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La maladie mentale parmi nous : un nouveau programme pour réduire la stigmatisation de la maladie mentale au sein des étudiant en médecine.


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De nombreuses études ont souligné la forte prévalence de la détresse psychologique chez les étudiants en médecine en comparaison avec la population générale. Malgré le fardeau que cela représente, il a été noté que les étudiants en médecine hésitent à recourir aux services de santé mentale à cause de la stigmatisation et de l’impact négatif que cela aurait sur leur carrière. Afin de remédier à ce problème, les écoles ont adopté des programmes de bien être basés sur le soutien émotionnel aux étudiants et une offre gratuite de soins de santé mentale. Ces interventions ont conclu que la diminution de l’auto-stigmatisation au sein des étudiants était prédictive de leur recherche d’aide en matière de santé mentale.

Fait intéressant, aucun des programmes publiés, n’a utilisé l'enseignement par les pairs proches ou « Near-peer teaching » pour partager l'expérience personnelle de la maladie entre les étudiants ou pour lutter contre les attitudes et les comportements dont elle fait l’objet. Le bénéfice incontesté de cette méthode dans d’autres domaines de l’enseignement a poussé les auteurs de cette étude à l’appliquer à un programme d’enseignement par les pairs relatif à la santé mentale parmi les étudiant en médecine.Ce programme a été nommé « mental illness among us » ou MIAU.

Le programme MIAU prend la forme de deux sessions séquentielles d’une durée d’une heure ciblant uniquement les étudiants de première année de médecine avec la participation d’un directeur de cours de la faculté. Pendant la première heure, les élèves réunis dans une salle de conférence avec un groupe de quatre à six élèves assis à l'avant, face à leurs pairs. Chacun raconte alors son expérience personnelle par rapport à la maladie mentale dont il est affecté. Les groupes sont bien évidement tenus de respecter une clause de confidentialité. Durant la 2ème heure, les étudiants s’organisent en des petits groupes de 8 animés par un responsable du programme (un étudiant de 2ème année) pour exposer leurs réactions au contenu de la session précédente.

L’impact de ce programme sur la perception des étudiants de la maladie mentale a été évalué par la passation d’un questionnaire au début et à la fin de l’intervention. Le questionnaire comportait une section sociodémographique, une échelle de distance sociale (link et al) ainsi qu’une version validée de l’échelle de l’attitude des cliniciens vis à vis la maladie mentale (MICA ; Kassam et al).

L’étude a porté sur deux promotions de 149 étudiants. Au total, 250 questionnaires ont été recueillis. Chez les participants, il a été noté une diminution significative des scores de l’échelle de distance sociale (La différence moyenne du score entre l’avant et l’après intervention était 0,060 (p = 0,003), indiquant une augmentation de la volonté d'interagir avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale). Sur l’échelle des attitudes des cliniciens vis à vis de la maladie mentale (MICA),la différence moyenne du score était de 0,31 (p = 0,010), ce qui représente un plus fort accord avec les déclarations positives concernant la maladie mentale.

Les auteurs ont conclu que la congruence sociale et cognitive entre pairs et pairs-enseignants peut conduire à une expérience d'apprentissage significative permettant ainsi d’atténuer la stigmatisation de la maladie mentale au sein des étudiants en médecine.

  • Dr Berhili Nabil
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 18/11/2013

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