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La sécurité reproductive des antipsychotiques de deuxième génération : Données actuelles du registre national de grossesse de l'hôpital général de Massachusetts au sujet des antipsychotiques atypiques


Les antipsychotiques de deuxième génération sont utilisés pour traiter un large éventail de troubles psychiatriques chez les femmes en âge de procréer.

Les données concernant la sécurité en matière de reproduction de ces médicaments restent rares. Les données existantes proviennent en grande partie des études de cas, des rapports des fabricants, et, plus récemment, d'un certain nombre de grandes études de cohorte. Jusqu'à présent, les données cumulatives suggèrent que les antipsychotiques de deuxième génération ne sont pas des tératogènes majeurs.

Le registre national de grossesse pour les antipsychotiques atypiques de Massachusetts est le premier en Amérique du Nord. Il vise à évaluer systématiquement et de manière prospective le risque de malformations chez les bébés exposés in utero aux antipsychotiques de deuxième génération.

Méthodologie

Cette étude de cohorte prospective en cours suit des femmes enceintes de 18-45 qui sont exposées ou non aux antipsychotiques de deuxième génération pendant la grossesse. Les antipsychotiques de deuxième génération inclus sont l'aripiprazole, l'asénapine, la clozapine, l'iloperidone, la lurasidone, l'olanzapine, la palipéridone, la quetiapine, le risperidone et la ziprasidone.

Le groupe des cas se compose de femmes qui ont utilisé un ou plusieurs antipsychotiques de deuxième génération pendant la grossesse. Le groupe des témoins se compose essentiellement de femmes ayant des antécédents de trouble psychiatrique traité avec une variété de médicaments psychotropes autres que les antipsychotiques de deuxième génération.

Les participantes sont interviewées à trois points de temps dans la grossesse : à l'inclusion, à 7 mois de grossesse et à 3 mois après l'accouchement.

L'entrevue initiale vérifie les informations sur les caractéristiques démographiques, l'utilisation de médicaments et des changements de dosage, les habitudes sociales, les antécédents médicaux et psychiatriques, et les antécédents familiaux de malformations congénitales. L'interview de 7 mois recueille des données sur les changements de la médication ou de la posologie et les éventuelles interventions pour raisons médicales au cours de la grossesse. Au cours de l'entrevue finale du post-partum, l'information est recueillie à partir des rapports maternels concernant la pharmacothérapie, l'accouchement, et les résultats de santé néonatale.

Les femmes qui ont utilisé des antipsychotiques de deuxième génération seulement lors du deuxième et/ou troisième trimestre de la grossesse ont été exclues de l'analyse.

Résultats

Du 14 novembre 2008, au 10 décembre 2014, 487 femmes ont été inscrites dans le registre ; 107 (22,0%) des femmes étaient inéligibles pour cette analyse parce qu'elles ne se sont pas présentées à la dernière entrevue au moment de l'extraction des données ; 27 (5,5%) ont abandonné l'étude, en raison des contraintes de temps pour la plupart ; 35 (7,2%) ont été perdues de vue ; et 15 (3,1%) ont eu un avortement thérapeutique ou spontané. Pour cette analyse, il y avait 303 femmes dans l'échantillon final : 214 avec exposition au premier trimestre à un antipsychotique de deuxième génération et un groupe témoin de 89 non exposé à l'antipsychotique de deuxième génération pendant la grossesse. Les dossiers médicaux ont été obtenus et examinés pour 82% des participantes.

Quelques différences ont été observées. Les femmes qui ont utilisé un antipsychotique de deuxième génération au cours du premier trimestre avaient un âge moyen de 31,9 ans et avaient un indice de masse corporelle moyen (IMC) de 27,9. Les femmes du groupe de comparaison étaient légèrement plus âgées, avec un âge moyen de 33,2 ans et avaient un IMC inférieur. Les femmes dans le groupe exposé étaient moins à avoir un niveau d'enseignement supérieur (57,1% contre 81,6%) et à être mariées (72,4% par rapport à 91,0%). L'utilisation de cigarettes était également plus fréquente dans le groupe exposé avec 23,8% pendant le premier trimestre comparé à 10,1% du groupe témoin.

Les antipsychotiques de deuxième génération les plus couramment utilisés dans le groupe exposé étaient la quétiapine, l'aripiprazole et l'olanzapine, et 8,9% du groupe exposé ont utilisé plus d'un antipsychotique de deuxième génération au cours du premier trimestre.

Trois malformations majeures ont été identifiées parmi les bébés exposés et un dans le groupe témoin.

Le risque a été estimé à 1,4% dans le groupe exposé et à 1,1% dans le groupe non exposé. Le risque d'une malformation majeure n'est donc pas significativement différent entre les deux groupes.

À l'exception du tabac et de l'utilisation des anticonvulsivants, l'ajustement pour les facteurs confondants déplace l'estimation du rapport de cotes près de zéro, ce qui indique que notre estimation du rapport de côtes de 1,25 peut être biaisée et que la valeur réelle peut être plus proche de 1. Ces facteurs seront examinés pour fournir des estimations plus précises une fois la taille de la population étudiée augmente.

Discussion

Plusieurs études ont examiné des conséquences variées après une exposition fœtale aux antipsychotiques de deuxième génération, ce qui donne des résultats peu concordants. Sur la base des 214 cas, il est raisonnable de conclure que ces agents ne sont pas des tératogènes majeurs.

Ces résultats sont cohérents avec certaines, mais pas toutes les études relatives à la sécurité en matière de reproduction des antipsychotiques de deuxième génération. Le registre national Australien a trouvé un risque plus élevé de malformations congénitales (6%) parmi les 130 bébés exposés aux antipsychotiques de première et deuxième génération par rapport à la moyenne (3,1%), en particulier des anomalies cardiaques congénitales.

Bien que ces résultats suggèrent une possible augmentation du risque de malformations majeures au-dessus du risque de base, ces données préliminaires doivent être interprétées avec prudence compte tenu des différences méthodologiques entre ces études.

Les liens entre l'exposition aux antipsychotiques de deuxième génération au premier trimestre et des malformations spécifiques restent floues jusqu'à ce que des échantillons plus larges seront analysés.

Les points forts de ce registre comprennent une conception prospective rigoureuse, la confirmation précise des résultats, et la sélection de sujets de comparaison appropriés. Cette rigueur fait défaut dans d'autres études de cohortes disponibles.

Cette étude a aussi quelques limitations. La généralisabilité à la plus grande population de femmes qui prennent des antipsychotiques de deuxième génération est inconnue parce que la majorité des femmes incluses dans cette analyse étaient de race blanche, mariées, de haut niveau d'éducation et motivées pour participer à une étude longitudinale prospective. La taille du registre à l'heure actuelle est une limitation évidente pour l'évaluation de certains types de malformations.

Selon cette analyse et les études antérieures sur les facteurs de risque liés à la fois aux antipsychotiques de deuxième génération et aux malformations majeures, les facteurs confondants potentiels comprennent le diagnostic et la gravité de la maladie ; si la grossesse était prévue ; l'âge maternel ; les indicateurs de santé et le mode de vie, tels que le BMI ; et l'utilisation au premier trimestre d'autres médicaments psychotropes, des vitamines, l'alcool et le tabac.

En résumé, ces résultats suggèrent que l'utilisation d'un antipsychotique de deuxième génération pendant le premier trimestre n'augmente pas significativement le risque de malformations majeures.

  • Dr Benbrahim Mohammed
  • Hôpital Ibn Alhassan
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 27/03/2016

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