Recherche > Revue de presse > Suicide faisant suite à une automutilation délibérée

Suicide faisant suite à une automutilation délibérée


American Journal of Psychiatry, August 2017

 

 

Les auteurs ont cherché à identifier les facteurs de risque d'automutilations répétées et de suicide réussi au cours de l'année suivante chez les adultes ayant subi une autolyse délibérée.

Une cohorte nationale d'adultes diagnostiqués cliniquement avec une automutilation délibérée (N = 61 297), a été suivie pendant un  an. Les rapports de risque d'automutilation répétée et de suicide ont été estimés par des modèles de risque proportionnel de Cox.

Résultats:

 

 Au cours des 12 mois qui ont suivi une automutilation non fatale, le taux d'automutilation répétée était de 263,2 pour 1 000 années-personnes et le taux de suicide abouti était de 439,1 pour 100000 années-personne, soit 37,2 fois plus élevé que dans une population générale appariée à la cohorte. 

 

Quelques caractéristiques facilement identifiables des patients atteints d'autolyse ont été liées à l'augmentation du risque de suicide. Le risque de suicide est plus élevé chez les garçons que chez les filles (12-15 ans) et chez les adultes chez les plus âgés que les adultes plus jeunes. 

 

 Le risque de suicide était plus élevé après les événements initiaux d'autolyse impliquant des violences par rapport aux méthodes non violentes (taux de risque = 7,5 IC 95% = 5,5-10,1) En particulier les armes à feu (taux de risque = 15,86 IC 95% = 10,7-23,4, calculé avec l'empoisonnement comme référence) et dans une moindre mesure, après les événements de patients ayant récemment reçu des soins de santé mentale ambulatoire (ratio de risque = 1,6, IC 95% = 1.2-2.0). 

 

Par rapport aux patients utilisant des méthodes non violentes, ceux qui utilisaient des méthodes violentes étaient en augmentation significative du risque de suicide au cours des 30 premiers jours après l'événement initial (ratio de risque = 17,5, IC 95% = 11,2-27,3), mais pas durant la période d’un an après.

 

Conclusions:

 Les adultes traités pour une autolyse délibérée répètent fréquemment l'automutilation l'année suivante. Les patients qui utilisent une méthode violente pour leur tentative de suicide initiale, en particulier les armes à feu, présentent un risque de suicide exceptionnellement élevé, en particulier juste après l'événement initial, ce qui souligne l'importance d'une évaluation minutieuse et d'un suivi étroit de ce groupe.

 
Dr Ouadoud Hajar
Service de psychiatrie
CHU HassanII Fès
Le 29/08/2017

Affichage Affichages : 309

Recherche