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Les effets du citalopram sur les symptômes neuropsychiatriques accompagnant La maladie d'Alzheimer


La maladie d'Alzheimer devient de plus en plus fréquente, Les symptômes neuro psychiatriques accompagnent le déclin cognitif dans la grande majorité de cas. La présence des symptômes neuropsychiatriques est associée à une progression plus rapide de la maladie, une augmentation de la morbidité et la mortalité, et un placement plus tôt dans les maisons de repos.

Les antipsychotiques atypiques sont les agents les plus utilisés dans la pratique courante. Leur utilisation est cependant associée à une mortalité accrue avec une efficacité incertaine. La cause présumée de l'agitation dans la maladie d'Alzheimer est la neuro dégénération qui perturbe graduellement, puis détruit, le système des monoamines du cerveau, incluant les voies sérotoninergiques et dopaminergiques.

Le Citalopram, un inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine (ISRS) a été proposé comme alternative aux antipsychotiques dans le traitement des symptômes neuropsychiatriques dans la démence. Une étude a été réalisée sur l'intérêt du Citalopram pour l'agitation au cours de la maladie d'Alzheimer (citAD). Les données primaires ont montré que sur le plan de l'agitation, l'effet du citalopram n'était pas meilleur que celui du placebo par contre il y avait une amélioration significative concernant les autres symptômes psychiatriques.

La présente étude examine l'effet du citalopram sur tous les symptômes évalués par le NPI (neuropsychiatric inventory) : agitation, symptômes thymiques et psychotiques.

Le CitAD était une étude de 9 semaines, randomisée à double aveugle, avec 2 groupes : placebo et citalopram, incluant 186 participants diagnostiqués avec la maladie d'Alzheimer.

Les critères d'inclusion : l'agitation pour laquelle le médecin a estimé que le médicament était approprié, se produisant « très fréquemment » ou « fréquemment » de sévérité « modérée » ou « importante» . Les critères d'exclusion ont inclus un épisode dépressif majeur ou une psychose nécessitant un traitement antipsychotique. La présence d'un aide soignant a été exigée pour fournir les informations nécessaires à l'étude et pour administrer le traitement

Le recrutement s'est fait au niveau de huit centres, 7 aux Etats-Unis et 1 au Canada. Le consentement a été délivré soit par le patient soit par un représentant légalement autorisé ou par l'aide soignant quand le patient n'était pas apte de délivrer le consentement.

Les patients ont été randomisés pour recevoir le citalopram à un dosage de 30 mg/jour, et le placebo à 10 mg/jour.

À la semaine 9, les participants traités avec le citalopram ont rapporté moins d'illusions, d'anxiété et d'irritabilité ou labilité de l'humeur.

Le citalopram était plus efficace sur les hallucinations alors que le placebo était plus efficace sur les troubles de comportement et les troubles du sommeil.

Le traitement des symptômes neuropsychiatriques accompagnant La maladie d'Alzheimer demeure un défi. Le Citalopram à un dosage de 30 mg/jour montre l'efficacité pour le traitement de l'agitation et semble être aussi efficace pour une large gamme de symptômes neuropsychiatriques concomitants, en particulier les illusions, l'anxiété, l'irritabilité et la labilité de l'humeur. Il représente une option thérapeutique pour le traitement de l'agitation dans la maladie d'Alzheimer même si les symptômes psychotiques sont présents, concernant la détérioration cognitive et les troubles de repolarisation cardiaque vues dans cette étude comme effets secondaires, ils pourraient être attribués aux dosages utilisés et donc des doses inférieures pourraient être recommandées, mais l'effet du citalopram à des doses inferieures n'est pas connu d'où l'intérêt d'autres études dans ce sens.

  • Dr Narjisse Lahlali
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 31/05/2016

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