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L’intervention STRIDE pour la perte de poids et la modification du style de vie chez des patients sous neuroleptiques: Un essai randomisé


 

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Cette étude propose l’évaluation d’un programme visant la modification des habitudes et du style de vie de patients psychotiques et tente d’en dégager les effets sur la réduction des risques cardio-métaboliques inhérents à la pathologie mentale et accentués par l’usage des neuroleptiques.

l’étude STRIDE se propose donc d’évaluer une intervention basée sur d'autres approches, il s'agit des études PREMIER et DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension); celles-ci ayant donné de bons résultats chez des patients non psychotiques.

L’hypothèse de départ était que cette méthode marcherait chez cette population et réduirait le risque cardio-métaboliques.

il s’agit ici d’un essai clinique contrôlé randomisé comparant deux bras selon que les malades ont bénéficié ou pas de l'intervention STRIDE.

Ont été recrutés dans cette étude des patients de plus de 18 ans, avec un IMC supérieur à 27, sous traitement antipsychotique depuis plus de 30 jours. Les auteurs ont exclu des patients avec un antécédent d’AVC ou d’IDM dans les six derniers mois, les patientes enceintes ,ainsi que des malades ayant un déficit cognitif marqué pouvant entraver les consignes liés au programme.

Les patient ont été recruté entre 2011 et 2012 sur un peu plus d’un an et ont été assignés à deux groupes pour recevoir l’intervention ou pas selon une randomisation sur le genre et l’IMC. Une évaluation du poids, de la TA et de la circonférence abdominale a précédé la randomisation. Les patients ont été dirigés pour prise en charge d’une HTA(33), une hypertriglycéridemie (84), une glycémie élevée(44) et d’une hypercholestérolémie (35).

L’intervention se base essentiellement sur des mesures diététiques visant à réduire l’apport calorique ainsi que la promotion d’une activité motrice modérée. Cette intervention est maintenue pendant 6 mois, elle s’aide de supports graphiques, ainsi que des appels téléphoniques mensuels. L’objectif de l’intervention a été la réduction du poids de 4,5 à 6,8Kg.

L’évaluation a été faite par un staff mis en aveugle par rapport aux deux bras de l’étude. L’évaluation à 6 et 12mois concerne le poids, l’IMC ainsi que le bilan sanguin métabolique.

1886 patients ont été contactés pour participer à l’étude. Des 408 patients qui se sont présentés pour évaluation préliminaire, 252 patients ont été recrutés. La collecte des données de suivi a été réalisée pour 91% des participants à 6 mois et 85% à 12 mois avec des sorties d’étude statistiquement non significatives.

Dans le groupe avec intervention, la perte de poids était plus grande de 4,4 kg que le groupe sans intervention à 6 mois, et de 2,6 à 12 mois. La différence n’est pas significative pour autant. A 6 mois, les membres du premier groupe ont perdu 3,9 % de leur poids initial tandis que ceux du second groupe ont gagné 0,9 % de leur poids. Toujours dans le même sens, les patients du groupe 1 avaient 3,78 fois plus de chances de perdre plus de 5 % de leur poids et 5,14 fois plus de chance de perdre 10 % du poids.

Dans le groupe ayant bénéficié du programme, les patients ont montré une baisse plus importante de la glycémie à jeun par rapport au groupe témoin. la glycémie. Pour les participants du groupe contrôle, la glycémie a augmenté passant de 106,0 mg / dL au début à 109,5 mg / dL à 12 mois, alors que dans le groupe "intervention"le niveau de la glycémie est passé de 106,3 mg / dL à l'inclusion à 100,4 mg / dL à 12 mois. La différence entre 6 et 12 mois est significative également, tandis que la différence entre le début et 6 mois est non significative.

Les patient dans le groupe «intervention» ont 2,39 fois plus de chance d’avoir une glycémie inférieure à 100 mg par dL à 12 mois (p=0,04). Les variations de la TA systoliques et diastoliques en pré et post-intervention n’étaient pas significatives, et c’était le cas également pour les valeurs de la cholestérolémie et les taux de triglycérides.

Une diminution significative des hospitalisations dans les services médicaux est notée chez le groupe «intervention», cependant il n’y a pas eu de différences entre les bras concernant les hospitalisations en psychiatrie ou l’utilisation des services des urgences.

Le changement de style de vie peut visiblement affecter positivement la prise du poids et les valeurs de glycémie chez les patients atteints de troubles psychiatriques sous traitements neuroleptiques. Cet effet positif se traduit statistiquement par une baisse des hospitalisations médicales et donc une baisse importante du coût de la santé chez cette population. Ces résultats méritent donc à être répliqués. Dans ce sens, d’autres travaux s’appuyant sur l’activité physique ou la modification des habitudes alimentaires vont dans la même direction, cependant l’amélioration notée est en-dessous de celles attendues au début de l'étude.

  • Dr Bout Amine
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 27/01/2015

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