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Méta-analyse : Réponse placebo et essais cliniques d’antipsychotiques


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Dans les essais cliniques psychiatriques, la grande réponse au placebo représente un véritable défi pour le développement des médicaments psychotropes. L'objectif de cette de méta- analyse a été d'identifier les contributeurs potentiels à la réponse au placebo dans les essais contrôlés randomisés sur le traitement antipsychotique dans la schizophrénie.

Les auteurs ont extrait une base de données grâce à une recherche dans MEDLINE (1960–2010), Embase (1980–2010), Google Scholar, ISI Web of Science (1960–2010), Cochrane Database of Systematic Reviews and Cochrane Library (1958–2010), CINAHL (Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature) (1982–2010), et PsycINFO (1970–2010). Ils ont ainsi étudié des essais cliniques randomisés, contrôlés par placebo, menés en double aveugle, publiés en anglais et concernant les antipsychotiques dans le traitement des pathologies du spectre schizophrénique incluant la schizophrénie, le trouble schizophréniforme et le trouble schizo-affectif.

Les auteurs ont ainsi mesuré l’impact de la réponse au placebo en se basant sur les scores du Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS) ou du Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS), et en prenant en compte également l’influence de la qualité de l’étude.

Au début, 6278 articles ont été retrouvés, mais seules 61 études ont été retenues, avec un total de 14787 patients (dont 3698 sous placebo). De ces études, 11 ne correspondaient pas aux critères de qualité pré-établis et le travail a donc été effectué sur les 50 articles qui ont été définitivement retenus.

Les résultats ont retrouvé une hétérogénéité importante dans l'ampleur de la réponse au placebo et dans la qualité des études qui augmentent tous deux au fil du temps. L’âge jeune, une courte durée de la maladie, une plus grande sévérité des symptômes à la base, des durées d'essai courtes, une variété des sites d'étude et un faible pourcentage de patients sous placebo étaient significativement associés à une plus grande réponse au placebo. D’un autre côté, les étas unis comme lieu d’études ne l’était pas.

La qualité des études a affecté la variabilité, mais pas la moyenne des niveaux de réponse au placebo.

Les auteurs soulignent qu’il s’agit de la première étude effectuée permettant d’évaluer l’impact de la qualité de l’étude sur la réponse moyenne au placebo et sur sa variabilité.

Les résultats de cette étude corroborent avec ceux de la littérature concernant les facteurs associés retrouvés.

Toutefois, ces résultats mettent en évidence la complexité de la relation entre une élévation de la réponse au placebo, son association avec divers facteurs intrinsèques et les changements à travers le temps.

Les auteurs soulignent l’importance de l’année et de la période durant lesquelles les études ont été effectuées. Ils suggèrent ainsi que lors de l’identification des facteurs influençant la réponse au placebo, il y ait toujours un ajustement concernant l’année et la période de l’étude afin d’avoir des résultats plus valables à travers le temps.

Par ailleurs, ces résultats plaident en faveur d'essais de plus longue durée, avec un délai minimum de 6 semaines, et soulignent l’importance de mieux étudier certains facteurs relevant du protocole de l’étude et qui peuvent être confondants, tels que les caractéristiques des traitements, ceux des patients ou encore la durée de la maladie.

Cette étude a identifié d'importantes caractéristiques des patients et des essais affectant le niveau de réponse au placebo et, partant de là, la probabilité de détecter des signaux d'efficacité dans des essais contrôlés randomisés. De futures études devraient vérifier si le contrôle de ces facteurs permet d'améliorer la détection d'un effet antipsychotique.

  • Dr Azzouzi Nada
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 19/11/2013

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