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Formation des résidents en psychiatrie au Canada : Le passé, le présent et le futur


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La pratique de la psychiatrie au Canada a subi de nombreux changements durant les dernières décennies. Ces changements se sont répercutés aussi sur la formation en psychiatrie.

L’introduction du principe de la médecine et de l’enseignement basé sur les preuves a joué un rôle clé dans le changement de la formation post doctorale en psychiatrie. Ainsi, la philosophie de cette formation est passée de celle d'un modèle d'apprentissage à un cadre axé sur les compétences avec des éléments d'évaluation clairs répondant à des normes rigoureuses d'accréditation.

Pour toutes les spécialités, les exigences de formation sont décrites dans trois principaux documents directeurs: les objectifs de la formation (OTR), les besoins de la formation de spécialité (STR), et le document des normes spécifiques d'accréditation (SSA), qui s'applique à tous les programmes de formation.

Avec l’introduction du Cadre de compétences CanMEDS en 1996, le cursus de résidanat au Canada (dans toutes les spécialités) a été remodelé de manière significative. En effet, ce projet incarne deux concepts fondamentaux: d'abord, il a changé l'orientation de la formation spécialisée des intérêts et des aptitudes des prestataires aux besoins de la société et, deuxièmement, il a orientée ces programmes pour tenir compte des besoins individuels des patients.

Le résidanat en psychiatrie au Canada a subi des changements importants au cours des 5 dernières années, passant d'un modèle d’«apprentissage» à un curriculum basé sur l'acquisition des compétences clés définies dans les documents directeurs.

Le cursus de résidanat en psychiatrie s’étale sur une période de 60 mois. La première année (PGY-I ou 1ère année de formation postdoctorale) est l’année de formation clinique de base. Le résidanat junior (PGY-II et PGY-III, comprenant la psychiatrie générale, l'enfant et l'adolescent, et la psychiatrie gériatrique), et le résidanat senior (PGY-IV et PGY-V, incluant l'exposition aux personnes atteintes de maladies mentales graves et persistantes, les soins partagés et de consultation de liaison) ont chacun pour mission de tracer une trajectoire de développement claire afin d’améliorer la maturité et la compétence du futur psychiatre. Ceci se fait via des cursus obligatoires ou optionnels dans chacun des principaux domaines importants de la psychiatrie (psychothérapies, addictions, recherche…).

Et afin de s’assurer que le cursus répond aux standards d’accréditation CanMEDS, un modèle d’évaluation de tous les aspects de la formation est pratiqué à chaque niveau au lieu de s’appuyer uniquement sur l’examen final.

Les encadrants ont recours à divers moyens d’évaluation tels que les observations directes, examen oral sous forme d’un long cas clinique unique ou des rencontres cliniques objectives et structurées (OSCE)…

L’examen final était avant composé d’une épreuve écrite, dont la réussite conditionnait le passage d’un examen oral supervisé par deux examinateurs, et basé sur un long cas clinique unique. Actuellement l’examen final est sous forme d’un examen composite unique, comportant une épreuve oral et écrite.

L’épreuve orale fait appel à l’OSCE composé de 10 étapes de 20 min chacune et supervisé par un examinateur chacune. Chaque étape vise à évaluer une ou des compétences particulières.

L'épreuve écrite quand à elle consiste en des questions à choix multiple et à réponse courte.

Depuis 2011, les sous-spécialités reconnues par le Collège Royal des Médecin et Chirurgien du Canada (RCPS) sont la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, la psycho-gériatrie et la psychiatrie légale. Le reste est considéré comme étant des compétences supplémentaires acquises par le psychiatre générale faisant de lui un « psychiatre généraliste sophistiqué ».

Les auteurs ont fini par conclure que l’influence d'un environnement socio-politique en constante évolution, avec des pressions économiques qui impactent les prestations de soins psychiatriques, ainsi que la formation en psychiatrie, est un facteur déterminant dans l'avenir de la formation des résidents en psychiatrie. L'évaluation continue des méthodes d'enseignement, l'utilisation croissante des techniques de formation médicale innovantes et créatives, des cursus flexibles et des normes de plus en plus rigoureuses d'accréditation sont d'autres facteurs susceptibles de continuer à façonner l'avenir. Cependant, avec les tendances reflétant une diminution de l'intérêt des étudiants en médecine pour la psychiatrie comme carrière, des efforts accrus par les encadrants devront être déployés au programme de premier cycle afin de mieux stimuler l'intérêt et de recruter parmi les meilleurs étudiants, pour finalement mieux servir nos patients.

  • Dr Berhili Nabil
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 22/08/2013

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