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Dépression post-AVC : Revue de littérature


La dépression post-AVC (PSD) est une problématique importante qui engage la récupération et la mortalité dans les suites d'un accident vasculaire cérébral. Cependant les études systématiques et empiriques ont tardé à voir le jour. En 1984 une première étude retrouve une prévalence de PSD plus grande pour des lésions de l'hémisphère gauche. Une autre étude retrouve une association entre PSD et troubles cognitifs et l'altération du fonctionnement social. La même année une première étude évalue l'efficacité de la nortiptyline dans le traitement des PSD. Depuis une riche littérature s'est constituée autour de ce sujet.

Cet article regroupe la littérature sur le PSD de point de vue diagnostic, incidence et prévalence et enfin facteurs de risques et traitement.

En matière du diagnostic, le DSM 5 reconnait cette entité, des auteurs ont proposé la notion de dépression vasculaire, qui se caractérise par une installation à un âge avancé et une plus grande prévalence de troubles cognitifs ainsi qu'une moindre réponse au traitement. Cette entité fut rattachée au PSD.

Plusieurs études ont évalué la prévalence de PSD, les deux méta-analyses les plus larges faites sur 20 et 25 000 patients retrouvent respectivement 29 et 32% de PSD.

Les facteurs de risques associés à la dépression se résument ainsi :

La piste génique, avec certains gènes en rapport avec les facteurs neuro trophiques. Un tiers des études examinant le genre comme facteurs de risque retrouve que le sexe féminin est associé au PSD, une association non retrouvé pour le reste des études. Ont été retrouvés aussi comme facteurs de risque les ATCD de facteurs de risque vasculaires et de troubles anxio-dépressifs personnels et familiaux. La sévérité de l'AVC également mais pas son type ou son mécanisme. Une corrélation entre PSD est des lésions frontales gauches est retrouvée mais cette corrélation disparait après 6 mois de l'AVC. La présence de troubles cognitifs est fortement associé au PSD.

Les patients avec PSD traités par ATD améliorent mieux leur fonctionnement et les ATD améliorent aussi les troubles cognitifs en l'absence de dépression. Tandis que la PSD augmente la mortalité,  les IRS montrent une diminution de la mortalité indépendante de la dépression.

Les traitements  antidépresseurs ont prouvé leur efficacité en matière de PSD mais pas la psychothérapie, par contre des interventions de psychoéducation et des interventions familiales peuvent être utiles. Cependant les antidépresseurs ne sont pas exempts de risques et les IRS ont été associés au risque de chutes et à des accidents hémorragiques.

La question de la  prévention des SPD par des IRS se pose, en vue des résultats des études qui montrent une réduction importante du risque de SPD (RR=4) couplée à une bonne tolérance.

  • Dr Bout Amine
  • Service de psychiatrie
  • CHU HassanII Fès
  • Le 28/03/2016

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