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Les médicaments contre le TDAH et les problèmes liés à l’usage de substance


American Journal of Psychiatry, September 2017

Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité  (TDAH) est un trouble du développement neurologique fréquent, affectant 2,6%  à 4,5% des jeunes dans le monde et persistant chez  beaucoup d’entre eux jusqu’à l'adolescence et l'âge adulte. Des études prospectives ont montré que le risque des troubles liés à la consommation de substances est une préoccupation persistante dans le TDAH vu qu’ils contribuent à l’augmentation du taux de mortalité chez ces derniers.

Les médicaments stimulants sont efficaces dans la réduction des symptômes du TDAH  à court terme et sont recommandés comme traitement de première intention chez  les enfants en âge scolaire, les adolescents et les adultes.

Certaines recherches ont suggéré que l'exposition aux stimulants pourrait augmenter le risque de problèmes liés à l’usage de substances. D'autres études cliniques, en revanche n’ont pas trouvé de lien, tandis que d’autres  études récentes ont constaté que le traitement médicamenteux est associé à une diminution du risque lié à l’usage de substance.

À l'heure actuelle, l'incertitude reste de mise quant à la relation entre traitement du TDAH et les problèmes liés à l’usage de substance.

Dans la présente étude, le but était  d’examiner la relation entre traitement  stimulant et traitement par atomoxétine pour le TDAH et la réduction simultanée et à long terme du risque de problèmes liés à l’usage de substance dans un grand échantillon américain.

Les auteurs analysent les réclamations enregistrées entre 2005 et 2014 de 2.993.887 adolescents et  patients adultes atteints de TDAH. L’étude a comparé le risque de survenue d'événements négatifs liés à l’usage de substance (nécessitant la  consultation aux urgences) pendant les mois où les patients ont reçu une prescription d’un médicament stimulant ou de l'atomoxétine par rapport au risque pendant les mois où ils ne l'ont pas reçu.

Les périodes de médication étaient généralement associées à une réduction de risque de survenue d'événements liés à l’usage de substance que ça soit chez les femmes ou chez les hommes. Les hommes avaient une réduction de 35% du risque d’événements liés à l’usage de substances  lors de la prise de médicaments, et les femmes avaient une réduction de 31%. De plus, les hommes avaient un risque  plus faible de 19%, 2 ans après la période du traitement, et les femmes avaient un risque plus faible de 14%. Les analyses de sensibilité ont soutenu la plupart des résultats mais étaient moins cohérentes pour les associations à long terme parmi les femmes.

Ces résultats rejoignent les données de la  littérature sur les avantages sociaux et comportementaux du traitement médicamenteux du TDAH, notamment les résultats de l’étude suédoise qui a montré un risque plus faible à court et à long terme, avec un risque moins élevé de blessures, accidents de la voie publique, criminalité, dépression et  suicide. Ceci est peut être expliqué par une diminution de la prise de manière impulsive des décisions, ainsi que le changement dans les comportements individuels qui est probablement du à l’effet du traitement à long terme.

En conclusion, et compte tenu des résultats mitigés des essais cliniques, les résultats de cette étude ne doivent pas être interprétés comme un soutien à l'utilisation de médicaments contre le TDAH dans le traitement des troubles addictifs, tout e mettant en garde la possibilité de détournement ou de mauvaise utilisation des stimulants en dehors du traitement du TDAH.


Dr Lahlali Narjiss

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 30/09/2017


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