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Les prédicteurs de la réponse aux antipsychotiques de deuxième génération chez les patients schizophrènes jamais traités : un suivi d’1 an à Shangai


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Des études montrent que la réponse précoce au traitement peut réduire le coût à long terme du traitement de la schizophrénie. En outre, la rémission des symptômes est en corrélation avec une meilleure qualité de vie et un bon fonctionnement social. Ainsi, il est important d'examiner les facteurs qui peuvent influencer la réponse au traitement au début de la schizophrénie. Parmi lesquels, on note la durée de la psychose non traitée (DUP), la fonction sociale, le sexe, l'état matrimonial, l'âge de début, la gravité des symptômes avant le traitement, la capacité d'accéder à des services de soins de psychiatrie et l'utilisation ou non de substances et l’adaptation pré morbide. Des études suggèrent que la rémission des symptômes était en corrélation avec une meilleure fonction sociale, une bonne qualité de vie, un insight intact et une meilleure adaptation pré-morbide. Les auteurs suggèrent que les facteurs liés à la réponse aux traitements peuvent aussi influencer la rémission pendant un an de traitement pour le premier épisode schizophrénique.

Dans ce travail, les auteurs ont inclus des patients externes ou récemment hospitalisés admis à l’hôpital psychiatrique de Shanghai entre Février 2003 et Décembre 2005. Les critères d'inclusion étaient : l’âge entre 18 - 60 ans, les critères diagnostiques répondant à la CIM- 10 de la schizophrénie ou du trouble schizophréniforme; un score de PANSS supérieur à 60, présentant actuellement leur premier épisode, une durée totale de la maladie moins de 5 ans; jamais traités par des antipsychotiques; être prêt à être traités avec la rispéridone, l’ olanzapine ou la quétiapine, sans maladies physiques graves, sans retard mental, sans alcoolisme ni toxicomanie; ne pas être enceintes ou allaitantes et signer un formulaire de consentement éclairé.

398 patients ont été inclus dans l'étude. Parmi lesquels, 98 ont été hospitalisés et 300 étaient suivis en ambulatoire. Une schizophrénie a été diagnostiquée chez 353 (88,7 %) tandis que 45 (11,3%) patients avaient un trouble schizophréniforme. À la fin de l’étude, tous les 45 patients inclus avec un diagnostic de trouble schizophréniforme répondaient aux critères de la schizophrénie. 131 (32,9 %) patients ont abandonné au cours de la période de suivi de 1 an. C’est

une cohorte prospective avec un suivi d’un an. Il y avait trois groupes : 131 sous rispéridone, 131 sous quétiapine et 136 sous olanzapine. La posologie des médicaments a été augmentée à la dose thérapeutique efficace dans 7 - 10 jours. Les benzodiazapines ont été utilisées pour l’anxiété ou les troubles du sommeil, surtout à la phase initiale du traitement. La Trihexyphenidyl a été utilisée pour traiter les effets extra- pyramidaux. Les injections intramusculaires de clonazépam ont été utilisées pour traiter l’akathisie.

L'âge de début, la durée de psychose non traitée, les événements de vie précipitant la psychose, la durée de la phase prodromique de maladie, des antécédents familiaux de la maladie mentale, l'environnement familial chronique, la situation économique de la famille et la fréquence de fumer et de boire ont été déterminés. La version chinoise de l'échelle PANSS a été utilisée pour évaluer les symptômes de la schizophrénie au moment du recrutement, à 2 semaines, puis à 2, 3, 6, 8 et 12 mois après le début du traitement. La réponse au traitement a été définie comme une baisse de 50 % du score du PANSS. Les critères de rémission proposées par le Groupe de travail de la schizophrénie ont été utilisés dans cette analyse.

Résultats : concernant la réponse au traitement, parmi les 398 patients inclus, 70,9% ont répondu à la rispéridone, l’ olanzapine ou la quétiapine pendant le suivi. La DUP moyen était de 8 mois de moins et la durée du traitement continu était plus longue dans le groupe des répondeurs que dans le groupe non-répondeurs. Parmi les autres caractéristiques associées à la réponse étaient le score de base plus élevé du PANSS et une phase prodromique aiguë. Après régression logistique, une DUP plus courte, de longues périodes continues du traitement et les scores de base plus élevés de la sous-échelle positive et générale de l'échelle PANSS inculpés une plus grande possibilité de réponse. Les scores positifs initiaux du PANSS, les scores pathologiques généraux et le score total étaient plus bas et la phase prodromique aiguë était courte chez les non répondants que les répondants.

