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L'efficacité et la sécurité de la Lisdexamfetamine dans le traitement des adultes soufrant d’hyperphagie modérée à sévère : Un essai clinique randomisé


lisdexamphetamine

L’hyperphagie est reconnu comme un sérieux problème de santé publique. L’hyperphagie est souvent associée à l'obésité et des comorbidités psychiatriques, dont la dépression, et peut être prédictive du syndrome métabolique. De nombreux patients sont sous-diagnostiqués en dépit des déficiences fonctionnelles et les difficultés personnelles et sociales menant à une mauvaise qualité de vie.

La thérapie cognitivo-comportementale et / ou la psychothérapie interpersonnelle réduit le comportement hyperphagique, même chez les patients souffrant de symptômes et de caractéristiques psychopathologiques graves, mais la mise en œuvre n'a pas été généralisée, et les patients ne répondent pas totalement de façon adéquate. Les antidépresseurs, y compris les tricycliques, inhibiteurs de recapture sélectifs de la sérotonine et de la noradrénaline et les inhibiteurs de recapture de la sérotonine, réduisent la fréquence du comportement hyperphagique mais ne parviennent pas à avoir des effets importants sur la perte du poids. Le traitement de l’obésité avec le chlorhydrate de sibutramine a démontré une certaine efficacité dans des essais cliniques; Toutefois, les problèmes de sécurité ont conduit au retrait du marché. Les antiépileptiques ont également été étudiés, même s’ils ont été associés à des taux élevés d’abandon. L’antiépileptique le plus étudié est le topiramate qui a montré une efficacité sur l’hyperphagie et la perte de poids, mais son utilisation est limitée pour ses effets cognitifs. Actuellement, aucun des traitements pharmacologiques pour l’hyperphagie n’est approuvé par la US Food and Drug Administration. Des essais cliniques complémentaires sont nécessaires pour identifier les pharmacothérapies efficaces.

L’hyperphagie peut être liée à un dysfonctionnement du système de la dopamine (DA) et de la noradrénaline, comme en témoigne des conclusions génétiques et pharmacologiques sur des modèles animaux. La stimulation alimentaire génère des réponses anormales de la DA chez les individus obèses, et l'inhibition de méthylphénidate transporteur de la DA conduit à une augmentation plus importante des taux de DA dans le noyau caudé chez les personnes obèses avec BED par rapport à ceux sans BED. La dextroamphétamine, qui inhibe la recapture de la DA et de la noradrénaline et la libération des neurotransmetteurs monoamines peuvent modifier les options de traitement possibles pour l’hyperphagie. La dimesylate lisdexamfetamine est un promédicament de la dextroamphétamine approuvé pour le traitement du déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH) chez les enfants, les adolescents et les adultes. L’objective de de la présente étude était d'examiner l'efficacité et la sécurité des lisdexamfetamine vs placebo chez les adultes avec une hyperphagie modéré à sévère.

C’est une étude multicentrique, randomisée en double aveugle comparative. Cet essai clinique contrôlé par placebo a été lancé dans 31 sites aux États-Unis et mené du 10 Mai 2011 au 30 Janvier 2012. Le nombre moyen des participants par site était de 10 et l'étude avait durée pendant une période de 14 semaines; le traitement a été administré pendant 11 semaines.

Les critères d’inclusion : Les sujets dont le diagnostic d’hyperphagie a été porté selon les critères diagnostic DSM-IV-TR et âgé entre de 18 à 55 ans ont été admis à l’étude avec un indice de masse corporelle d'au moins 25 et ne dépassant pas 45.

