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Hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né et inhibiteurs sélectifs de la recapture ...


Persistent-Pulmonary-Hypertension-of-the-Newborn-and-SelectivePersistent pulmonary hypertension of the newborn and selective serotonin reuptake inhibitors: lessons from clinical and translational studies.

Occhiogrosso M, Omran SS, Altemus M.

Department of Psychiatry at Weill Cornell Medical College in New York, USA. mbc2003@med.cornell.edu

Hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né et inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine: Enseignements tirées d'études cliniques et translationnelles. Am J Psychiatry. 2012 Feb;169(2):134-40.

Résumé :

Deux études récentes ont relié l'exposition in utero aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) à l’hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né (Une atteinte respiratoire potentiellement grave mais qui reste rare), d’où une certaine réticence des cliniciens et des patients vis-à-vis des ISRS pendant la grossesse. A l’inverse, d'autres études ont incriminé plutôt la dépression maternelle que l'exposition aux ISRS comme facteur de risque de lhypertension artérielle pulmonaire persistante. Cette revue résume les connaissances actuelles sur la physiopathologie de l’hypertension artérielle pulmonaire persistante, le rôle des facteurs de risque génétiques et de la sérotonine, les effets des ISRS sur le système vasculaire pulmonaire, le lien possible entre les ISRS et hypertension artérielle pulmonaire persistante, ainsi que le diagnostic, prise en charge clinique et pronostic de cette maladie.

Il s’agit de la mesure des risques de la dépression non traitée durant la grossesse en comparaison avec de possibles effets secondaires des ISRS.
Est-ce que les risques du traitement antidépresseur pendant la grossesse l'emportent sur les avantages?. La prise d’ISRS chez la femme enceinte nuit-elle au bébé?. Des chercheurs travaillant au Département de psychiatrie au Weill « Cornell Medical College » se sont penchée sur ces questions, ils ont effectué une analyse critique des résultats cliniques et translationnelles afin de mieux comprendre le lien entre l'HAPP du nouveau-né et l'exposition aux ISRS.

L'auteur principal Mallay Occhiogrosso, MD, professeur assistant en psychiatrie au Weill Cornell Medical College, et ses collègues ont publié leurs résultats dans l’American Journal of Psychiatry :

"De récentes études animales et cliniques ont mis en oeuvre le rôle de la sérotonine dans le développement de l'hypertension artérielle pulmonaire et les effets différentiels possibles des ISRS sur le système vasculaire pulmonaire chez l’adultes et le fœtus. Un jugement clinique éclairé est nécessaire pour mettre en balance le risque de cette maladie rare contre le risque de dépression non traitée ou traitée."

Ils ont constaté que la littérature sur ce thème se compose de six études, et identifie un total de 50 enfants avec hypertension artérielle pulmonaire persistante chez environ 25.000 qui ont été exposés à des ISRS. Deux de ces études ont porté sur la même population et la seconde a recruté de nouvelles naissances, Elles ont enregistré des risques relatifs de 3,44 et 3,57. Une troisième étude n’a trouvé un risque important qu’en cas d’exposition en deuxième moitié de grossesse. Les trois autres études n'ont trouvé aucun lien entre HAPP du nouveau né et ISRS.

Les chercheurs se sont heurtés à la difficulté de distinguer l'impact des ISRS de l'impact de la dépression sur le risque d'hypertension artérielle pulmonaire persistante. Par ailleurs, ils ont noté que l'obésité et le tabagisme - facteurs de risque établis pour HAPP surviennent plus fréquemment chez les femmes déprimées. Enfin la dépression, traitée ou pas, pose le problème de son lien avec le risque de naissance prématurée, un autre facteur de risque pour l’hypertension artérielle pulmonaire persistante.

Une autre étude sur l’impact des IRSS et grossesse a été mise en ligne le 5 Mars dans : The Archives of General Psychiatry . Dans ce travail, Hanan El Marroun (chercheur au service de psychiatrie pour enfants et adolescents à l'Hôpital pour enfants de Sofia et Erasmus Medical Center de Rotterdam) et son équipe ont étudié les effets des ISRS pendant la grossesse sur la croissance fœtale et le devenir des bébés par la suite et ceci dans le cadre de l'étude R Generation qui a consisté en un suivi prospectif qui démarre à un mois de la vie fœtale de 7696 femmes enceintes. Une échographie fœtale a été réalisée à chaque trimestre, et les croissances respectives du corps et de la tête ont été déterminées par des évaluations échographiques répétées. Il en ressort que la dépression maternelle non traitée est associée à un rythme plus lent de la croissance touchant à la fois le corps et la tête. Au moment où les femmes enceintes traitées avec les ISRS ont moins de symptômes dépressifs, et leurs fœtus n'avaient pas de retard dans la croissance du corps, mais avaient un retard de croissance touchant la tête et aussi couraient un risque important d'accouchement prématuré.

«Nos conclusions soulèvent encore la question de savoir si un traitement par ISRS est meilleur ou pire pour le fœtus que la dépression maternelle non traitée. Les cliniciens doivent évaluer soigneusement le risque connu de dépression non traitée durant la grossesse et les effets négatifs possibles des IRSS », écrivent-ils, soulignant la nécessité de nouvelles recherches sur les implications de ces résultats.

Dans un éditorial qui accompagne le travail de Occhiogrosso et collaborateurs publié dans l'American Journal of Psychiatry, Margaret Spinelli, MD (professeur agrégé de psychiatrie clinique à l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Université Columbia et psychiatre chercheur au New York State Psychiatric Institute ) affirme : «Nous avons maintenant besoin de communiquer clairement sur les risques et les avantages du traitement des femmes enceintes déprimées, si l'on veut éviter de telles conséquences préjudiciables à leur bien-être et celui de leurs enfants». Spinelli est également la directrice du programme de la femme en psychiatrie (the Women’s Program in Psychiatry) à l'Université de Columbia

  • Dr Bout Amine
  • CHU HassanII Fès

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