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La Metformine associée aux antipsychotiques Prise de poids et anomalies métaboliques: Quand, pour qui et pour combien de temps?


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Les malades mentaux graves ont significativement plus de facteurs de risque cardiovasculaires, et reçoivent par contre des soins médicaux moins approprié, et de ce fait, ils meurent en moyenne 15 à 30 ans plus tôt que la population générale.

Les raisons de cette disparité concernant la mortalité et santé physique sont complexes et comprennent le mode de vie malsain, les effets liées à la maladie (y compris la pauvreté, les symptômes négatifs, la dépression, etc.), des liens génétiques mal élucidés entre les troubles mentaux et médicaux, et les effets indésirables des médicaments, en particulier les antipsychotiques.

Plusieurs stratégies permettant de minimiser les effets indésirables cardio-métaboliques des antipsychotiques: des interventions pour un mode de vie sain, le passage à un risque inférieur des antipsychotiques, et l'addition des médicaments qui peuvent abaisser le poids corporel et / ou les paramètres du bilan lipidique et glycémique.

Parmi les interventions pharmacologiques dans ce sens, la Metformine, qui est indiqué pour le traitement du diabète a été le plus étudié. Contrairement à plusieurs agents médicamenteux pour la perte de poids qui ont été retirés du marché en raison d’évènements indésirables potentiellement graves, la Metformine a un profil de sécurité bien établie chez les adultes et les jeunes.

Cependant, des études précédentes de la Metformine ciblant la prise de poids induite par les antipsychotiques ont eu généralement des résultats non encourageant, mais une dernière étude de Jarskog et al. est la plus grande étude à dater de la Metformine chez des patients traités par antipsychotiques. Les auteurs ont comparé à16 semaines de 1000 mg de Metformine en deux fois par jour (dose moyenne finale =1, 887 mg [SD=292]) avec placébo chez des adultes(N=146) traités par des antipsychotiques.

En outre, tous les participants ont reçu une intervention d’habitudes de vie saine standardisée, livrable dans les milieux de soins habituels. La Metformine a été également associée à une diminution significative des triglycérides et des niveaux d'hémoglobine A1c que le placébo.

Les derniers résultats indiquent que la réduction du poids avec la Metformine a été associée à des avantages supplémentaires importants concernant le métabolisme lipidique et du glucose, qui sont étroitement liés avec le risque de diabète et les maladies cardiovasculaires.

De cette grande étude et 10 autres études publiées comparant la Metformine à un placébo chez 685 patients traités par des antipsychotiques, sur une moyenne de 15,5 semaines, des conclusions peuvent être mentionnées:

  1. La Metformine réduit significativement le poids du corps,
  2. La perte du poids est statistiquement et cliniquement significative, mais relativement modeste (-3.1 kg, 95% CI=-4.5 à -1.6);
  3. En dépit de la perte de poids relativement modeste, on observe des bénéfices importants pour au moins quelques paramètres lipidiques et du glucose;
  4. La Metformine est bien toléré
  5. Le poids semble être retrouvé après l'arrêt de la Metformine .

Les études futures devraient idéalement inclure les patients atteints de maladies métaboliques et de différentes ethnies et encore avec des durées différentes de l’affection psychiatrique. De même, une étude comparant la prévention (counseling en nutrition) par rapport à des approches d'intervention médicamenteuse serait instructive. De même, les études futures peuvent explorer d’autres alternatives médicamenteuses comme le topiramate, la locarserin, et la phentermine contre placébo.

En outre, les bénéfices de la Metformine ne sont pas à égalité avec tous les antipsychotiques et les prochaines études devront s’occuper pour savoir quel type d’antipsychotiques plus précisément est plus adéquat avec la Metformine.

Il est à espérer que les futures études aideront les cliniciens à prendre des décisions de gestion individualisés pour les patients psychiatriques en choisissant le profil des antipsychotiques qui ont le plus d’effets bénéfiques tout en minimisant les conséquences sanitaires.

  • Dr Tliji Asmae
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 17/09/2013

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