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Evaluation randommisee, en double aveugle, contrôlée par le placebo pendant 8 semaines de l'efficacité et la tolerance à la Cariprazine chez les patients atteints de depression bipolaire


Bien que la plupart des antipsychotiques atypiques sont approuvés par the U.S. Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement des accès maniaques et des épisodes mixtes, la quétiapine et la lurasidone sont les seuls antipsychotiques approuvés par la FDA pour la dépression bipolaire, la lurasidone n'a pas été évaluée dans la manie bipolaire et n'est pas indiquée pour son traitement.

La dépression bipolaire n'a pas été aussi bien étudiée comme c'est le cas pour la manie, et par conséquent les éventualités thérapeutiques restent limitées.

La CARIPRAZINE est un antipsychotique atypique, agonise partiel des récepteurs D2 et D3 dopaminergiques, avec une affinité supérieure pour les D3. À des doses thérapeutiques, il se lie de façon élevée et équilibrée aux  D3 et D2. D'autres antipsychotiques atypiques présentent une forte occupation des D2, mais une occupation négligeable des récepteurs D3.

Le système dopaminergique est impliqué dans  la physiopathologie de la dépression. Les D3 exprimés dans les régions cérébrales qui régulent la motivation et les comportements liés à la récompense, peuvent présenter une nouvelle cible pharmacologique pour le traitement de la dépression. La CARIPRAZINE a également  une forte affinité pour les récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A, ce qui peut contribuer à augmenter l'efficacité des antidépresseurs. Le profil pharmacologique de la CARIPRAZINE suggère une utilité potentielle dans le traitement de la dépression bipolaire I.  

La présente étude a évalué  l'efficacité, l'innocuité et la tolérance de la CARIPRAZINE chez des patients atteints de dépression bipolaire I.

Méthodologie

Cette étude  a été réalisée de Juillet 2011 à Mars 2014, à  88 endroits aux États-Unis,  Canada,  Colombie, Russie et Ukraine. Les participants ont fourni un consentement  écrit après avoir reçu une description complète de l'étude. La répartition aléatoire des groupes  a été effectuée par des numéros générés par ordinateur. Les médicaments et le placebo ont été livrés dans des capsules apparaissant identiques.

l'étude était  randomisée , en double aveugle, contrôlée par le placebo, en groupes parallèles, à dose fixe chez des patients adultes atteints de dépression bipolaire I.

L'étude comprenait 3 phases : une phase d'observation (de 14 jours incluant une semaine sans prise médicamenteuse), 8semaines de traitement en double aveugle, et une semaine de suivi.

Les patients ont été répartis au hasard pour recevoir le placebo ou la CARIPRAZINE a la dose de 0.75, 1.5, ou 3.0mg / jour. Tous les patients CARIPRAZINE ont initié le traitement à  la dose de  0,5 mg / jour et la dose a été augmentée à 0,75 mg / jour à J3. Dans les groupes 1,5 et 3.0-mg / jour, Le dosage a été augmenté  à 1 et 1,5 mg / jour à J5 et J8 respectivement; dans le groupe  3,0 mg/ jour la dose a été augmentée à 3,0 mg / jour à J15. Les patients incapables de tolérer la dose fixe ont été exclus de l'étude. Les patients pouvaient être  hospitalisés durant la période d'observation et  jusqu'à 2 semaines de la période de  traitement en double aveugle.

Les patients étaient âgés de 18 à 65 ans, et répondaient aux critères  DSM-IV-TR du trouble bipolaire I ayant un épisode dépressif majeur sans caractéristiques psychotiques qui a duré au moins 4 semaines et pas plus que 12 mois; la présence d'un ATCD d'accès maniaque ou d'épisode mixte a été vérifié. L'examen physique, le bilan biologique  et ECG étaient soit normaux soit comportant des anomalies non considérées comme cliniquement significatives; les femmes en âge de procréer avaient un test de grossesse négatif.

Les critères d'exclusion étaient : ATCD ou diagnostic actuel d'un trouble de l'axe I autre que le trouble bipolaire type I , risque suicidaire, ou risque d'auto ou hétéroagressivite, conditions médicales  susceptibles d'interférer avec la participation à l'étude,  fausser l'interprétation des résultats, ou mettre en danger le patient. l'usage de psychotropes a été interdit à l'exception de l'eszopiclone , le zolpidem, le zopiclone, l'hydrate de chloral, ou le  zaleplon (pour l'insomnie), le lorazépam (pour l'agitation), le diphenhydramine, benztropine ou propranolol (pour les symptômes extrapyramidaux).

l'efficacité a été évaluée par la Depression Rating Scale Montgomery-Åsberg (MADRS) , les CGI-S, et la HAM-D, qui ont tous été administré à la phase d'observation, au départ et aux semaines 1, 2, 4 , 6 et 8.

