Recherche > Revue de presse > Spectre des symptômes psychiatriques dans la maladie de Wilson : traitement et pronostic

Spectre des symptômes psychiatriques dans la maladie de Wilson : traitement et pronostic


WILSON SPECTRUM OF PSYCHIATRIC SYMPTOMS 1

L’article rapporte le cas d’une patiente de 39 ans adressée par un service de médecine interne suite à l’apparition d’un comportement désordonné. La maladie s’est déclarée par des symptômes neurologiques minimes et le diagnostic est retenu sur des critères biologiques. Un traitement à base de Trienine est démarré. La patiente a ensuite présenté une colite mise sur le compte du traitement, et un traitement à base de corticoïdes est démarré. Trois jours après l’instauration de la corticothérapie, le patiente a présenté une insomnie avec un délire d’influence (contrôle de la pensée), une hyperactivité, et des idées de surestime. L’examen à l’admission retrouve le délire, un affect labile, une hyperactivité et une bizarrerie du comportement. L’examen neurologique retrouve des troubles oculomoteurs, une raideur du cou et une présence aussi de l’anneau de KayserFleischer.

Le diagnostic d’une psychose induite par le traitement est posé, la patiente fut mise sous olanzapine a 2,5mg avec apparition de dystonies et passage à la quétiapine à 25mg puis 50mg avec apparition de sédation et hypotension d’où la réduction de la dose à 12,5mg. La patiente a gardé des idées de surestime et de grandiosité. Une augmentation de la dose (75mg) a permis une amélioration au bout de 5 jours.la patiente fut réadmise 3semaines après avec absence de réponse à 400mg puis passage au Halopéridol à 20mg avec apparition d’un syndrome parkinsonien, la patiente a présenté une diarrhée sanglante et une endoscopie confirme une colite induite par la trientine. La prédnisone fut réintroduite à 10mg sans aggravation du tableau psychiatrique.

La symptomatologie est rentrée dans l’ordre après 5mois avec retour à l’état pré morbide sous association de quétiapine et olanzapine.

Discussion

Les symptômes psychiatriques sont très liés à la maladie de Wilson. Notamment les symptômes psychotiques si bien que plusieurs patients portent le diagnostic de schizophrénie pendant des années avant de redresser le diagnostic. Le mécanisme est inconnu et n’est pas expliqué seulement par l’impact psycho-affectif de la maladie.

La discussion diagnostique s’est penchée sur l’élimination d’une psychose induite par les stéroïdes et sa persistance après arrêt du traitement est en faveur plutôt d’une psychose liée à la maladie de Wilson.

Le traitement passe par la prise en charge de la maladie de Wilson et aussi par le traitement des symptômes psychotiques. Plusieurs molécules ont été essayées dans ce sens. On a noté une sensibilité par rapport au traitement antipsychotique avec apparition fréquente de signes neurologiques.

L’intérêt de l’approche multidisciplinaire est fortement souligné. La question de la durée du traitement demeure, dans le cas rapporté 9 mois de traitement ont permis une rémission maintenue pendant 3ans mais l’amélioration peut aussi résulter de la stabilisation de la maladie causale.

Dr Bout Amine

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 27/11/2015


Affichage Affichages : 578

Recherche