Les critères d'exclusion : La boulimie, l’anorexie mentale, le TDAH ou un autre trouble psychiatrique; un antécédent de trouble bipolaire ou de psychose ou d'autres conditions qui peuvent retentir sur les évaluations d'efficacité et de sécurité; un score à l’échelle de MADRS d’au moins 18, des interventions de perte de poids initiées dans les 3 mois précédent le dépistage; l'utilisation d'un psychostimulant dans les 6 mois précédent ; une histoire personnelle ou familiale de maladie cardiovasculaire une notion d’abus et /ou de dépendance aux psychostimulants récente ou dans les antécédents, les sujets sous traitement dans les 30 derniers jours fait de sédatifs, anxiolytiques, antipsychotiques, antidépresseurs, sédatifs, hypnotiques, benzodiazépines, antihistaminiques, les préparations à base de plantes, et les produits de réduction de poids ont été exclus. La Dépendance à la nicotine n’était pas un critère d'exclusion.

Les participants ont été randomisés pour recevoir soit un placebo ou 30, 50, ou 70 mg/j de dimésylate de lisdexamfétamine, les comprimés était identiques en taille, poids, la forme et la couleur. La gélule placebo contenait des composants similaires à ceux de la gélule de dimésylate, à l'exception du principe actif et la posologie a été réduite ou arrêtée en cas de symptôme d’intolérance. La mesure de l’efficacité primaire était en fonction du nombre d’épisodes hyperphagique par semaine et la mesures d'efficacité secondaire comprenait le nombre d’épisodes hyperphagique par semaine, taux de réponse à la 1ére semaine, et de la cessation du comportement hyperphagique à la 4éme semaine. Les participants ont passé un certain nombre d’échelles : Clinical global impression- Improvement (CGI-I), Three Factor Eating Questionnaire (TFEQ), Le Yale-Brown Obsessive Échelle Compulsive modifiée pour BE (YBOCS-BE), la version 11 de l'échelle d’impulsivité de Barratt, le MADRS, l'échelle d'anxiété de Hamilton.

Les évaluations de sécurité incluaient les événements indésirables apparus sous traitement (EIT), les données de l’échelle de la Gravité du suicide de la Colombie, signes vitaux, l'électrocardiogramme, le poids, et les résultats des tests de laboratoire (biochimie, analyse hématologique, et analyse d'urine).

De 260 participants inscrits, 255 ont été inclus dans l'analyse de l'efficacité et de 259 dans les analyses de sécurité. Cinquante-huit participants n’ont pas terminé l'étude. Sept participants à cause des effets indésirables du traitement et aucun cas n’avait présenté un manque d'efficacité et aucun participant n’avait interrompu le traitement en raison de la perte du poids. Le point final d'efficacité primaire était significativement diminué dans les groupes de traitement 50 et 70 mg / d mais pas dans le groupe de traitement de 30-mg / d par rapport au groupe placebo. La moyenne de LS least squares de log transformation du début à la 11 semaine a été significativement diminuée pour les groupes de traitement de 50 et 70 mg / j.

À la 11éme semaine ou à la résiliation anticipée, le taux de réponse a une semaine a été améliorée dans les groupes de traitement de 50 et 70 mg/ j par rapport au groupe placebo, et la cessation du comportement hyperphagique a la 4éme semaines a été améliorée dans le 50 et 70 -mg / j groupes de traitement par rapport au groupe placebo ou de la résiliation anticipée. Une plus grande proportion de participants recevant lisdexamfetamine ont noté une amélioration a la CGI-I par rapport à ceux recevant le placebo à la 11 semaine ou de la résiliation anticipée.

Au départ, les scores moyens de TFEQ pour le facteur cognitif était plus bas que la normale (0-10). Les scores de la clinique étaient élevé ≥12 et entre 9-11 pour dans la désinhibition et pour les facteurs de la faim, respectivement. A la 11éme semaine, la moyenne du score de LS sur les 3 facteurs de TFEQ dans le groupe de traitement de 70-mg / d et deux des trois facteurs de TFEQ dans le groupe de traitement de 50 mg/ j (le facteur cognitif exclu) était considérablement améliorées par rapport au groupe placebo.