L'examen physique et le bilan biologique ont été faits à la phase d'observation et à la semaine 8. Les constantes hémodynamiques  ont été prises lors de chaque visite, l'ECG a été réalisé à la phase d'observation et aux semaines 1, 4 et 8. Le Young Mania Rating Scale (YMRS) a été administré à la phase d'observation et à toutes les visites. La Columbia–Suicide Severity Rating Scale et l'extrapyramidal symptom scales ( Barnes Akathisia Rating Scale, Abnormal Involuntary Movement Scale [AIMS] et  Simpson Angus Scale) étaient administrées à toutes les visites. La Columbia–Suicide Severity Rating Scale a été administrée également à la période de suivi.

Résultats :

Un total de 584 patients ont été assignés au hasard à un traitement double aveugle, Environ 73% des patients ont terminé l'étude; la raison la plus fréquente pour l'arrêt était les effets indésirables.

Le point d'analyse primaire était la semaine 6 du traitement en double aveugle, le traitement en double aveugle a été continuée jusqu'à la  semaine 8 pour évaluer la persistance de l'efficacité. Les variations des scores MADRS du début   à la semaine 6 était statistiquement significatives en faveur de cariprazine 1,5mg/jour comparé au placebo. La Cariprazine à 3,0 mg/jour a montré une plus grande réduction de score MADRS que le placebo, mais la différence n'était pas significative; la  cariprazine à 0.75 mg/jour n'était pas significativement différente par rapport au placebo.

Il y avait une amélioration significative dans le score CGI-S du début à la semaine 6, avec cariprazine à 1,5 mg/jour comparée au placebo ; une plus grande réduction du score a été observée pour cariprazine à 3,0 mg/jour par rapport au placebo , mais la différence n'était pas significative.

Une amélioration statistiquement significative s'est produite dans tous les groupes de cariprazine par rapport au placebo  dès la semaine l sur la MADRS  et la semaine 2 sur le CGI-S.

Dans les groupes de 1,5 et 3,0 mg/jour, une différence significative par rapport au placebo a persisté jusqu'à la semaine 8 sur la MADRS ; sur le CGI-S, une différence significative a persisté jusqu'à la  semaine 8 dans le groupe 1,5 mg/jour et jusqu'à la semaine 6 dans le groupe de 3,0 mg/jour.

À la semaine 6, la cariprazine à 1,5 mg/jour comparée au placebo a eu des taux de réponse MADRS, et des taux de rémission MADRS et HAM-D significativement meilleurs. Sachant qu'une réponse au traitement est définie par la diminution du score MADRS de plus de 50% et que la rémission est définie par un score MADRS inférieur ou égale à 10 ou un score HAM-D inférieur ou égale à 7.

La cariprazine à 3mg/jour était significativement supérieur  au placebo seulement pour les taux de réponse MADRS.

l'analyse des patients qui ont complété  les 8 semaines du traitement a démontré des  réductions significatives dans les scores MADRS POUR la CARIPRAZINE 1,5 et 3 mg/jour du début jusqu'à la semaine 6 et puis jusqu'à la semaine 8.

L'incidence des effets indésirables conduisant à l'arrêt du traitement était similaire entre les groupes ; les effets indésirables  qui ont conduit à l'interruption chez 2 % des patients sont l'akathisie (3 %), l'agitation(2%) et l'anxiété (2 %) dans le groupe cariprazine 3mg/jour et la dépression (2%) dans le groupe placebo et CARIPRAZINE  0,75 ET 1,5 mg/jour. La majorité des cas d'akathisie (94%) ne justifiaient pas l'exclusion de l'étude. L'incidence des autres effets secondaires extrapyramidaux était généralement basse.

Des effets indésirables sérieux ont été rapporté chez 10 patients, 5 dans le groupe placebo (hémiparésie, dépression, manie, idéations suicidaires, BPCO ), un dans le groupe cariprazine 0,75 mg/jour ( dépression ), 2 dans le groupe cariprazine 1,5mg/jour ( auto agressivité et hypomanie) et 2 dans le groupe 3mg/jour.

L'insomnie et le prise de poids étaient également des effets secondaire rencontrés chez les patients traités par CARIPRAZINE.

Conclusion

La CARIPRAZINE à 1,5 mg/jour a montré une amélioration statistiquement significative dans les scores MADRS et CGI-S par rapport au placebo. Elle a été généralement bien tolérée, parmi les dosages étudiés.Le 1,5mg/jour était le plus efficace et le plus toléré, laissant suggérer qu'il peut être le dosage utilisé dans le traitement de la dépression dans le cadre du trouble bipolaire type I, d'autres études devraient être réalisées pour pouvoir généraliser les résultats de la présente étude .

  • Dr Lahlali Narjisse
  • Service de psychiatrie
  • CHU HassanII Fès
  • Le 28/03/2016

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