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La durée de la rechute, intensité du traitement et la perte de tissu cérébral dans la schizophrénie: Étude prospective longitudinale avec l'IRM structurale


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Les études comparant le volume cérébral chez les patients schizophrènes au début de la maladie ont montré une diminution des mesures cérébrales dans de nombreuses régions, en particulier les lobes frontaux, suggérant qu'un processus neuro développemental contribue à l'apparition de la maladie

Les rechutes récurrentes auraient aussi un rôle dans cette perte, mais la relation entre les rechutes et les mesures par l’IRM structurelle ne semblent pas être précisément évaluées. Dans ce sens les auteurs de ce travail ont essayé d’analyser des données longitudinales pour répondre à cette question.

Les auteurs ont étudié les données de 202 patients tirés de l’Etude Longitudinale Iowa (ILS) du premier épisode schizophrénique, pour lesquels les données de l'IRM structurale adéquates étaient disponibles à partir de scanners obtenus à intervalles réguliers sur une moyenne de 7 ans. Les patients ont eu au moins deux IRM structurales.

Les patients ont été suivi tous les six mois avec une évaluation par un entretien structuré sur le plan symptomatique, le fonctionnement psychosocial et les traitements reçus.

Les auteurs ont défini la rechute en utilisant les normes selon les échelles d'évaluation; l'échelle d'évaluation des symptômes positifs (SAPS) et échelle d’évaluation des symptômes négatifs (SANS). Un patient était considéré en rechute s’il présente un score de gravité moyenne ou très sévère pendant au moins 1 semaine pour l'un des symptômes positifs ou au moins deux des symptômes négatifs. Les auteurs ont également utilisé les critères Csernansky pour identifier le nombre de rechutes vécues par chaque patient.

Vu que le suivi clinique a été obtenu à des intervalles de 6 mois, les auteurs ont pu calculer le nombre de rechutes et leur durée et les relier à des mesures de l’IRM structurale.

Les trois quarts de l’échantillon étaient des hommes (N = 148). Plus de la moitié (N = 108) n’ont jamais pris d’antipsychotiques avant l’inclusion à l’étude.

L'âge moyen des patients lors de la première apparition de symptômes psychotiques était de 22,0 ans (SD = 5,9); de la première mise sous antipsychotique de 24,5 ans (SD = 6,2), et à l'inclusion à l'étude est 25,8 ans (SD = 7,0).

Les patients ont eu une moyenne de 12,9 ans (SD = 2,2) de psychoéducation, et leurs parents ont eu une moyenne de 13,4 ans (SD = 2,8).

Sur les 202 patients de l’échantillon, 157 ont subi au moins une rechute, 29 n'avaient pas de rechutes et 16 patients ne se sont pas améliorés, ils ont gardé un niveau sévère de la maladie.

Pour ceux qui ont rechuté, le nombre moyen de poussées était de 1,64, avec un intervalle de 1 à 4. La durée moyenne de rechute est de 1,34 ans (SD = 1,40), et le maximum était de 7,09 années.

La durée des rechutes était lié à une diminution significative à la fois générale (volume cérébral total) et régionale des mesures cérébrales. Les lobes frontaux et la matière blanche semblent plus affectés. Des effets significatifs ont également été observés pour les doses élevées du traitement.

Le nombre de rechutes était sans rapport avec les mesures du volume cérébral.

Les auteurs ont tiré la conclusion que de longues périodes de rechute peuvent avoir un effet négatif sur l’intégrité du cerveau au cours de la schizophrénie, ce qui suggère l’importance de la mise en œuvre des mesures qui peuvent prévenir les rechutes et améliorer l'observance du traitement.

Ces données ont des implications cliniques importantes ; en effet en examinant les effets de la durée de rechute et des doses élevées des traitements antipsychotiques, cette étude met en lumière un dilemme pénible pour lequel les cliniciens doivent faire face.

La prévention des rechutes doit être maintenue en utilisant les doses les plus basses de médicaments qui pourraient éventuellement contrôler les symptômes.

L'adhésion aux soins peut être optimisée par différentes stratégies:

  • le maintien de bonnes relations et des contacts fréquents avec le malade, choix des médicaments qui ont moins d’effets indésirables (tels que les signes extrapyramidaux), et l'utilisation de neuroleptiques injectables à action prolongée.
  • Dr Aarab Chadya
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 18/06/2013

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