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Association entre la dépression parentale et la performance scolaire des enfants de 16 ans en Suède


Introduction

La dépression est une cause majeure de morbidité et d'incapacité dans le monde entier, elle a des conséquences néfastes non seulement pour les personnes atteintes de cette dépression, mais aussi les membres de la famille, en particulier les enfants. Leur développement comportemental, émotionnel, psychosocial et cognitif est directement affecté.

L'étude qui a été réalisé par des chercheurs de l'université de DREXEL à Philadelphia (Etats-Unis) avait comme objectif principal d'examiner les associations de la dépression parentale avec le rendement scolaire des enfants à la fin de l'enseignement obligatoire (environ l'âge de 16 ans).

Matériels et méthodes

Cette enquête est une étude de cohorte d'enfants nés en Suède entre 1984 et 1994 (n = 1 196 929). Les critères d'exclusion étaient : les enfants adoptés, les enfants qui ne pouvaient pas être liés à leur mère ou leur père biologique, et les enfants dont les résultats scolaires à la fin de l'enseignement obligatoire étaient introuvables (À cause de la mort, d'émigration, de manque d'achèvement, d'handicap intellectuel ou d'erreur administrative). L'échantillon analytique final est composé de 1 124 162 personnes (93,9% des personnes nées en Suède au cours de cette période).

Le diagnostic de la dépression était basé sur des données provenant des registres nationaux des patients hospitalisés depuis 1969 et des contacts externes depuis 2001.

Pour assurer une bonne organisation temporelle, juste la dépression parentale diagnostiquée avant le début de l'année obligatoire finale de l'enfant qui a été examinée. Dans un premier temps, ils ont examiné la possibilité d'associations de dépression parentale (avant le début de dernière année de l'enfant) et la performance scolaire, ensuite ils ont étudié si la dépression diagnostiquée au cours de certaines périodes spécifiques a été associée à la performance scolaire, y compris l'histoire de la dépression avant la naissance de l'enfant, après la naissance (enfants âgés de 0 à < 1 an), durant 1 à 5 ans, 6 à 10 ans et 11 à 16 ans.

La performance scolaire : Les données sur les résultats scolaires ont été recueillies à partir du registre de l'école nationale. L'enseignement obligatoire en Suède dure jusqu'à l'âge de 16 ans en moyenne .En fin de la scolarité obligatoire, les étudiants sont assignés à un niveau scolaire final calculé sur la somme des 16 meilleures notes en question dans la dernière année. Pour chaque étudiant ; il existait une note allant de 0 à 20, dont 0 est un échec, 10 est E, 12,5 est D, 15 est C, 17,5 est B, et 20 est A. Par conséquent, le niveau scolaire final peut varier de 0 à 320.

Résultats

Dans l'échantillon national, 33906 mères (3,0%) et 23724 pères (2,1%) souffraient de dépression avant la dernière année de l'enseignement obligatoire des enfants.

Les résultats des analyses montrent que la dépression maternelle et paternelle impactent la performance scolaire des lycéens.

Les filles avaient des notes bien meilleures que les garçons, tandis que l'âge jeune des parents était associé à de moins bonne résultats scolaires. Le tabagisme maternel pendant la grossesse a été associé avec un mauvais rendement scolaire.

Les familles à revenus élevés, l'éducation parentale, et l'origine parentale de la Suède ont été associés à un meilleur rendement scolaire.

L'étude révèle une association plus forte entre la dépression chez la mère et les mauvaises notes des jeunes filles surtout dans le sous échantillon de Stockholm.

Dans cette étude, les auteurs ont examiné les associations entre la dépression parentale et le rendement scolaire dans une cohorte de plus d'un million d'enfants moins de 16 ans en Suède.

La dépression maternelle et la dépression paternelle étaient tous les deux associés de façon indépendante à des performances scolaires plus faibles chez les enfants 16 ans. La dépression avant la naissance de l'enfant a été associée également à un rendement scolaire plus faible. Cette constatation appuie l'affirmation qu'une responsabilité génétique peut être un lien important entre la dépression parentale et les résultats scolaires infantiles défavorables. La dépression parentale dans toutes les périodes après la naissance de l'enfant a été associée à de moins bons résultats scolaires, suggérant que les facteurs sociaux peuvent également être impliqués.

L'analyse de l'échantillon national (avec la moitié des cas hospitalisés) a suggéré que la dépression maternelle et paternelle avait des associations similaires avec la performance scolaire. Cependant, dans le sous-échantillon de Stockholm (dont les soins des parents dépressifs se faisaient principalement en ambulatoire), la dépression maternelle avait plus d'effets indésirables que la dépression paternelle. Cette découverte suggère que la dépression parentale peut être plus préjudiciable à l'enfant quand il se produit chez la mère, ce qui est compatible avec les études précédentes.

Ainsi, Les filles semblent plus sensibles à la mauvaise santé de leur mère que les garçons.

Conclusions

Cette étude suggère que le diagnostic de la dépression parentale peut avoir un effet considérable sur le développement des enfants. Si ces associations observées sont causales, ils sont la preuve d'une nécessité de soutien davantage des enfants ayant des parents déprimés. Aussi, le développement de ces enfants pourrait être nettement amélioré si les parents recevaient des soins efficaces.

  • Dr Chekira Asmae
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan-II Fès
  • Le 24/04/2016

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