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Le trouble du jeu sur Internet: Enquêter sur la clinique pertinente d'un nouveau phénomène


INTRODUCTION

L'Association Américaine de psychiatrie (APA) a identifié le trouble du jeu sur Internet (internet gaming disorder) comme un trouble psychiatrique potentiel qui pourrait mener à une inclusion dans une future révision du DSM. Conformément à cette possibilité, un groupe de travail de l’APA sur les troubles mentaux a appelé à des recherches basiques de prévalence des troubles du jeu sur Internet, la validité et la fiabilité des critères diagnostiques des troubles du jeu sur internet.

OBJECTIFS

La présente recherche a utilisé une cohorte nationale de grande envergure et a utilisé quatre questions de recherche (énumérées ci-dessous) clés de l'APA:

1. Question de recherche 1: Quel est le taux de prévalence des critères du trouble du jeu sur Internet proposés dans le DSM-5 et du diagnostic du trouble du jeu sur Internet?

2. Question de recherche 2: Comment la prévalence des troubles du jeu sur Internet pertinent se compare à des taux de la recherche standard sur la dépendance au jeu et le jeu problématique ?

3. Question de recherche 3: Dans quelle mesure les hypothèses derrière une méthode basée sur des indicateurs pouvant évaluer les troubles du jeu sur internet ?

Dans le DSM-5 tous les neuf symptômes sont considérés comme contribuant vers un diagnostic de trouble du jeu sur Internet et une difficulté significative est présente. Est-ce le cas pour les sous groupes démographiques et nationaux?

4. Question de recherche 4: Dans quelle mesure les personnes qui ont un trouble du jeu sur Internet varient en termes de leur comportement quotidien et les résultats cliniques, comparativement a ceux qui ne répondent pas aux critères?

METHODES

Les auteurs présentent les données de quatre études: 1) une cohorte de jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans des États-Unis (étude1: femmes, N = 527, hommes, N = 720), 2) un échantillon d'adultes âgés de 18 ans et plus du Royaume-Uni (étude 2: femmes, N = 941;Mâles, N = 958); 3) quatre cohortes de jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, et en Allemagne (étude 3: femmes, N = 4 995, hommes, N = 5 014); un échantillon d'adultes âgés de 18 ans et plus des États-Unis (étude 4: femmes, N = 3 328, hommes, N = 2 449).

RESULTATS

Parmi ceux qui ont joué à des jeux, plus de 2/3 n'ont pas signalé aucun symptôme de trouble du jeu sur Internet et les résultats ont montré qu'une très faible proportion de population générale (entre 0,3% et 1,0%) pourrait se qualifier pour un éventuel diagnostic aigu de troubles de jeux sur Internet.

La comparaison avec le trouble du jeu a révélé que les jeux sur Internet peuvent être généralement beaucoup moins addictifs que les jeux de hasard et les jeux électroniques.

DISCUSSION

La présente recherche représente les premières études de grande envergure.

À notre connaissance, le trouble du jeu sur Internet, guidé par une approche de science ouverte et fondée sur les critères APA.

Les Études ont abordé des questions fondamentales sur ce potentiel psychiatrique et ont fournis des preuves concernant les schémas des symptômes aigus, les diagnostics potentiels et l’impact comportemental de cette condition.

Les résultats indiquent que les jeux sur Internet sont populaires chez les adultes aux États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne et Canada. En même temps, la grande majorité des joueurs, près de trois sur quatre, n'ont signalé aucun signe de dérèglement comportemental. Des indicateurs comme l'augmentation du temps de jeu pour maintenir l'excitation, ont été signalés environ trois fois plus fréquemment que d'autres indicateurs, comme le risque de relations sociales.

Ces résultats sont prometteurs parce qu'ils suggèrent que les critères proposés touchent des symptômes moins fréquents ou plus extrêmes et sont appropriés pour caractériser le phénomène.

D’autre part, les résultats suggèrent que les estimations potentielles du diagnostic de trouble du jeu basées sur les critères DSM-5 sont assez faibles. Ces résultats indiquent que durant la période aiguë, les taux de prévalence pourraient être aussi élevés, 1% jeunes adultes (études 1 et 3) et 0,5% chez tous les adultes (Études 2 et 4).

En effet, les taux de prévalence du jeu sur internet ont été nettement plus élevés. Cela fournit des preuves provisoires que, bien qu'étant une activité nouvelle et populaire, les jeux sur Internet pourraient être moins déréglant que le jeu d’argent.

Dr Mohamed Kaichouh
Service de psychiatrie
Chu Hassan II Fès
Le 19/03/2017


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