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Quetiapine à doses faibles et modérées dans le traitement de l’état limite : un essai contrôlé randomisé en double aveugle


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Aucun traitement médicamenteux n’a franchement prouvé son efficacité dans la personnalité limite. Les essais menés avec des neuroleptiques atypiques ont donné des résultats contradictoires. La quetiapine a montré une efficacité sur certains symptômes (L’impulsivité et l’hostilité) mais pas pour l’amélioration du trouble dans sa globalité.

Cet article relate un essai clinique rigoureux dans le but est d’évaluer l’efficacité d’un traitement retard à base de Quetiapine. Il s’agit d’un essai contrôlé contre placebo en double aveugle à 150 et 300mg par jour.

L’essai s’est fait sur 8 semaines de traitement, et les patients ont reçu 50mg par jour avant d’atteindre progressivement le dosage prédéfini. Ont été inclus des patients entre 18 et 45ans qui répondent aux critères DSM4 de la personnalité borderline avec exclusion des malades présentant un épisode dépressif majeur, un ESPT, un trouble panique ou un TOC. Un score supérieur à 9 de l’échelle Zanarini a été requis et aussi l’absence d’atteinte neurologique, cognitive ou une consommation récente d’amphétamines, cocaïne, barbituriques ou hallucinogènes.

L’efficacité du traitement a été évaluée à l’aide des outils suivants :

Zanarini scale, the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale (MADRS), the Modified Overt Aggression Scale , the Young Mania Rating Scale , and the Global Assessment of Functioning Scale (GAF), the Borderline Evaluation of Severity Over Time, the Barratt Impulsiveness Scale, the Symptom Checklist 90 Revised (SCL-90-R) (29), and the Sheehan Disability Scale .

Un monitoring ECG et biologique a été observé afin de guetter les éventuels effets secondaires.

L’échantillon de 95 patients a été réparti sur 3 groupes de 33 patient dans chacun des groupes Quetiapine et 29 pour le groupe placebo. Les 3 groupes avaient les mêmes caractéristiques à la base. A noter que le groupe devant recevoir 300mg avait des scores de sévérité des symptômes plus élevés que les autres groupes.

88 % des patients ont rapporté des effets secondaires, mais aucun incident sérieux n’a été déclaré. La différence entre les groupes n’est pas significative mais dans le groupe à 300mg il y’a eu plus d’effets secondaires type : sécheresse de la bouche, sédation, troubles de l’appétit et vertige.

N’ont continué l’étude que 64 participants du groupe de départ avec 22 dans le groupe faible dose, 23 dans le groupe doses modérées et 19 dans le groupe Placebo. Les sorties d’études ne sont pas significatifs et n’affectent pas les résultats. La sortie de l’étude n’est pas corrélée à des chiffres élevés de l’échelle de sévérité.

La différence entre le faible dosage et le placebo a été significative, tandis que la différence entre le dosage modéré et le placebo ne l’est pas. Le score moyen diminue de 1.22 points par semaine pour le faible dosage et de 0.99 pour les doses modérés et 0.75 pour le groupe placebo. La différence entres les deux groupes Quétaine n’est pas significative. Pour les patients ayant terminé l’étude le taux de réponse est de 82 % pour le groupe faible dosage, 74 % pour le groupe dosage modéré et 48 % pour le groupe placebo.

Il n’y a pas eu de différence significative entre les groupes concernant la tolérance.

L’étude a montré donc une supériorité de la quetiapine versus placebo dans le traitement de l’état limite. Le faible dosage donnant de meilleurs résultats que le dosage modéré. Cette différence diminue quand on prend en compte les autres variables d’efficacité. Elle peut être liée à l’effet sédatif du dosage modéré ou même à la possibilité que le dosage faible est le plus optimisé pour le traitement de ces patients. Il n’y a pas de grande différence entre les groupes en matière d’apparition d’effets secondaires contrairement à ce qui a été prévu et les bons scores retrouvés dans le groupe placebo seraient liés au soutien et à la présence des soignants durant l’étude.

L’exclusion des patients avec des comorbidités anxio-dépressives constitue une limite importante du travail ainsi que le taux relativement important des patients sortis de l’étude.

D’autres études devraient confirmer ces résultats.

Dr Bout Amine

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 26/11/2014


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