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Les facteurs étiologiques communs du déficit de l'attention / L'hyperactivité et le Comportement suicidaire : Une étude de la population suédoise


TDHA-1

INTRODUCTION

Le trouble du déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH) est un trouble très répandu, reconnu comme un problème important de santé publique dans le monde entier.

Par ailleurs les patients atteints de TDAH ont été récemment considérés comme présentant un risque accru de conduites suicidaire (tentatives de suicides et suicide accomplis).

Aucune d'étude antérieure n’a exploré la mesure dans laquelle le TDAH et le comportement suicidaire pourraient avoir des facteurs de risque génétique et environnementale communs, d’où le but de cette étude.

MATERIEL ET METHODE

Ce travail consiste en une cohorte appariée pour estimer le risque de conduites suicidaires chez des individus diagnostiqués comme ayant un TDAH et chez leurs membres de famille (parents biologiques, fratrie, demi-frères, cousins ). Cette étude s’est intéressée à la période entre le 1er Janvier 1987, et le 31 Décembre, 2009 on se basant sur les registres de la population Suédoise.

RESULTATS

D'après les registres suédois, nous avons identifié 51 707 personnes qui répondaient aux critères pour le TDAH durant cette période.

Les individus atteints de TDAH présentent un risque accru à la fois pour les tentative de suicide et le suicide accompli par rapport aux participants témoins appariés. Le risque de tentatives de suicide chez les participants de sexe féminin étant plus élevé que chez les participants de sexe masculin, cette différence entre les sexes n’a pas été notée pour les suicides accomplis.

Le plus grand risque familial (de tentative de suicide et suicide accompli) a été observée chez les proches du premier degré (les parents et la fraterie des patients atteints de TDAH) alors que le risque était considérablement plus faible chez les proches plus éloignés génétiquement (demi-frères maternels ou paternels et cousins).

DISCUSSION

Les résultats suggèrent l’existence de facteurs génétiques partagés entre le TDAH et le comportement suicidaire, Ce qui incite à la réalisation d’études futures à la recherche de ces facteurs ainsi que les facteurs neurocognitifs associés au comportement suicidaire dans le TDAH, nécessaires à l'identification de nouveaux marqueurs biologiques pour une meilleure identification des individus atteints de TDAH à haute risque de comportement suicidaire.

En outre, étant donné le risque suicidaire élevé chez les proches de patients atteints du TDAH ceci suggère qu’ils devraient être examinés systématiquement à la recherche d’éventuels comportement suicidaire car les tentatives de suicide non traités peuvent conduire au suicide accompli.

Par ailleurs, on a déduit que les effets nuisibles des médicaments dans le TDAH sont des explications improbables de la relation observée entre TDAH et le comportement suicidaire, Néanmoins, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux étudier ce lien entre la consommation de médicaments et le risque de suicide dans les populations atteintes de TDAH.

CONCLUSION

La présence d’un risque suicidaire élevé chez les patients atteints de TDAH ainsi que leurs proches suggère que cette association est en partie due à des facteurs génétiques communs, et fait de ces personnes des cibles importantes pour la prévention et le traitement des conduites suicidaires.

  • Dr Haouat Amine
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 29/08/2014

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