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Prévalence et corrélations  du trouble de l'utilisation du cannabis selon  DSM-5  (2012-2013): Résultats de l'enquête (NESARC-III)


Introduction

Des études antérieures menées, lorsque l'usage du cannabis était moins répandu, ont montré un degré élevé de comorbidité entre le trouble de l'utilisation du cannabis et d'autres troubles psychiatriques courants. Cependant, la prévalence accrue du trouble de l'usage du cannabis  chez l'adulte,  et qui peut inclure maintenant des personnes sans vulnérabilité à d'autres troubles psychiatriques, on se demande si les modèles de comorbidité sont restés les mêmes ou bien ils ont peut-être changé. Une mise à jour des données  est nécessaire.

Ce rapport fournit la première information représentative au niveau national (USA) sur le trouble d'usage du cannabis selon DSM-5, en utilisant les données de l'Institut national de l'abus d'alcool et l'alcoolisme (NIAAA), qui a réalisé  l'Enquête épidémiologique nationale sur l'alcool et les conditions en relation -III (NESARC-III). Il  inclut les prévalences actuelles et sur la vie, l'âge de début, la fréquence de la consommation, les corrélations démographiques, les comorbidités psychiatriques, le handicap, et la probabilité de participation à des interventions, y compris des programmes de traitement.

Méthodes

La population cible  de NESARC-III était la population civile non institutionnalisée âgée de  plus  18  ans et représentative de  la population des Etats-Unis. 36309 citoyens ont participé à cette enquête.  Les participants ont remplis une échelle  (AUDADIS-5)  qui mesure l'utilisation  des drogues et d'alcool  selon DSM5 au cours des 12 derniers mois et durant la vie. Les cas du trouble de l'utilisation du cannabis  ont été classés comme légers (2 ou 3 critères), modérée (4 ou 5 critères) ou sévères (+6 critères). L'invalidité / Handicap actuel a été mesurée en utilisant l'échelle à 12-item (SF-12v2).

Résultats et discussion

Chez les adultes américains en 2012-2013, la prévalence à 12 mois du trouble de l'usage du cannabis selon DSM-5  était de 2,54%, ce qui représente environ 5.982.000 Américains, et la prévalence durant la  vie était 6,27%, ce qui représente environ 14.757.000 Américains. Bien que la prévalence du trouble de  l'usage du cannabis a augmenté dans tous les groupes d'âge entre le NESARC (2001-2002)  et NESARC-III (2012-2013), la différence d'âge dans le NESARC-III est beaucoup plus prononcée que dans l'NESARC.

Cette augmentation  de  la prévalence de la consommation  et de la différence d'âge  est compatible avec les nouvelles légalisations  favorables concernant la consommation de marijuana.

Le trouble de  l'usage du cannabis  varie significativement selon   la race  et les groupes ethniques. Pour le trouble de l'usage du cannabis  à 12 mois et  durant la  vie, la prévalence du  trouble était plus faible chez les asiatiques  et chez les hispaniques que chez les blancs, mais plus élevé chez les natives Américains. Conformément aux données  de NESARC chez les Noirs, la prévalence  à 12 mois du trouble de l'usage du cannabis  était significativement plus élevée que chez les blancs,   concernant la prévalence sur toute la  vie  du trouble de l'utilisation du cannabis.

 Les prévalences ne différaient pas entre les Noirs et les Blancs dans NESARC-III, alors que dans NESARC, les Noirs avaient significativement une prévalence inférieure que les blancs. Ainsi le risque chez les Noirs par rapport aux Blancs a augmenté au cours de la dernière décennie. Cette augmentation notable de la prévalence de la consommation du cannabis  chez les Noirs est expliquée par  l'augmentation de la disparité économique et par la différence entre  les Blancs et les noirs  dans leurs attitudes à l'égard de la marijuana, vu que celle-ci est  considéré  chez les noires comme une substance naturelle et donc sans danger.

L'enquête a trouvé également que les participants ayant Des revenus les plus bas étaient plus susceptibles du trouble de l'usage du cannabis. Egalement le trouble est lié à l'exposition précoce à des environnements  défavorisés, le faible statut socio-économique des parents, les  antécédents familiaux de toxicomanie…..

Similaires aux conclusions NESARC,  le trouble de l'usage du cannabis sur 12 mois et durant la vie ont été fortement et constamment associés à l'usage  d'autres substances et à d'autres troubles psychiatriques. Ainsi, malgré  la nature de plus en plus normative de l'usage de la marijuana et l'augmentation de la prévalence de la consommation  chez les adultes, les personnes ayant le trouble de  l'usage du cannabis  continuent d'être vulnérables à d'autres troubles psychiatriques courants. Les troubles les plus fréquemment retrouvés   sont les troubles de la personnalité, la dépression majeure, la dysthymie, l'anxiété généralisée, le trouble panique, la phobie sociale et la phobie spécifique.

Et enfin, les participants avec le trouble de l'usage du cannabis avaient un  handicap considérable dans les différents domaines. Le niveau d'handicap  était compatible avec l'utilisation très fréquente du cannabis. En outre, les niveaux d'invalidité étaient plus élevés si le trouble d'utilisation du cannabis était  associé au trouble d'utilisation  d'alcool.

  • Dr Jaafari Mounir
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 27/06/2016

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