Recherche > Revue de presse > La déviance des pairs, le divorce des parents et les risques génétiques dans la prédiction de l'abus de drogues dans un échantillon national suédois

La déviance des pairs, le divorce des parents et les risques génétiques dans la prédiction de l'abus de drogues dans un échantillon national suédois


Mise en évidence de l'Environnement - Environnement et gènes - interaction Environnement

L’exposition élevée à la déviance des pairs (PD) au cours de l'enfance et l'adolescence est parmi les plus importants facteurs de risque connus pour l'usage et l’abus de drogues et d'autres comportements extériorisés et figure en bonne place dans les modèles de développement de troubles d'externalisation. L’obtention d'une mesure directe de la PD est difficile, et a été évaluée seulement sur des petits échantillons. Les auteurs présentent une méthode faite à l’échelle nationale évaluant la déviance des pairs. Pour les sujets vivant toujours avec leurs parents, les auteurs ont identifié tous les individus du même âge résidant dans la même petite région géographique. Ils ont suivi alors ces pairs en l'âge adulte et déterminer la proportion enregistrée pour le résultat déviant. Bien que les conceptualisations typiques de mesure de la PD consistent à la déviance actuelle, cette approche évalue le comportement déviant dans le futur. Pour éviter de confondre la PD et le risque génétique, ils ont éliminé dans les pairs tous les proches biologiques.

Les données ont été recueillies à partir de plusieurs registres à l'échelle nationale suédois et les données de soins de santé. La base de données a utilisé les registres suivants : le registre de la population totale, contenant des données annuelles sur les familles et le statut géographique, le registre multi-génération, fournissant les informations sur les relations familiales, le registre des décharges hospitalières suédois, contenant toutes les hospitalisations des habitants suédois de 1964 à 2009, les prescriptions médicamenteuses en Suède de 2005 à 2009, le registre des soins ambulatoires, les soins de santé primaires, le registre des crimes et des suspicions suédois, le registre de mortalité, des bases de données d’assurance médicale et de travail et les données socio-économiques sur tous les individus à partir de16 ans. La déviance des pairs a été calculée selon des statistiques suédoises. L’abus de drogues a été défini pendant toute la période de suivi grâce aux registres médicaux, pharmacologiques et légaux. Les auteurs ont également étudié le niveau d’éducation des parents et la séparation de l’adolescent d’un parent suite à un divorce.

Les auteurs ont conclu aux résultats suivants : la déviance des pairs a été associée à l’abus de substance dans l'avenir chez les sujets étudiés, avec des taux d’abus de substance plus élevés chez les pairs âgés et de sexe masculin que les pairs plus jeunes ou de sexe féminin. La puissance prédictive de la déviance des pairs n'a été que légèrement atténuée par l'association à des mesures de déprivation communautaire, l'efficacité collective ou le statut socioéconomique de la famille. Les sujets dont les parents étaient divorcés étaient plus sensibles aux effets pathogènes d’un environnement avec une haute déviance des pairs. Une interaction positive majeure a également été observée entre le risque génétique de l’abus de substance et l’exposition à la déviance des pairs.

Le premier objectif de cet article était de décrire une nouvelle méthode d’évaluation de la déviance des pairs avec une construction critique du développement des anomalies. Par rapport aux approches antérieures, la méthode choisie par les auteurs couvre tous les individus de la population, et est dénuée de tous éventuels biais de déclaration, et est évaluable à multiples points dans le temps. Seules les personnes qui vivent avec leur les parents ont été examinés, permettant ainsi aux auteurs d’éliminer les facteurs de confusion génétique. Les auteurs ont constaté que la déviance des pairs était un prédicteur du risque d’abus de substance.

Selon une revue de la littérature, la surveillance et les soins parentaux de haute qualité peuvent réduire considérablement les effets néfastes de niveaux élevés d’une déviation des pairs. Bien que les auteurs n’aient pas de mesures directes de la qualité de la parentalité, ils ont évalué le divorce parental, qui est associé à un risque accru de troubles d'extériorisation par plusieurs processus, y compris l'exposition à des conflits, la réduction de la participation des parents et une diminution de la surveillance parentale. Les résultats de l’étude confirment en montrant que, chez les sujets touchés par un divorce, la déviance des pairs a un plus grand effet sur les facteurs de risque futurs pour un abus de substance. Cependant, les facteurs génétiques corrélés au risque d’abus de substance peuvent influencer l’action du divorce parental.

Les auteurs ont trouvé un niveau élevé d’interactions entre les facteurs individuels (c'est-à-génétique pour le risque d’abus de substance) et les facteurs familiaux (c'est à dire, le divorce des parents et sociale ou les effets de la communauté) indexés par la mesure de la déviance des pairs. Ces résultats argumentent fortement en faveur d’une étiologique pluraliste à plusieurs niveaux modèles pour l’abus de substance. Bien que les effets génétiques soient sûrement critiqués dans les abus de substances, les résultats de cette étude suggèrent que l'importance de ces processus peut être sensiblement modifiée par des processus sociaux ou communautaires.

Les auteurs notent quatre limites pour l’étude. La première limite est que les mesures de la PD et DA sont fondées sur les dossiers médicaux, juridiques et de pharmacie et sont certains de contenir des diagnostics faussement négatifs ou positifs. Deuxièmement, l’évaluation de la PD diffère sensiblement des mesures antérieures. La troisième limite consiste à ce que le score de risque génétique aurait incorporé les facteurs familiaux environnementaux. Quatrièmement, les auteurs n’ont pas pu exclure que la sélection du niveau de la famille pourraient expliquer une partie de la relation PD-DA.

En conclusion, les résultats de cette étude aident à mieux comprendre les déterminants sociaux des comportements et des troubles extériorisés. La définition des auteurs de la PD prédit fortement le risque de DA chez les hommes et les femmes. Le divorce des parents prédit une sensibilité accrue aux effets adverses de la PD. Résultat plus intéressant est celui d’une autre étude adoptive faite par les mêmes auteurs, et qui est une preuve solide de l'interaction gènes-environnement. Ceux qui ont un risque génétique élevé pour l’abus de substance sont beaucoup plus sensibles aux effets pathogènes de la déviance des pairs. Une bonne compréhension de l'origine de l’abus de substance nécessitera une intégration des perspectives de recherches qui comprennent les processus génétiques ou biologiques, la famille et les influences socioculturelles. Les résultats de cette étude peuvent influencer les stratégies politiques publiques pour promouvoir la résilience chez les sous-groupes des enfants à haut risque.

  • Dr Kettani Narjisse
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 25/04/2014

Affichage Affichages : 744

Recherche