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Pronostic des accès psychotiques brefs : méta-analyse


L'organisation mondiale de la santé a apporté les concepts cliniques de catégorie diagnostic des troubles psychotiques aigus et transitoires (ATPDs) dans la CIM-10 avec 6 sous-types, en indiquant qu'un ATPDs est un épisode psychotique court qui peut durer jusqu'à 3 mois.

De même, le DSM-5, a mis en place la catégorie de diagnostic de trouble psychotique bref (BPD), en décrivant des épisodes psychotiques brefs d'une durée de moins de 1 mois et avec un retour à l'état prémorbide. Bien que ATPD et BPD appartient à la même catégorie diagnostic, des différences majeures existent en fonction de leurs caractéristiques symptomatiques, la durée des symptômes (3 mois à ATPD vs 1 mois en BPD), et des sous-types. Des recherches antérieures tendent à suggérer que les patients avec ATPD et BPD peuvent réussir mieux dans l'ensemble par rapport aux patients atteints de schizophrénie, mais la récurrence des épisodes psychotiques ultérieurs dans ATPD et BPD peut être aussi fréquentes que dans la schizophrénie.

Au cours des 2 dernières décennies, les épisodes psychotiques brefs ont été reclassés dans les états prépsychotiques à risque, comme opérationnalisé avec les symptômes psychotiques intermittents limités brefs (BLIPS) : ce sont les jeunes ayant des antécédents d'expériences psychotiques fugaces qui se sont résolvés spontanément dans 1 semaine sans l'utilisation d'antipsychotiques.

Quelques années plus tard, la durée des symptômes psychotiques brefs intermittents

(BIPS) a été prolongée de 7 jours à 3 mois par d'autres auteurs.

Les auteurs de cette méta-analyse avaient comme but de comparer le risque de rechute entre ces diffèrent troubles ATPD, BPD, BLIPS et BIPS et aussi en comparaison avec un premier épisode schizophrénique (FES).

Ces auteurs avaient décidé comme critères de sélection des études admissibles à cette méta-analyse, les éléments suivants:

  1. Les études originales publiées en anglais;
  2. Les patients avec un diagnostic de premier épisode psychotique bref tels que défini en rémission selon la classification internationale standard (ATPD et BPD), le paradigme à haut risque clinique (BLIPS et BIPS) ou un groupe de référence de comparaison ayant un premier épisode schizophrénique FES, [La rémission spontanée sans antipsychotique pour le BLIPS et le BIPS et une durée des symptômes ≤ 7 jours pour BLIPS, et < 4 jours / semaine pendant 3 mois pour BIPS, ≤1 mois continue pour BPD et ≤3 continue mois pour ATPD]
  3. le risque de récidive d'épisode psychotique est rapporté pendant au moins un suivi (6, 12, 24, ou ≥36 mois).

Les critères d'exclusion étaient :

  1. Les articles publiés dans des langues autres que l'anglais;
  2. Les études qui n'ont pas utilisé les définitions selon la classification internationale standard pour ATPD, BPD, BLIPS, BIPS et FES;
  3. Les études ayant un chevauchement des ensembles de données;
  4. Des échantillons cliniques à haut risque dus à des facteurs génétique ou a un syndrome de détérioration ou un sous-groupes de psychose avec des symptômes atténués;
  5. Des études FES avec des échantillons qui n'a pas connu une rémission complète de leur premier épisode; et
  6. Des études avec des échantillons de multi-épisode ou psychose chronique.

La recherche documentaire a identifié 82 articles, avec une certaine contribution de plus d'un échantillon (un total de 93 échantillons: 27 ATPD, 22 BPD, 13 BLIPS, 10 BIPS, et 21 FES.

Dans les 93 échantillons, le suivi à différents moments (6, 12, 24 et 36 mois ou plus) n'a trouvé aucune différence significative dans le risque de récurrence de psychose entre ATPD, BPD, BLIPS et BIPS avec tous les P> 0,03. Par contre il a été constaté un risque significativement plus élevé de récidive psychotique dans le groupe FES par rapport aux 4 autres groupes à 24mois d'évolution (P < .02) et à 36 mois ou plus (P < .001). L'analyse de sous-groupe a identifié un effet modulateur du traitement antipsychotique à court terme (c.-à-d. à 6 et 12 mois), mais n'a trouvé aucun effet pour les critères de rémission et de conception de l'étude.

Des méta-régressions de l'enquête année de publication, l'âge moyen, la proportion de femmes, l'exposition aux antipsychotiques, les critères diagnostiques utilisés pour évaluer l'épisode psychotique bref et à l'évaluation de la qualité ont étaient réalisé.

À un seuil non corrigé pour les comparaisons multiples, il y avait un effet significatif pour le sexe (à 12 mois [P = .03] et à 24 mois [P = .02] mois) et pour l'exposition à un antipsychotique (à 6 mois [P = .02], à 12 mois [P = 0,002] et à 24 mois [P = .004]).

Des analyses de sensibilité ont confirmé la robustesse des résultats.

Aucune différence de méta-analyse dans le risque de développer la schizophrénie à 24 mois n'a été observée entre les groupes ATPD, BPD, BLIPS et les groupes BIPS. Aucune différence de méta-analyse du risque de développement un trouble schizo affectif n'a été détectés entre les groupes ATPD, BPD, BLIPS, BIPS et FES.

L'absence de différence de pronostic entre BLIPS et BIPS remet en question la durée stricte de 7 jours de BLIPS. Le seuil de la psychose est plus élevé dans le BIPS que dans les BLIPS; en même temps, le seuil de la psychose est plus faible dans le BIPS que dans les BLIPS. Ces 2 différences peuvent contre balancer l'autre et donc expliquer leurs risques comparables de récidive psychotique au fil du temps, ce qui suggère un besoin d'une certaine normalisation psychométrique pour les 2 définitions.

En outre, cette méta-analyse suggère que BLIPS et BIPS ont un chevauchement pronostic avec ATPD et BPD, ce qui remet en cause la validité des BLIPS et BIPS comme des états à haut risque pour la psychose.

La rapidité de survenue de la récidive psychotique est également similaire sur une période de moins de 2 ans pour les deux diagnostics BLIPS, BIPS et ATPD. Il a été démontré aussi que les épisodes psychotiques brefs ont un meilleur pronostic à long terme que FES après 24 mois. Le plus bas risque de récidive psychotique était remarquable à 36 mois ou plus chez les patients atteints de FES qui ont eu une rémission précédente par rapport à ceux qui avait développé un autre épisode psychotique.

En conclusion les auteurs avaient trouvé dans cette méta-analyse des preuves d'un meilleur pronostic à long terme des épisodes psychotiques brefs par rapport à des premiers épisodes de schizophrénie, mais n'avaient pas trouvé de différence de pronostic entre ATPD, BPD, BLIPS et BIPS. Parvenir à un consensus de diagnostic aidera manifestement les futures tentatives pour identifier les moyens les plus efficaces pour prévenir la récidive psychotique après un épisode psychotique bref initial.

  • Dr Zemama Hanane
  • Service de psychiatrie
  • CHU HassanII Fès
  • Le 28/04/2016

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