Au départ, les scores moyens Binge Eating échelle ont été dans la tranche sévère (≥27) et ont démontré une plus grande amélioration à la 11éme semaine dans tous les groupes de traitement par rapport au groupe placebo. Pour de l’YBOCS-BE, au départ, les scores étaient modérés (16-23); la moyenne du score LS pour cette mesure était améliorée dans tous les groupes de traitement par rapport au groupe placebo à la 11éme semaine. Les scores SF-12 des composants physiques et de la santé mentale globaux étaient comparables au départ entre les groupes de traitement. Le changement dans le score moyen de LS pour la composante globale de la santé mentale n’était pas significativement différente entre tous les groupes de traitement et le groupe placebo. En outre, le changement global dans les scores moyen LS pour le SF-12 des composants physiques de la santé n’était significative que pour le groupe de traitement 70 mg /d en comparaison avec le groupe placebo et non pas pour les autres groupes de traitement.

Au départ, les moyennes du MADRS et de l’échelle Hamilton d'anxiété avait indiqué que la dépression et l'anxiété étaient faibles dans tous les groupes; aucun des changements dans les scores LS de la MADRS et de l’échelle Hamilton d'anxiété à travers les groupes de traitement n’étaient significativement différents de ceux du groupe placebo à la 11éme semaine.

Dans le groupe placebo, aucun abandon en raison des effets secondaires (EIAT), aucun EIAT grave, et aucun décès n’est survenu. Parmi les 196 participants recevant lisdexamfetamine, 6 (3,1%) ont abandonné le traitement en raison d'EIAT et 3 (1,5%) avaient EIAT graves. Un participant (Dans le groupe de traitement de 70 mg / j) a décédé à cause des résultats toxicologique compatibles avec un surdosage de méthemphétamine. Pendant le dépistage, le participant avait nié une histoire d'abus de substance, et les résultats de recherche de toxique au cours de l'étude se sont révélés négatifs. Cependant, l'analyse toxicologique post-mortem avait trouvé des niveaux compatibles au surdosage de la méthamphétamine. Deux autres EIAT graves (pancréatite aiguë et appendicite) sont survenus chez les participants dans le groupe de traitement de 30 mg / d et ont été considérés sans lien avec le médicament de l'étude. Selon les scores de la Columbia-suicide Gravité Rating Scale, aucun participant n’avait des idées suicidaires ou a fait une tentative de suicide au cours du traitement. La moyenne de la fréquence cardiaque avait tendance à augmenter du début à la 11éme semaine ou la résiliation anticipée avec le traitement par le lisdexamfetamine alors que la tension artérielle et les résultats de l’électrocardiogramme n’avait pas connu de changement. La moyenne du poids des participants dans tous les groupes de traitement a diminué avec le traitement; le groupe placebo n'a subi aucun changement du poids moyen.

Selon la littérature, aucune publication antérieure sur les essais cliniques de lisdexamfétamine à travers de multiples indications n’a rapporté d’overdose. Cette étude est le premier essai clinique sur le surdosage de lisdexamfetamine. Bien que les données disponibles suggèrent une probabilité accrue de toxicomanie surtout d'alcool et d'autres troubles concomitants chez les patients ayant un BED.

Cette étude avait plusieurs limites ; tous les participants étaient des femmes blanches, non-hispaniques / non-Latino, et en surpoids ou obèses. Les participants atteints de maladies concomitantes ont été exclus, ce qui limite la possibilité de généraliser ces résultats à tous les patients adultes atteints de BED. Bien que la prévalence à vie des troubles de l'humeur chez les personnes ayant un BED soit d'environ 50%, la prévalence de symptômes dépressifs dans cette étude était très faible. En conclusion, les groupes de traitement de 50 et 70 mg / d ont démontré une efficacité par rapport au groupe placebo dans la diminution des épisodes d’hyperphagie, dans la cessation de ce trouble de comportement.

Dr Zemama Hanane

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 22/03/2015


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