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Dysfonctionnement des noyaux gris centraux dans le TOC


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Dysfonctionnement des noyaux gris centraux dans le TOC: L’activité neuronale sous-thalamique et la sévérité des symptômes prédit la réponse à la stimulation à haute fréquence

Les changements fonctionnels et la connectivité dans le système corticostriatal ont été signalés dans le cerveau des patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC), mais la relation entre l'activité des noyaux gris centraux et la gravité du TOC n'a jamais été établi de manière adéquate. 

Pour comprendre le rôle potentiel du système des ganglions de la base et de son dysfonctionnement dans les symptômes du TOC. Cette étude vise à étudier l’électrophysiologie des structures sous-corticales.

Une stimulation des noyaux sous thalamiques( STN) sur une période de 3 mois a été testé chez 12 patients atteints de TOC sévère et résistants aux traitement ,et chez 12 patients atteints de forme grave du Parkinson

Des  enregistrements électro-physiologiques périopératoires ont été réalisées chez des patients éveillés au repos. Le traitement médicamenteux a été arrêté le soir avant l'intervention chirurgicale chez tous les patients.

Les  enregistrements électrophysiologiques sous-thalamiques ont été obtenues chez les patients TOC pendant la chirurgie et analysés en fonction de la gravité.

L'activité neuronale sous-thalamique enregistrée chez les patients parkinsoniens opérés dans les mêmes conditions a été utilisé pour la comparaison. 

Des études précédentes nous ont conduit à émettre l'hypothèse que l'activité neuronale sous-thalamique seraient différemment touchés dans les TOC par rapport aux patients parkinsoniens, en particulier dans la subdivision ventromédiane.

Dans cette étude, une seule unité de l'activité neuronale sous-thalamique a été analysée chez les 12 patients TOC.

A la fin de la période de stimulation, Y-BOCS a été diminué de 22%. L’efficacité de la stimulation des STN a été retrouvée chez nos patients atteints du TOC. Cela pourrait signifier que le dysfonctionnement principal, chez les patients TOC est amélioré par la stimulation du STN.  Cependant, cette hypothèse semble peu probable car ces activités neuronales n'ont pas été identifiés comme étant prédictif de l'efficacité de stimulation du STN chez les patients parkinsoniens. 

Les neurones du STN chez les patients TOC avaient une fréquence de décharge inférieure à celle retrouvée chez les patients parkinsoniens, avec une proportion similaire d'éclatement type d'activité (69 vs 67%).

Ces résultats sont compatibles avec l'hypothèse d'un dysfonctionnement dans la subdivision des ganglions de la base du circuit limbique associatif , qui joue un rôle dans la physiopathologie du TOC.

Les différences observées entre l'activité neuronale des patients TOC et les parkinsoniens pourraient résulter de la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la voie nigro-striée chez les parkinsoniens

L'augmentation de basses fréquences observées dans le STN chez les patients atteints du TOC , au niveau la partie limbique, est compatible avec l'hypothèse de l’implication des connexions cortico-sous-corticales dans ce désordre.

Cette étude fait état pour la première fois de la relation entre l'activité neuronale spontanée sous-thalamique et la gravité des symptômes chez les patients atteints du TOC et leur réponse à la stimulation. 

  • Dr Hlal Hayat
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 22/02/2013

 


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