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Comparaison de l’efficacité et de la tolérance de 15 médicaments antipsychotiques dans la schizophrénie


Comparative-efficacy-and-tolerability-of-15-antipsychotic-drugs

La schizophrénie est classée parmi les 20 premières causes d'invalidité dans le monde. La question de savoir quel médicament antipsychotique doit être privilégié pour le traitement de la schizophrénie est controversée en grande partie vu que le cout des antipsychotiques de deuxième génération estimé à14,5 milliards de dollars au niveau mondial en 2014, et vu que les metaanalyses conventionnelles ne peuvent pas fournir une hiérarchie basée sur des preuves. Les auteurs de cet article ont cherché à intégrer les données disponibles pour créer une hiérarchie comparative de l'efficacité et de la tolérance des antipsychotiques

Les auteurs ont fait un Bayesian-framework, multiple-treatments meta-analysis, qui utilise à la fois des comparaisons directes et indirectes d'essais contrôlés randomisés, pour comparer 15 médicaments antipsychotiques et un placebo dans le traitement aigu de la schizophrénie. Ils ont cherché dans le registre de la schizophrénie Cochrane Group spécialisé, Medline, Embase, Cochrane Central Register of Controlled Trials, et ClinicalTrials.gov pour les rapports publiés jusqu’au premier septembre 2012. Les résultats recherchés ont été complétés par des rapports de la US Food and Drug Administration (FDA) et par les données des sociétés pharmaceutiques.

Les essais en double aveugle, essais contrôlés randomisés des patients atteints de schizophrénie ou troubles associés étaient admissibles. Ils ont exclu les essais effectués chez les patients présentant des symptômes négatifs prédominants, ou ayant une maladie médicale comorbide, ou ayant une résistance au traitement, et ceux effectués chez des patients stables. Le critère principal dans l’étude était l’efficacité de l’antipsychotique mesurée par le changement global moyen des symptômes. Ils ont également examiné toutes les causes d’arrêt du traitement ou sorties d’etude, la prise de poids, les effets secondaires extrapyramidaux, l’augmentation de la prolactine, l’intervalle QTc, et la sédation.

Les auteurs ont identifié 212 essais appropriés, incluant des données de 43 049 participants. En termes d’efficacité, l’odds ratio (OR) avec l’intervalle de confiance à 95% (IC) par ordre décroissant sont:Comparative-efficacy-and-tolerability-of-15-antipsychotic-drugs2

  • Clozapine: OR= 0.88, IC= 0.73–1.03
  • Amisulpride: OR= 0.66, IC= 0.53–0.78
  • Olanzapine: OR= 0.59, IC= 0.53–0.65
  • Risperidone: OR= 0.56, IC= 0.50–0.63
  • Paliperidone: OR= 0.50, IC= 0.39–0.60
  • Zotepine: OR= 0.49, IC= 0.31–0.66
  • Haloperidol: OR= 0.45, IC= 0.39–0.51
  • Quetiapine: OR= 0.44, IC= 0.35–0.52
  • Aripiprazole: OR= 0.43, IC= 0.34–0.52
  • Sertindole: OR= 0.39, IC= 0.26–0.52
  • Ziprasidone: OR= 0.39, IC= 0.30–0.49
  • Chlorpromazine: OR= 0.38, IC= 0.23–0.54
  • Asenapine: OR= 0.38, IC= 0.25–0.51
  • Lurasidone: OR= 0.33, IC= 0.21–0.45
  • Iloperidone: OR= 0.33, IC= 0.22–0.43

Les odds ratios par rapport au placebo pour les causes d’arrêt variaient de 0,43 pour le meilleur médicament (Amisulpride) à 0,80 pour le pire médicament (Halopéridol).

Pour les effets secondaires extrapyramidaux OR= 0,30 (Clozapine) à 4,76 (Halopéridol)

Pour l’effet de la sédation OR=1,42 (Amisulpride) à 8,82 (Clozapine).

Pour l’effet de la prise de poids, l’OR variait de -0,09 pour le meilleur médicament (Halopéridol) à -0,74 pour le pire médicament (Olanzapine).

Pour l'augmentation de la prolactine l’OR= 0,22 (Aripiprazole) à -1,30 (palipéridone).

Et pour l’effet de l’allongement de QTc l’OR= 0,10 (lurasidone) à -0,90 (sertindol)

Les résultats d’efficacité des différents médicaments n'ont pas changé substantiellement devant les circonstances suivantes:

  • L’enlèvement du groupe placebo ou du groupe halopéridol dans les etudes,
  • La variabilité de la dose du médicament,
  • Les sorties de l’étude,
  • L'étendue des études en double aveugle
  • Le parrainage de l'industrie pharmaceutique,
  • La durée de l'étude,

Cette étude selon les auteurs, pourrait être étendue à d'anciens médicaments tels que la perphenazine et le sulpiride, qui ont eu de bons résultats dans les études en efficacité.

Les résultats de cette étude ne peuvent être généralisés aux jeunes avec la schizophrénie, ou aux patients atteints de symptômes négatifs prédominants, ou aux patients réfractaires ou encore aux patients stables.

Finalement, parce que la méta-analyse de traitements multiples nécessite des études relativement homogènes, les auteurs ont dû restreindre leur recherche à des essais à court terme, et parce que la schizophrénie est une maladie chronique, les futures méta-analyses traitements multiples pourraient se concentrer sur des essais de longue durée. Les médicaments antipsychotiques différent dans de nombreuses propriétés, et les hiérarchies proposées dans sept grands domaines devraient aider les cliniciens à s'adapter au choix du médicament antipsychotique pour les besoins individuels des patients, et devraient conduire à modifier de nombreuses pratiques cliniques directives.

  • Dr. Tliji Asmae
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 15/07/2013

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