Recherche > Revue de presse > Etude par IRMf de l’activation neuronale chez les schizophrènes avec et sans consommation antérieure de cannabis

Etude par IRMf de l’activation neuronale chez les schizophrènes avec et sans consommation antérieure de cannabis


Il a été démontré que la consommation de cannabis est plus répandue chez les patients schizophrènes que dans la population générale. Selon Andreasson et autres auteurs, le cannabis peut être un facteur de risque pour la schizophrénie, facilité par l'effet du principe psychoactif delta 9- tétrahydrocannabinol (THC) sur le système cannabinoïde endogène et la dopamine.

Paradoxalement, la plupart des études neurocognitives sur la schizophrénie ont montré que l'usage du cannabis est un marqueur de bonnes performances aux tests neuropsychologiques. Une revue de la littérature a révélé un meilleur fonctionnement cognitif des patients utilisant le cannabis que chez les patients non utilisant le cannabis, ainsi ils ont conclu à des effets positifs de la consommation du cannabis sur la cognition chez les patients atteints de schizophrénie. D’autres études ont soutenu cette conclusion notamment deux méta-analyses.

Cependant, il est important de faire la distinction entre les conséquences d’un usage continu du cannabis ou les effets d’une intoxication à court terme par rapport aux effets d’une consommation antérieure de cannabis comme voie à la psychose. Récemment, une grande étude transversale a comparé l’effet à court et long terme du cannabis chez 956 patients. Les auteurs ont conclu qu'il y avait un effet de courte durée négative sur la cognition et au contraire un effet positif lors des consommations à long terme.

Les auteurs ont suggéré que les patients ayant une consommation de cannabis à long terme constituent un profil cognitif particulier. Il a été proposé que l'amélioration cognitive reflète la baisse de la vulnérabilité cognitive chez les patients schizophrènes présentant des antécédents d’usage de cannabis. Dans un tel modèle, la déficience cognitive est un marqueur de vulnérabilité, indiquant un dysfonctionnement neurodeveloppemental.

Chez le patient typique sans notion d’usage de drogues, un tel dysfonctionnement cérébral rend les individus sensibles à la psychose. La consommation du cannabis caractérise un sous-groupe des patients schizophrènes présentant moins de déficit.

L’objectif de la présente étude était de comparer l’activation neuronale chez les patients ayant une consommation de cannabis et les patients qui n'ont jamais consommé du cannabis. Les groupes de patients ont été comparés selon la capacité d’augmenter la régulation du réseau en mode effort au cours d’une tâche cognitive et de diminuer la régulation de l'activation dans le même réseau dans les conditions sans tâches. L'activation cérébrale après exécution ou non de tâche a été mesurée par une imagerie par raisonnance magnétique fonctionnelle. Vingt-six patients ayant un diagnostic de schizophrénie selon les critères DSM-IV et CIM-10 ont été regroupés en un groupe d'utilisateurs de cannabis et non utilisateurs de cannabis.

L’histoire de la consommation du cannabis a été évaluée sur les dossiers cliniques et l’échelle SCID, et a ensuite été validée par le biais d'un questionnaire spécifiquement conçu pour cette étude. Le questionnaire a été rempli deux fois, par le clinicien responsable (psychiatre / psychologue) et un chercheur en psychologie. Tout usage de drogues illicites a été enregistré, y compris les types de médicaments, à quelle fréquence et sur la façon dont ils ont été utilisés. Les patients qui ont signalé une consommation régulière de cannabis pendant au moins 2 ans ou fréquente (au moins une fois par semaine) pendant plus de 6 mois ont été inclus dans le Can + group. Les patients n'ayant pas d'antécédents d'usage de cannabis ont été inclus dans le Can - groupe.

En comparant les deux groupes, il y’avait des activations neuronales restantes dans les conditions de présence de tâches pour le groupe cannabis positif, par rapport au groupe sans cannabis, alors qu'elles restaient dans l'état d'activation en cas d’absence de tâches pour le groupe sans cannabis par rapport au groupe cannabis. Ainsi, les patients ayant des antécédents de consommation de cannabis ont montré une activation accrue dans un réseau en mode efforts et une activité diminuée du réseau mode par défaut par rapport au groupe sans cannabis. La présente étude a conclu à quelques différences dans l'activation du cerveau suite à une stimulation cognitive par des tâches entre schizophrènes avec une consommation antérieure du cannabis et ceux sans consommation du cannabis.

  • Dr Kettani Narjisse
  • CHU Hassan II
  • Le 01-04-2013

Affichage Affichages : 793

Recherche