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Efficacité de la psychothérapie pour le trouble de personnalité borderline, Une revue systématique et une méta-analyse


Le Trouble de Personnalité Borderline (TPB) est un trouble mental caractérisé par une instabilité sévère de l'affect, de l'identité, des relations interpersonnelles et un dérèglement comportemental. Plusieurs approches de psychothérapie ont été spécifiquement développées pour ce trouble, notamment la thérapie comportementale dialectique (TCD), la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et les thérapies d’inspiration psychodynamique, comme la thérapie par mentalisation ou la psychothérapie axée sur le transfert.

Les auteurs ont mis comme objectif de cette étude de réaliser une revue systématique et une méta-analyse des essais cliniques randomisés afin d'évaluer l'efficacité des psychothérapies pour les populations de TPB.

Méthodes :

Les termes de recherche ont été combinés pour la personnalité borderline et les essais randomisés dans PubMed, PsycINFO, EMBASE et les essais contrôlés du registre central de Cochrane (depuis la création de la base de données jusqu'en novembre 2015) ainsi que les listes de référence des méta-analyses antérieures.

Ont été inclus les essais cliniques randomisés d'adultes avec TPB diagnostiqué randomisés à une psychothérapie exclusive ou à une intervention de contrôle. La sélection a permis de différencier les modèles autonomes (dans lesquels une psychothérapie indépendante a été comparée aux interventions témoins) des modèles complémentaires (dans lesquels une intervention expérimentale ajoutée au traitement habituel a été comparée au traitement habituel seul).

Les caractéristiques des études, des participants et des interventions ont étés codées à l’extraction des données. Le risque de biais a été évalué en utilisant 4 domaines de l'outil Cochrane Collaboration Risk of Bias (extraction indépendante par 2 évaluateurs). Les résultats ont été regroupés en utilisant un modèle à effets aléatoires. Des analyses de sous-groupes et de méta-régression ont été réalisées.

Les différences des moyennes standardisées (Hedges g) ont été calculées en utilisant tous les résultats rapportés dans les études pour les symptômes de TBP, les automutilations, le suicide, l'utilisation des services de santé et la psychopathologie générale après les examens et durant le suivi. Les différents traitements après l’examen ont été rapportés, en calculant les rapports de côtes.

Résultats :

Trente-trois études (2256 participants) ont été inclues. Les résultats relevant du TPB ont consisté aux (symptômes, lésions auto-infligées et suicide), les psychothérapies étudiées étaient modérément plus efficaces que les interventions témoins dans des études autonomes (g = 0,32 ; IC à 95% ; 0,14-0,51) et les modèles complémentaires (g = 0,40 ; IC à 95% ; 0,15-0,65).

Les résultats étaient similaires pour les autres résultats, y compris les modèles autonomes : automutilation (g = 0,32 ; IC à 95% ; 0,09-0,54), suicide (g = 0,44 ; IC à 95% ; 0,15-0,74), utilisation des services de santé (g= 0,40, IC à 95%, 0,22-0,58) et psychopathologie générale (g = 0,32 ; IC à 95% ; 0,09 à 0,55), sans différence entre les types de conception. Il n'y avait aucune différence significative dans les rapports de cotes pour les traitements retenus (1,32 ; IC à 95% ; 0,87-2,00) pour les modèles autonomes et (1,01 ; IC à 95% ; 0,55-1,87) pour les modèles complémentaires. Treize études ont rapporté des résultats pertinents au moment du suivi (g = 0,45 ; IC à 95% ; 0,15-0,75). Les thérapies comportementales dialectiques (g = 0,34 ; IC 95% ; 0,15-0,53) et psychodynamiques (g = 0,41 ; IC 95% ; 0,12-0,69) étaient les seuls types de psychothérapies plus efficaces que les interventions de contrôle. Le risque de biais était un modérateur significatif dans les analyses des sous-groupes et de méta-régression (β = -0,16 ; IC 95% ; -0,29 à -0,03 ; P = 0,02). Le biais de publication était persistant, en particulier pour le suivi.

En conclusion, les psychothérapies, notamment la thérapie comportementale dialectique et les approches psychodynamiques, sont efficaces pour les symptômes de TBP et les symptomes associés. Néanmoins, les effets sont faibles, exagérés par le risque de biais (de publication en l’occurrence) et particulièrement des effets instables au suivi.

Dr Benbrahim Mohammed
Service de psychiatrie
CHU Hassan II - Fès
19/03/2017


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