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Évaluation des complications psychiatriques et comportementaux des différentes formes de Maltraitance Infantile


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Introduction:

Des estimations mondiales de la prévalence suggèrent que la maltraitance physique (8,0%), les abus sexuels (1,6%), la violence psychologique (36,3%) et la négligence (4,4%) sont des phénomènes assez courants. Cependant, certaines croyances répandues concernant la maltraitance infantile (MI) ne sont pas forcément pertinentes.

Au moins 4 présomptions envahissent la littérature scientifique sur la MI : (1) la nocivité (la MI engendre des complications considérables), (2) la non-équivalence, certaines formes de violence (la violence physique et sexuelle) sont plus graves que d'autres (la violence psychologique et la négligence), (3) la spécificité (chaque forme de MI produit des dégâts spécifiques), et (4) la non-universalité (les effets de la MI diffèrent selon le sexe et la race).

Pour tester chacune de ces présomptions, cette étude évalue rigoureusement les formes de MI, les traite structurellement et les investi pour prédire un large éventail de troubles dans un échantillon large et diversifié fait de garçons et filles de toute race.

Méthodes:

Les auteurs émettent l'hypothèse que les différentes formes de MI auraient des conséquences équivalentes, larges et universelles.

Ils ont étudié 2292 enfants âgés de 5 à 13 ans qui ont participé à un programme de recherche dans un camp d'été conçu pour les enfants de faible revenu et en âge scolaire. Les données ont été recueillies chaque année du 1er Juillet 1986 au 15 Août 2012.

1254 (54,7%) des participants étaient des garçons. Les enfants maltraités et non maltraités étaient comparables en termes de diversité ethnique et raciale et des caractéristiques démographiques familiales. Les familles des enfants ont un faible revenu et les mères célibataires (1442) constituent (62,9%) des cas.

Lors de ce programme, les enfants ont été répartis en groupes de 8 à 10 enfants du même âge et du même sexe; la moitié des enfants dans chaque groupe avaient été maltraitée. Chaque groupe a été supervisé par 3 conseillers formés qui ne connaissaient pas le statut de maltraitance des enfants ni les hypothèses de l'étude. Ces derniers ont interagît avec les enfants pendant une durée total de 35 heures lors de chaque programme. À la fin de la semaine, les enfants dans chaque groupe remplissaient des fiches d’évaluations sociométriques de leurs pairs. Les conseillers fournissaient également des mesures individuelles d'évaluation des enfants sur la base de leurs observations et leurs interactions avec eux. Ainsi, diverses formes d'intériorisation (dépression, repli, somatisation, anxiété, névrosisme ...) et d'extériorisation (défie des règles, agressivité, opposition, comportement perturbateur, bagarres ...) de la personnalité et des traits psychopathologiques ont été évaluées.

Résultats:

Les comparaisons des sous-groupes montrent que les enfants maltraités subissent plusieurs types de troubles à des taux significativement plus élevés que leurs homologues non maltraités et que la gravité de ceux-ci est proportionnelle à la fréquence, la sévérité et la variété des actes de maltraitance.

La figure ci-dessous montre le taux de concomitance entre les différents types de M:

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Seuls 14 enfants maltraités (1,0%) ont été victimes d’abus sexuel isolé sans autre type de MI.

Les auteurs ont utilisé un modèle structurel pour examiner chacune des 4 présomptions concernant les effets de la MI. L'analyse structurale montre que les différentes formes de MI ont des effets comportementaux et psychiatriques équivalents, allant de l’anxiété et la dépression aux défis des règles et l'agressivité.

• La présomption de la nocivité: les formes non sexuelles de la MI produisent de façon significative les deux traits d’intériorisation et d'extériorisation tandis que l’abus sexuel n'a pas été significativement lié à aucun des deux.

• La présomption de la non-équivalence: le modèle structurel indique l'équivalence entre les différentes formes de MI, exception faite de l’abus sexuel qui n’était pas prédictifs de troubles psychiatriques.

• La présomption de la spécificité: La MI ne produit pas de troubles psychiatriques spécifiques.

• La présomption de la non-universalité: Les auteurs notent une généralisation des effets dans tous les groupes, races et sexes confondus.

Discussion:

Ces résultats suggèrent que la violence physique, la violence psychologique et la négligence entrainent de façon équivalente de larges vulnérabilités psychiatriques. L'abus sexuel, par contre, est un événement rare et presque toujours accompagné d'autres types de MI, ce qui explique le problème des résultats mitigés dans la littérature à ce sujet.

Cette étude élimine partiellement un facteur potentiellement confondant: Le niveau socio-économique (NSE), parce que les facteurs associés au faible NSE prédisent l'apparition des deux : MI et troubles mentaux. Dans cette étude, tous les enfants sont de familles à faible NSE. Cependant, un modèle de résultats différents peut être objectivé dans les populations dont le NSE est plus élevé.

Cette étude reconnait quelques limites: La sous-estimation des cas d'abus sexuel, le recours à la documentation officielle, l’absence de données concernant les troubles psychopathologiques avant la MI et l'utilisation des rapports psychologiques des conseillers et des enfants qui ne connaissaient les participants qu’à travers les conditions du programme.

Les stratégies de prévention et d'intervention au niveau de la population ne devraient pas ignorer les conséquences nocives de la violence psychologique, qui rivalisent avec les autres formes de MI.

Dr Benbrahim Mohammed

Hôpital psychiatrique Ibn Al-Hassan

CHU Hassan II – Fès

Le 28/11/2015


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