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Anomalies de la substance grise liées à la maltraitance durant l’enfance: une méta-analyse de la méthode Voxels


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Introduction

Les différences individuelles de fonctionnement dans le domaine social, comportemental et cognitif résultent d'une combinaison de facteurs génétiques et influences de l'environnement sur le développement du cerveau. Le cerveau, un organe hautement plastique, est régulé par les gènes mais sculptée par les expériences environnementales. Il ya un intérêt croissant pour la compréhension de la l'adversité de l'environnement précoce sur le développement cérébral.

La maltraitance durant l'enfance, peut inclure la violence physique, sexuelle et émotionnelle ainsi que la négligence. Au royaume-Uni des taux de prévalence de 6,9% pour la violence physique sévère, 4,8% pour l'abus sexuel, et 9,8% pour la négligence émotionnelle et physique grave. La maltraitance infantile est associée à des conséquences neurocognitives et un large éventail de troubles psychiatriques au cours de la vie, notamment troubles de l'humeur, l’anxiété, et la toxicomanie.

Objectif: la maltraitance de la petite enfance est considérée comme un facteur de stress sévère qui produit une cascade de changements physiologiques et neurobiologiques qui conduisent à des modifications durables des structures cérébrales. Cependant, les résultats de la neuro-imagerie structurale ont été contradictoires. Les auteurs ont mené une méta-analyse des études publiées sur la morphométrie cérébrale basée sur méthode Voxel chez les victimes de maltraitance infantile afin d’élucider les anomalies volumétriques de la substance grise.

Méthodologie: Douze ensembles de données ont été inclus, comprenant 331 personnes (56 enfants / les adolescents et 275 adultes) avec une histoire de maltraitance infantile et 362 sujets témoins (56 enfants / adolescents et 306 adultes). La méthode Voxel a été utilisée pour examiner les régions de petits et grands volumes de la matière grise chez les individus maltraités par rapport à des sujets témoins.

Résultats: Par rapport à des sujets témoins, les personnes exposées à la maltraitance à l'enfance avaient significativement un petit volume de substance grise au niveau des gyrus orbitofrontal droit et temporal supérieur s'étendant à l'amygdale, l'insula, et gyrus hippocampique et temporal moyen et dans le plan frontal inférieur gauche et les circonvolutions posterocentrales. Elles avaient plus grands volumes de matière grise dans les gyrus frontal supérieur droit et gauche et occipital moyen. Les déficits de la région orbitofrontale-temporalle-limbique droite et frontale inférieure gauche sont restés inchangés chez un sous groupe de participants non traités.

Conclusions: Les résultats démontrent que les anomalies importantes de la matière grise chez les individus exposés à la maltraitance durant l'enfance sont relativement constatées dans les régions connues de fonctions de contrôle cognitif et affectif qui sont généralement altérées chez cette population.

  • Pr Chadya Aarab
  • Service de psychiatrie
  • CHU Hassan II Fès
  • Le 24/08/2014

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