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L'expérience clinique avec le haut-dosage de pramipexole chez les patients avec des épisodes dépressifs résistants au traitement dans la dépression unipolaire et bipolaire


Plus de 1 sur 3 patients ambulatoires souffrant de trouble dépressif majeur n'obtiendront pas une rémission symptomatique malgré plusieurs tentatives de traitement par monothérapie, une augmentation, et / ou un traitement d'association.

Dans The Systematic Treatment Enhancement Program for Bipolar Disorder (STEP-BD) study, on a trouvé que l'ajout d'antidépresseurs aux stabilisateurs de l'humeur n'améliore pas les résultats chez les patients souffrant de dépression bipolaire.

Des études ont suggéré depuis longtemps que les agents qui renforcent la neurotransmission de la dopamine peuvent être particulièrement utiles dans le traitement de la dépression résistante.

Les IMAO et les psychostimulants semblent être efficaces dans la dépression résistante, et ils améliorent tous les deux la fonction de la dopamine, mais par des mécanismes différents.

Les patients souffrant de dépression résistante au traitement ont généralement des déficits profonds de l'intérêt, la motivation et la capacité hédonique .Ces symptômes sont souvent associés à de mauvais résultats avec des antidépresseurs qui ciblent sélectivement les systèmes de la noradrénaline et la sérotonine, et sont fortement dépendants d'un système dopaminergique intact.

Les agonistes dopaminergiques partielles, comme l'aripiprazole, sont efficaces pour augmenter l'effet de divers antidépresseurs chez les patients souffrant de dépression résistante au traitement.

Les agonistes dopaminergiques, tels que la pramipexole sont des traitements potentiels pour la dépression, en particulier anhédonique.

La littérature dans son ensemble suggère un effet modeste de la pramipexole dans la dépression non résistante et la dépression modérément résistante au traitement.

L'échantillon comprenait 42 patients ambulatoires (25-84 ans), 24 d'entre eux avec un trouble dépressif majeur et 18 une dépression bipolaire; la moitié du groupe étaient des femmes. Aucun des patients ne présentaient des signes de dépression psychotique (hallucinations ou des délires) au début du traitement.

Tous les patients avaient une dépression résistante, définie comme n'ayant pas répondu à au moins quatre essais avec des médicaments antidépresseurs adéquats; le nombre moyen d'essais qui ont échoué était de 6, et huit des 42 patients n'avaient pas répondu à un ou plusieurs cures d'ECT.

Parmi ces 42 patients, 20 ont présenté une rémission (47,6%), 12 ont répondu (28,6%), deux n'ont pas répondu (4,8%), et 8 ne pouvait pas tolérer le médicament (19,0%).

Sur les huit patients qui avaient échoué avec l'ECT (deux avaient un trouble bipolaire), quatre ont répondu et quatre ont eu une rémission avec pramipexole.

Les 32 patients qui ont répondu ou ont eu une rémission ont été suivis pendant une durée moyenne de 15,9 mois. Deux de ces patients ont rechuté après avoir été sous pramipexole après 12 et 18 mois, respectivement.

Sept patients parmi ceux qui ont répondu ou eu une rémission avec pramipexole ont dû cesser le pramipexole pour diverses raisons. Chez cinq d'entre eux la dépression a réapparu dans les 1-2 semaines mais pas chez les deux autres.

Quatre des cinq patients ont redémarré le pramipexole, la réponse ou la rémission préalable a été obtenue dans les 1-2 semaines après que la dose efficace antérieure qui correspond à chaqu'un d'eux a été rétablie.

L'intolérance a été l'événement indésirable le plus fréquent et est survenue précocement dans les 3-10 jours et généralement à faibles doses (insomnie, somnolence, nausées, l'augmentation de l'anxiété, attaques de panique, l'insomnie précoce, et l'augmentation de l'excitation sexuelle, symptômes psychotiques).

Discussion :

Ceci est la première série de cas de pramipexole chez les patients souffrant de dépression résistante aux traitements. Dans l'ensemble, 76% des patients ont montré une réponse clinique significative, tandis que 24% étaient intolérants ou non répondeurs à la pramipexole.

les doses efficaces de pramipexole ont varié de 0,75 à 5,0 mg / jour. La dose efficace moyenne de pramipexole chez les répondeurs et ceux ayant présenté une rémission est de 2,46 mg / jour.

Les effets bénéfiques de pramipexole semblent en grande partie persister au cours de la période de suivi de près de 16 mois.

Le taux de rechute est inférieur à celui rapporté dans les études : The Sequenced Treatment Alternatives to Relieve Depression (STAR D) (40% à 70%) et l'étude STEP-BD (The Systematic Treatment Enhancement Program for Bipolar Disorder (STEP-BD), où le taux de rechute était de 50% sur 2-ans de suivi.

La série de cas présente suggère qu'une dose efficace pour la dépression résistante au traitement est susceptible d'être entre 2,0 et 3,5 mg / jour, mais que certains patients peuvent répondre à des doses plus faibles tandis que d'autres auront besoin de doses allant jusqu'à 5,0 mg / jour. Ceci est en accord avec les résultats de la littérature.

L'efficacité apparente de pramipexole (quand le dosage est poussé au maximum qui est toléré) est d'environ 75% chez les patient ayant un degré de résistance au traitement. L'hypothèse que cette observation soit due à un effet placebo ou à une rémission spontanée est peu probable.

Le pramipexole n'a pas été approuvé par la US Food and Drug Administration pour le traitement de la dépression.

Dr Haouat Amine

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 27/02/2016


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