant l'impact de la télépsychiatrie sur le processus clinique, la relation thérapeutique et le traitement ont été soulevées, mais pas définitivement réglées dans la littérature

Une expérience clinique riche en télépsychiatrie a contribué au développement de formations cliniques en télésanté mentale ainsi que des directives cliniques provenant de plusieurs organisations pour aider à éduquer les cliniciens. Deux exemples récents de matériaux accessibles au public comprennent le " Telemental Health Guide " disponible sur internet et les " Practice Guidelines for Videoconferencing-Based Telemental Health " de l'Association Américaine de Télémédecine. Ces deux outils sont quelques-unes des nombreuses ressources fournissant des informations plus détaillées sur les questions soulevées ci-dessous.

Soucis Administratifs en Télépsychiatrie

Un certain nombre de problèmes administratifs uniques se posent dans le contexte de la télépsychiatrie. Parmi ces problèmes figurent des questions relatives à la licence, l'accréditation, le mauvais usage, la technologie et le contexte clinique dans lequel les soins sont dispensés.

Le psychiatre doit détenir une licence médicale de l'État où se trouve son patient lors d'une rencontre télépsychiatrique. D'autres règlements spécifiques de certains états peuvent être applicables aussi.

Les psychiatres qui envisagent de faire de la télépsychiatrie devraient informer leurs équipes techniques de leur engagement spécifique et s'assurer qu'il n'y a pas de lignes directrices supplémentaires qu'ils doivent suivre.

Les psychiatres qui offrent des services de télépsychiatrie à travers des systèmes de soins de santé doivent avoir aussi une compréhension claire sur la propriété du dossier médical, comment les dossiers sont partagés entre les systèmes et les obligations des fournisseurs de documentation et d'enregistrement.

Il existe un certain nombre de normes reconnues pour les spécifications techniques minimales et la configuration de l'environnement dans lequel la vidéoconférence doit avoir lieu: Une vitesse de transmission minimale de 384 kilo-octets par seconde, beaucoup préconisent l'utilisation de la plus haute résolution disponible, la réponse aux exigences de l'HIPAA, la conformité aux normes de confidentialité fédérales et de l'Etat, l'examen des recommandations pour la mise en place du système de vidéoconférence, la configuration de la salle ...

Les services de télépsychiatrie devraient avoir des protocoles écrits ou des procédures pour les composantes administratives et cliniques importantes.

Soucis Cliniques en Telepsychiatry

La psychiatrie est une application idéale de la vidéoconférence parce que la plupart des traitements psychiatriques peuvent être offerts par télépsychiatrie. Celle-ci n'a aucun critère absolu d'exclusion ni de contre-indication pour des troubles psychiatriques spécifiques.

Avant de s'occuper d'un patient par vidéoconférence, le psychiatre doit élaborer un protocole d'urgence et des procédures spécifiques à chacun des services et environnements de télépsychiatrie dans lesquels il fournit les soins.

La vidéoconférence a un impact direct sur le style de communication et d'interaction. Les fournisseurs utilisant la télépsychiatrie doivent être conscients de ce problème et adapter leur style clinique. Ils doivent également être conscients des réactions des patients à la vidéoconférence. Cela dit, La majorité des patients s'adaptent rapidement à l'utilisation de la vidéoconférence et expriment une satisfaction et un confort avec la télépsychiatrie.

Les patients et les psychiatres peuvent avoir un sentiment d'éloignement et de distance, en particulier lors des premières rencontres de vidéoconférence au tout début. Cette perception souvent diminue ou disparaît après l'établissement d'une alliance de travail. Dans certains cas, ce sentiment peut être même un avantage clinique; La distance entre le patient et le prestataire de services peut contribuer à faciliter le sentiment de confidentialité, et permet aux patients de recevoir des soins psychiatriques sans le stigmate potentiel de la visite d'un établissement de santé mentale.

Lors de la première séance de télépsychiatrie avec un patient, et avant de commencer l'évaluation, le psychiatre doit procéder à une orientation télépsychiatrique avec un processus de consentement. A la fin de cette orientation, le psychiatre doit demander si le patient a des questions sur la procédure avant de commencer un entretien clinique. Le psychiatre doit surveiller le niveau de confort du patient au cours de la séance, et à la fin demander comment il s'est senti vis-à-vis de l'utilisation de la vidéoconférence.

La prochaine décennie verra sans doute l'expansion continue de la vidéoconférence et son intégration dans la pratique psychiatrique de routine.

  • Dr. Benbrahim Mohammed
  • Hôpital Ibn Al Hassan
  • CHU HASSAN II – Fès
  • Le 25/04/2013

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