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Altération de l'équilibre glycémique durant le premier épisode de la schizophrénie. Une revue systématique et une méta-analyse


Des études épidémiologiques à grande échelle ont établi que les personnes atteintes de schizophrénie meurent de 15 à 30 ans plus tôt que le reste de la population générale et que 60% ou plus de cette mortalité prématurée est due à des causes non liées au système nerveux central mais principalement au système cardiovasculaire.

Les taux du diabete2 sont estimés à 2 à 3 fois plus élevés dans la schizophrénie que dans la population générale, avec une prévalence de10% à 15%.

Bien que l'utilisation d'antipsychotiques puisse contribuer à cette association, un lien entre la schizophrénie et le diabète a été déjà observé au XIXe siècle, bien avant l'introduction d'antipsychotiques et à une époque où les régimes n'avaient pas une telle évidence à induire des désordres métaboliques.

Pendant plus d'une décennie, il y’a eu un effort pour prouver que la schizophrénie confère un risque inhérent au développement du diabète de type 2, et ce en étudiant les patients à l'apparition de la maladie avant les effets potentiellement confondants des traitements antipsychotiques à long terme.

L’objectif de cette étude est d’effectuer une méta-analyse pour déterminer si les individus ayant un premier épisode de schizophrénie présentent déjà des altérations de l’équilibre glycémique par rapport aux témoins.

Les bases de données EMBASE, MEDLINE et PsycINFO ont été systématiquement explorées visant des études examinant les mesures de l'homéostasie du glucose chez des individus avec un premier épisode de schizophrénie par rapport à des individus servant de témoins.

Les critères d'inclusion étaient selon le DSM IV: la schizophrénie, le trouble schizoaffectif, le trouble schizophréniforme, ou trouble psychotique non encore spécifié, d'un état mental à risque pour la psychose, ou premier épisode de la maladie (Défini soit comme premier contact de traitement [patient hospitalisé ou ambulatoire] Ou une durée de 5ans après le début de la maladie)

SÉLECTION DES ÉTUDES

Ca sont des études cas-témoins mesurant des taux plasmatiques de la glycémie à jeun, des glycémie après un test oral de tolérance au glucose, des taux d'insuline plasmatique à jeun, de la résistance à l'insuline et des taux d'hémoglobine A1c (HbA1c) chez des individus présentant un premier épisode de schizophrénie par rapport à des individus sains servant de témoins.

EXTRACTION DE DONNÉES

Deux enquêteurs indépendants ont extrait des données pour une Méta-analyse avec des effets aléatoires. Les différences des moyennes standards de la glycémie à jeun, des taux plasmatiques de glucose après un test oral de tolérance au glucose, des taux d'insuline plasmatique à jeun. La résistance à l'insuline et les taux d'HbA1c ont été calculés.

Des analyses de sensibilité de l'indice de masse corporelle, de l'alimentation et de l'exercice, de la race ou de l'origine ethnique et de l’exposition minimale à l'antipsychotique (2 semaines) ont été effectués.

RESULTAS :

Sur 3660 citations extraites, 16 études cas-témoins comprenant 15 échantillons répondent aux critères d'inclusion. L'échantillon global comprenait 731 patients et 614 témoins.

Les taux plasmatiques de glucose a jeun (Hedges g = 0,20, IC 95%, 0,02 à 0,38, P = 0,03), les taux plasmatiques de glucose après un test de tolérance au glucose par voie orale (Hedges g = 0,61, IC à 95%, 0,16 à 1,05, P = 0,007), les taux plasmatiques d'insuline à jeun (Hedges g = 0,41, IC 95%, 0,09 à 0,72, P = 0,01) et la résistance à l'insuline (Évaluation homéostatique du modèle de résistance à l'insuline) (Hedges g = 0,35; IC à 95%, 0,14 à 0,55;P = 0,001) étaient tous significativement élevés chez les patients comparativement aux témoins.

Toutefois, les HbA1c (Hedges g = -0,08, CI, -0,34 à 0,18, P = 0,55) n'ont pas été modifiés chez les patients comparés aux témoins.

Discussion

Ces principaux résultats montrent que les patients atteints de schizophrénie présentent une élévation des taux de glucose plasmatique à jeun, une réduction de la tolérance au glucose, une augmentation des taux d'insuline plasmatique à jeun et une augmentation de la résistance à l'insuline lors de l'apparition de la maladie.

Les auteurs ont tenté de limiter la durée des études sur les facteurs secondaires liés à la maladie qui influent sur l'homéostasie du glucose. Cependant, Dans l'état prodromale et chez ceux avec un premier épisode de la schizophrénie, les patients ont déjà des mauvaises habitudes alimentaires, une diminution de l'activité physique et une probabilité accrue de tabagisme comparativement aux témoins appariés selon l'âge.

Cette recherche n'a pas trouvé une études qui a examiné l'homéostasie du glucose chez les personnes à risque de développer une psychose.

Seul un petit nombre d'études qui documente de manière spécifique la période non traitée de la maladie empêchant ainsi une méta-régression de l'influence de la Chronicité de la maladie sur l'homéostasie du glucose.

Bien que tous les participants recrutés dans la méta-analyse sont décrits Physiquement sains et sans aucune maladie qui affecte l'homéostasie du glucose, seulement 8 études ont défini l'utilisation du compteur et les médicaments sur ordonnance comme un critère d’exclusion spécifique, et seulement 4 études ont défini l’utilisation des psychotropes autres que les antipsychotiques comme critère d’exclusion.

En conclusion, ces résultats montrent que l’équilibre de la glycémie est altérée lors de l'apparition de la schizophrénie, ce qui indique que les patients présentent un risque accru de diabète. Ce constat a des implications directes pour la surveillance et le choix du traitement chez les patients schizophrènes.

Dr Nada Chefchaoauni
Service de psychiatrie
CHU Hassan II Fès
Le 22/03/2017


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