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Prévention de l’état de stress post-traumatique par un traitement précoce


prevention-of-postraumatic-stress-disorderPrevention of post-traumatic stress disorder by early treatment: results from the Jerusalem Trauma Outreach And Prevention study.

Shalev AY, Ankri Y, Israeli-Shalev Y, Peleg T, Adessky R, Freedman S.

Arch Gen Psychiatry. 2012 Feb;69(2):166-76.

 Prévention de l’état de stress post-traumatique par un traitement précoce:

Le timing de la prescription de certains traitements de l’état de stress post-traumatique ne semble pas crucial. Que ce soit en offrant aux survivants des traumatismes peu de temps après un événement ou tardivement après quelques mois, des thérapies cognitives ou des techniques d’exposition prolongée, afin de prévenir le syndrome de stress post-traumatique donne des résultats similaires. Selon une recherche israélienne, les thérapies cognitives ou d’expositions commencées immédiatement ou après un certain délai, sont efficaces dans la prévention au long cours d’un état de stress post-traumatique (ESPT) chez les survivants symptomatiques d'événements traumatiques.

Cependant, l'utilisation d'un antidépresseur ISRS semble n’avoir aucun effet par rapport au placebo, pire encore, l’état des patients sous ce type de médicament s’aggrave par rapport aux autres patients des autres cohortes au bout de neuf mois, résultat rapporté par Arieh Shalev, MD et ses collègues dans un rapport mis en ligne en octobre 2012 dans « les archives of General Psychiatry ».

Des résultats similaires de la même étude ont également été signalés en juillet 2012 dans «  Psychiatric Service ».

Les survivants des traumatismes rapportant une détresse devraient être diagnostiqués avec soin, et ceux présentant des symptômes de l’ESPT devraient bénéficier précocement des thérapies cognitivo-comportementales ou des techniques d’exposition, selon Shalev, professeur de psychiatrie à l'Université hébraïque et de la faculté de Médecine Hadassah à Jérusalem.  Les futures études devraient continuer à évaluer le timing et l'efficacité de l'utilisation précoce de la pharmacothérapie pour la prévention de l’état de stress post-traumatique.

Les ISRS sont recommandés dans la plupart des Guidelines de traitement de l'ESPT, à condition qu’ils soient associés à d'autres pharmacothérapies. Ils ont été jugés par un comité d’un institut de médecine en 2007 comme ayant des niveaux modestes de preuve d’appui de leur utilisation.

Dans une étude israélienne, menée de 2003 à 2007, les chercheurs ont examiné les dossiers d'admission des 24 heures de tous les cas de traumatismes au service des urgences de l'hôpital universitaire Hadassah à Jérusalem. La plupart des patients avaient subi des traumatismes dans des accidents de moto, les autres après des incidents de terrorisme ou des accidents de travail. Un total de 5286 survivants ont été appelés par téléphone et 4753 ont accepté d'être interviewés. Ils ont ensuite été dépistés en utilisant les critères de l’axe 1 et 2 du DSM-IV. Les survivants après un événement traumatique confirmé (n = 1 998) ont reçu une interview structurée. Un examen clinique complet a été proposé à 1502 survivants et 756 ont accepté. Finalement, 242 participants présentant des symptômes de PTSD complets ont été randomisés en quatre options de traitement: une exposition prolongée, la thérapie cognitive, l'escitalopram / placebo et une liste d'attente. La diminution du nombre des patients qui acceptent de participer à l'évaluation a indiqué que, même chez les personnes symptomatiques contactés systématiquement, qu’il y’avait une volonté limitée pour accepter l'évaluation ou le traitement.

Le personnel de recherche a passé près de sept heures au téléphone et cinq heures d’évaluation clinique pour amener un patient à un traitement. «L'étude montre la difficulté de convaincre les gens à mener un traitement, même après avoir fait des appels téléphoniques pour 5000 personnes. La principale source de cette charge est l'inclusion inévitable dans les premières évaluations de personnes qui éprouvent des symptômes précoces et guérissent spontanément», écrit Shalev et ses collègues.

Les participants ont été réévalués à cinq et neuf mois. A cinq mois, la prévalence de l’ESPT chez les patients ayant bénéficié d’une exposition prolongée et les groupes de thérapie cognitive était significativement inférieure à celle des patients mis sous ISRS, le placebo et les groupes de listes d'attente. Lors de l'évaluation de neuf mois, la prévalence de l'ESPT chez les patients sous une thérapie d’exposition prolongée, la thérapie cognitive, et des groupes de listes d'attente étaient environ 22 pour cent.

Ceci montre que l’intervention différée est une option acceptable lorsque des interventions cliniques précoces ne peuvent être fournies (par exemple, au cours des guerres, des catastrophes, ou d'hostilités continues) ». 

Par ailleurs, les neuf mois de suivi, les participants sous ISRS (42 pour cent) et le placebo (47 pour cent) présentaient des taux beaucoup plus élevés de stress post-traumatique. Cependant, parce que la conception de l'essai clinique permet aux participants de refuser un traitement médicamenteux, un échantillon de taille relativement petite dans le cas des ISRS / placebo et ne donne pas assez de puissance statistique pour réfuter un effet préventif potentiel.

L'étude n'a pas inclus un groupe associant à la fois la pharmacothérapie et la thérapie cognitive et d'exposition. Des essais plus vastes de la pharmacothérapie devraient être un sujet de futures recherches.

Enfin, à cinq mois les chercheurs ont étudié les informations recueillies auprès des survivants qui ont refusé l'évaluation ou le traitement et a noté qu'ils se sont améliorés moins que ceux qui ont accepté la prise en charge

Cette conclusion suggère que le déclin de soins ne reflète pas la force intérieure ou la résilience», ont conclu les auteurs.

  • Dr Kettani Narjiss
  • CHU Hassan II, Fès
  • Le 18/12/2012

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