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Le lien entre le suicide et la violence dans la schizophrénie : Analyse de données de l’efficience d’une intervention des essais cliniques des antipsychotiques (CATIE)


SUICIDE-VIOLENCE-SCZ-1

Le suicide et la violence sont concomitants dans la population générale ainsi que chez les personnes souffrant de troubles mentaux.

Au moment où les travaux antérieurs suggèrent que le suicide peut être fortement associé au comportement violent dans la schizophrénie comme pour les autres troubles psychiatriques, peu d'études ont cependant évalué si ces comportements suicidaires sont prédictifs du risque de violence dans la maladie mentale.

Les efforts consentis pour répondre à cette question n’ont pas fourni des preuves tangibles d’une association signifiante comme deux evaluations ayant atteint des conclusions divergentes concernant si la violence prédit le suicide dans la schizophrénie.

L'objectif de cette étude est de déterminer si les comportements suicidaires, y compris les idées suicidaires, les menaces et les tentatives, sont significativement associés à un risque accru de violence chez les personnes atteintes de schizophrénie.

Les données de ces analyses ont été obtenues de l’institut national Américain de santé mentale à partir de l'étude (CATIE) entre Janvier 2001 et Décembre 2004 après avoir recruté 1493 hommes et femmes portant le diagnostic de schizophrénie selon les critères de DSM-IV et ayant le consentement de participer au projet CATIE.

Les facteurs communs de confusion, y compris l'âge, l'alcool ou la toxicomanie ont été appréciés par l’échelle d’impression clinique globale (CGIS), le trouble dépressif majeur par l’échelle de Calgary d’évaluation de dépression (CDRS), le trouble de la personnalité antisociale. La symptomatologie positive, l’hostilité et le bas niveau de contrôle des impulsions ont été évalués par l’échelle de PANSS. Les tests de contrôle des impulsions de discrimination, d'étalonnage et de reclassement ont apprécié la validité prédictive de comportements suicidaires et la prédiction du risque de violence. Cette étude d’envergure étant un essai contrôlé randomisé de médicaments antipsychotiques chez 1460 adultes atteints de schizophrénie. Des analyses de régression univariée de Cox ont été utilisées pour calculer les ratios de risque (RR) des idées suicidaires, des menaces et des tentatives de suicide. En revanche, des analyses multivariées ont été effectuées pour évaluer les facteurs communs de confusion, y compris l'âge, l'alcool ou la toxicomanie, le trouble dépressif majeur, le trouble de la personnalité antisociale.

Il s’agit de 1080 sujets masculins et 380 femmes, dont l’âge moyen est de 40,6 ans. Tous les participants portaient le diagnostic de schizophrénie selon les critères de DSM-IV. Au total, 121 participants sont violents au moins une fois durant l’essai de CATIE, dont la majorité se sont des hommes (80,1%).

Les menaces et les tentatives de suicide étaient significativement associées à la violence chez les hommes et les femmes avec schizophrénie avec peu de changement après ajustement pour les facteurs communs de confusion. Seules les menaces suicidaires, ont été associées à une augmentation significative de la validité ajoutée au-delà de l'âge, le diagnostic d'un trouble concomitant de la consommation de drogues et le comportement récent violent.

De ces résultats, il est difficile de savoir si l'association entre les tentatives de suicide et la violence est spécifique à la schizophrénie. Cependant le travail a mené une revue systématique de la base de données PUBMED couvrant les 5 dernières années (du 1 janvier 2009 au décembre 2013), il a constaté qu’il n’existe aucun autre travail qui portait sur l'association entre la tentative de suicide et le risque d’un acte de violence. Par ailleurs, plus de travaux portant sur cette question sont nécessaires.

Cette étude a démontré que les menaces et les tentatives de suicide sont indéniablement associées à un risque accru de comportement violent chez les schizophrènes. Les idées suicidaires, cependant, n'étaient pas significativement associées à la violence. Lorsque les analyses ont été adaptées pour l'abus d'alcool, la toxicomanie, la dépression majeure. Les résultats de cette étude suggèrent donc que certains comportements suicidaires, et, en particulier, les menaces suicidaires, peuvent représenter un facteur de risque indépendant de violence chez les schizophrènes.

  • Dr Lahlou Fatima
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fes
  • Le 20/05/2014

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