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Lurasidone comme traitement adjuvant au lithium ou au Valproate pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire type I: étude Randomisée, en double aveugle contrôlée par placebo


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Les épisodes dépressifs représentent l’état symptomatique le plus fréquemment associés au trouble bipolaire, entraînant une plus grande détérioration dans le domaine du travail, la famille et le fonctionnement social, et sont associée à un risque suicidaire plus élevé.

Malgré la forte prévalence de symptômes dépressifs chez les patients présentant un trouble bipolaire, il y’a peu de traitements fondés sur des preuves pour la dépression bipolaire, reflétant une plus grande incertitude quant aux consensus des algorithmes de traitement par rapport à la manie et la dépression unipolaire.

Aux États-Unis et dans d'autres pays, la quétiapine (formule à libération prolongée et immédiate) et la combinaison de l'olanzapine-fluoxétine sont approuvés pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire.

le Lithium et le valproate ont démontré une efficacité antimaniaque dans le trouble bipolaire, mais sont nettement moins efficaces dans le traitement de la phase dépressive de la maladie. D’autre part Très peu de preuves existent pour guider un traitement adjuvant dans ce contexte. En effet, aucune étude positive démontrant l'efficacité d'un antipsychotique atypique ajouté à un thymorégulateur n’a été rapportée à ce jour.

Bien que les antidépresseurs classiques sont couramment utilisées en tant que traitement adjuvant ,les preuves de leur efficacité dans les populations bipolaires font défaut, avec des préoccupations qui existent quant à leur potentiel à induire un virage maniaque et à réduire la durée du cycle. Par conséquent, il existe un besoin significatif d’un traitement adjuvant qui fera preuve d'efficacité lorsqu'il sera combiné à un thymorégulateur chez les patients atteints de dépression bipolaire.

Lurasidone est un nouveau antipsychotique atypique avec une haute affinité pour les récepteurs D2, 5-HT2A et 5-HT7 (antagonistes), une affinité modérée pour les récepteurs 5-HT1A (agoniste partiel), et aucune affinité appréciable pour les récepteurs H1 et M1,avec un effet minime sur le poids, les lipides, ou la glycémie, approuvé par la US Food and Drug Administration pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire type I en monothérapie et comme traitement adjuvant au lithium ou au valproate.

L’objectif principal de cette étude contrôlée par placebo de phase 3 était d'évaluer l'efficacité de la lurasidone comme traitement adjuvant au lithium ou au valproate pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire type 1.

dans Cette étude internationale étalée sur une durée de 6 semaines, des patients suivis en ambulatoire étaient inscrits avec un âge compris entre 18-75 ans déjà diagnostiqué comme soufrant d’un trouble bipolaire de type I qui présentaient un épisode dépressif majeur, avec ou sans cycle rapide, sans caractéristiques psychotiques, et avec au moins un épisode maniaque ou mixte dans leur ATCD, lié à un trouble bipolaire.

Les patients n’avaient pas suffisamment répondu à un traitement d’essai de 28 jours au minimum avec des doses soit de lithium ou de valproate. les taux sériques de lithium et du valproate, respectivement, devaient être 0,6-1,2mEq / litre et de 50 à 125 mg / ml .

Les patients étaient exclus s'ils :

  • ont montré une diminution de plus de 25 % du score total dans le MADRS entre le dépistage et le départ de la phase initiale du test;
  • notés de plus de 4 points sur le MADRS item 10 ( pensées suicidaires ) lors du dépistage ou au départ de la phase initiale du test ;
  • ont été jugés à risque imminent de suicide ou d’auto ou hétéroagressivité ; avaient été hospitalisé pour un épisode maniaque ou mixte dans les 60 jours précédant la randomisation ;
  • avaient reçu un traitement avec des antidépresseurs dans les 3 jours , la fluoxétine dans les 28 jours , un inhibiteur de la monoamine oxydase dans les 21 jours précédents la randomisation , ou clozapine dans les 120 jours précédant la randomisation ;
  • avaient une maladie aiguë ou un état de santé instable ;
  • avaient des antécédents d’ abus d'alcoolisme ou d’une substance (3 derniers mois) ou de dépendance ( 12 mois ) , ou ont eu une histoire de non-réponse à un essai thérapeutique adéquat ( 6 semaines ) de trois antidépresseurs ou plus (avec ou sans thymorégulateur) au cours de l'épisode dépressif actuel.

Un total de 672 patients ont été dépistés mais seulement 348 ont été admis pour l’étude.

Une proportion significativement plus élevée de patients atteint les critères de réponse au bout de 6 semaines de traitement avec lurasidone par rapport au placebo (57% versus 42%).

Le traitement par lurasidone a été associé à une plus grande amélioration à la fin du test par rapport au placebo sur chacun des 10 articles MADRS, avec une différence significative réalisée sur les points suivants : tristesse apparente, tristesse rapportée, sommeil réduit, lassitude, incapacité à sentir, et les pensées pessimistes.

Le délai moyen de réponse au traitement ainsi que le délai moyen de rémission étaient significativement plus courts pour le groupe lurasidone en comparaison avec le groupe placebo (28j contre 42 j et 35j contre 43j, respectivement)

La proportion de patients ayant atteint la rémission à la fin du test a été significativement plus élevée dans le groupe de lurasidone comparé avec le placebo (50% contre 35%).

En discussion de ces résultats, les auteurs ont souligné que la Lurasidone comme traitement adjuvent au lithium ou au valproate a été bien toléré avec un taux d'abandon, en raison d'effets indésirables, qui était comparable au placebo.

Le taux de cas d’hypomanie ou de manie survenus dans le groupe qui était sous lurasidone était également comparable à celui du placebo ( 1,1 % contre 1,2 % ) , et nettement inférieurs aux taux (environ 15 %) déclaré en une méta-analyse de la manie associée à des antidépresseurs dans le traitement du trouble bipolaire.

Dans cet essai, le traitement à court terme avec lurasidone était associé avec un effet minimal sur le poids, les lipides et la glycémie. Ces résultats sont conformes avec les résultats des études antérieurs d'un traitement à court et à long terme avec la lurasidone dans la schizophrénie.

Plusieurs limites par rapport à cette étude devraient être notées : Étant donné que seuls les patients atteints de dépression bipolaire I ont été inscrits, la possibilité que ces résultats soient généralisés à des patients atteints de dépression bipolaire II n'est pas claire. En outre, les critères d’inclusion de cette étude ont exclus les patients présentant des comorbidité psychiatriques ou médicales graves ce qui limite aussi la généralisation de ses résultats.

Enfin, une enquête plus approfondie est nécessaire pour évaluer le maintient de l'efficacité de la lurasidone ainsi que sa tolérance à long terme chez les patients atteints de trouble bipolaire.

  • Dr Haouat Amin
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 25/03/2014

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