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Complications néonatales chez les femmes souffrant de dépression anténatale non traitée par rapport aux femmes sans dépression : revue systématique et méta-analyse


Seules un tiers des femmes enceintes souffrant de la dépression envisageraient de prendre des antidépresseurs, il est essentiel donc de comprendre les complications en cas de dépression non traitée au cours d'une dépression pour pouvoir conseiller et soutenir les femmes qui choisissent de ne pas prendre des antidépresseurs.

La dépression anténatale est un problème répandu, affectant 5% à 15% de femmes enceintes, elle a été associée à un risque accru de prématurité et de faible poids à la naissance, qui sont tous les deux causes de mortalité et de morbidité chez les nourrissons.

Cependant, depuis 2010, plusieurs méta-analyses portant sur l'utilisation des antidépresseurs pendant la grossesse ont trouvé des risques significativement plus élevés de naissances prématurées et de faible poids à la naissance chez les femmes dépressives qui prennent des antidépresseurs par rapport soit aux femmes non dépressives ou aux femmes dépressives non traitées. Par ailleurs, une autre méta-analyse a montré que Les risques associés à l'utilisation des antidépresseurs étaient plus élevés lorsque le groupe de comparaison était les femmes souffrant de dépression non traitée que lorsque le groupe de comparaison était les femmes qui ne sont pas déprimés. Ces résultats mettent en évidence la complexité de ce sujet et la nécessité de mieux comprendre les risques chez les femmes non traitées.

La plupart des études n'ont pas pris en compte les facteurs de confusion notamment ceux liés aux antidépresseurs, les résultats peuvent donc être biaisés, entraînant une surestimation des complications périnatales tels que les naissances prématurées et le faible poids de naissance. Donc il est probable que le risque serait inférieure après exclusion des facteurs de confusion.

L'objectif était de désigner les limites des études existantes en réalisant une méta-analyse des études randomisées et non randomisées pour déterminer les risques néonatals associés à la dépression prénatale non traitée, en utilisant des critères d'inclusion stricts pour éliminer tout effet potentiel d'un médicament antidépresseur.

Ont été recensées les études publiées sur MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, Cumulative Index to Nursing and Allied Health, Cochrane Central Register of Controlled Trials, et Web of Science. La recherche a été réalisée en juillet 2015.

Deux examinateurs ont recensées les titres, les abstracts, les articles en texte intégral, ont extrait les données et évalué leur qualité.

Les principaux résultats ont été la naissance avant 37 semaines et 32 semaines, petits ou grands pour l'âge gestationnel, faible poids de naissance, et l'admission en unité de soins intensifs néonatals.

Parmi les 6646 titres initialement identifiés, 23 études répondaient aux critères d'inclusion, avec un total de 25663 patientes dépressives.

La dépression anténatale non traitée a été associée à une augmentation significative des risques de naissance prématurée et de faible poids à la naissance, avec un risque plus élevé d'exposition à une dépression plus sévère.

Les résultats ont montré des risques accrus de naissance prématurée et de petite taille à la naissance en cas de dépression anténatale non traitée. Une seule revue systématique a trouvé que la dépression non traitée n'était pas associée à des risques accrus. Ces résultats ont d'importantes implications cliniques pour les femmes enceintes et les professionnels de santé, car ils suggèrent la nécessité d'une surveillance de la naissance prématurée et de petite taille du nourrisson, chez les femmes souffrant de dépression non traitée.

Dr Lahlali Narjisse
Service de psychiatrie
CHU Hassan II Fès
Le 28/09/2016


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