Pour la rémission, parmi les 318 patients qui ont terminé au moins 6 mois de suivi, 259 patients (81,4%) ont répondu aux critères de rémission. Le taux de rechute était de 8,1 % dans ces 259 patients. Les résultats des tests univariés ont montré qu’une durée moyenne courte de DUP, les patients avec une phase prodromique chronique, les patients avec un environnement familial harmonieux caractérisent le groupe en rémission. Les résultats indiquent que seulement la phase prodromique est un facteur indépendant de la rémission.

La plupart des recherches indiquent que les schizophrènes peuvent avoir une plus grande réponse, un meilleur pronostic et une efficacité avec un cout économique faible avec une DUP courte ce qui rejoint les résultats de l’étude. Il est également important d'avoir une bonne observance thérapeutique. Dans l’étude, la durée du traitement continu était un facteur de réponse aux antipsychotiques. Un tel résultat souligne l'importance de l'utilisation des ressources pour aider les patients schizophrènes à respecter l'observance du traitement. Certains auteurs ont constaté que les scores du PANSS positive et négative sont corrélés avec la réponse au traitement chez les schizophrènes. Dans l’étude, le score des symptômes positifs et le score général pathologique du PANSS étaient légèrement supérieures chez les répondeurs, mais sans différence significative concernant les scores des symptômes négatifs. L'alcool et d'autres substances ont été inclus pour avoir un impact négatif sur la réponse au traitement dans la culture occidentale. Dans l’étude ci dessus, il n'y avait pas de différence dans la consommation d'alcool et le tabagisme entre les répondeurs et les non-répondants. Ainsi, la prévalence relativement faible dans l'abus de ces substances en Chine peut expliquer la différence des résultats entre l'Occident et la Chine. La plupart des schizophrènes en Chine vivent avec leur famille.

En outre, près de 70 % des patients de cette étude avaient une bonne relation familiale. C'est probablement la raison principale pour laquelle la relation de la famille n'était pas de façon significative différente entre les deux groupes. Bien que beaucoup de patients en rémission avaient un environnement familial harmonieux très comparativement aux patients non remis, l'environnement familial ne semble pas être un facteur indépendant de la rémission.

L’identification précoce de la phase prodromique peut conduire à un traitement précoce d’où une prévention de nombreux effets néfastes du premier épisode psychotique. De façon inattendue, ni la DUP ni les scores du PANSS n’ont été identifiés comme des facteurs liés à la rémission. Bien que la cognition peut affecter l’efficacité personnelle à long terme et la qualité de vie, les auteurs n’ont pas inclus ce facteur dans l’étude, du fait que les patients avaient une période relativement courte de maladie. Ils ont constaté donc une déficience cognitive légère chez les patients pendant la période du traitement. Un autre important facteur non inclu est l’insight. La plupart des schizophrènes dans la phase aiguë présente un insight faible. Seulement 23,7 % des schizophrènes cliniquement stables ont une bonne connaissance de la maladie en Chine. L'omission d'inclure l’insight comme un variable dans l’étude pourrait avoir biaisé les résultats. Le statut socioéconomique n'était pas significativement différent entre les répondeurs et non répondeurs. Une autre limite de cette étude est que la DUP de 5 ans pourrait inclure les patients avec une maladie chronique.

Au total, bien que les facteurs influençant la réponse aux traitements pour les patients schizophrènes de l’étude étaient compatibles avec d’autres études précédentes, ces facteurs ne semblent avoir aucun effet sur la rémission. La phase prodromique aiguë peut être un facteur de protection pour les patients ayant un premier épisode de schizophrénie à obtenir une rémission. La présomption des auteurs de « les facteurs corrélés à la réponse peuvent aussi influencer la rémission pendant le traitement d’un an pour le premier épisode schizophrénie " n'a pas été confirmée.

  • Dr Kettani Narjisse
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 19/02/2014

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