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La stimulation transcrânienne par un courant de faible intensité en psychiatrie


American Journal of psychiatry July 2017

La neurostimulation peut être définie comme toute intervention visant à modifier le fonctionnement du système nerveux en utilisant de l'énergie tels que l'électricité, le magnétisme, ou les deux.

Depuis les années 1930, l’electroconvulsivothérapie (ECT) a été reconnu comme un traitement efficace pour la dépression sévère, la catatonie et d'autres troubles psychiatriques. En plus de l'ECT, les cliniciens devraient comprendre d’autres formes de neurostimulation, telles que la stimulation du nerf vague(VNS), la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (RTMS), et la stimulation cérébrale profonde (DBS).

Pour un certain nombre de raisons, la neurostimulation thérapeutique a vu récemment un vif intérêt , tout d’abord parce que la neurostimulation agit à travers des mécanismes qui sont différents de ceux de la pharmacothérapie, offrant ainsi une autre alternative lorsque les médicaments échouent. Deuxièmement, les effets secondaires associés à la neurostimulation sont différents de ceux des médicaments, la neurostimulation peut être perçue alors comme ayant une tolérance supérieure par rapport aux médicaments. Et finalement et pour la troisième raison, un nombre croissant de preuves suggère que la neurostimulation pourrait modifier un large éventail de fonctions cérébrales, notamment l’amélioration de la cognition ou des symptômes non spécifiques chez les personnes en bonne santé, ce qui suggère que des gains similaires pourraient être réalisés chez des patients ayant des pathologies psychiatriques.

Dans cet article, les auteurs fournissent un aperçu des dispositifs et des modalités qui utilisent le courant électrique à faible énergie pour la stimulation du cerveau, décrits sous le nom de stimulation transcrânienne par un courant (tCS).

Seule la TDCS (la stimulation trancrânienne à courant direct) a montré des effets thérapeutiques positifs pour le trouble dépressif majeur, avec la mise en garde qu’il faut étudier les risques d’hypomanies et que les résultats à plus long terme n'ont pas encore été évalués.

Il est important de noter que des études positives sur la TCS nécessitent d’être refaites pour confirmer leurs résultats et que les interactions précises entre stimulation, médicaments antidépresseurs et psychothérapies sont inconnus.

Les données concernant la TCS pour d'autres troubles psychiatriques ont démontré des résultats négatifs ou mitigés, avec certaines  preuves de préjudice chez les personnes atteintes de troubles liés à l’usage de substances.

La majorité des essais cliniques de tCS dans cette revue ont utilisé la TDCS, qui, lorsqu'elle est utilisée par des équipes de recherche expérimentées chez des patients sains, est associé à un profil d'effets secondaires bénins.

Cependant, dans une publication récente, un groupe de chercheurs ayant une grande expérience dans le domaine de la stimulation cérébrale non invasive a résumé les risques inconnus des tDCS :

1) La stimulation affecte plus de régions cérébrales que l'on puisse penser

2) La stimulation interagit avec l'activité cérébrale en cours, donc ce que l’utilisateur fait au cours de la tDCS, modifie les effets de la tDC"

3) l’amélioration de certaines capacités cognitives peut survenir au détriment d’autres parametres.

4) Les changements dans l'activité cérébrale (prévus ou non) peuvent durer plus longtemps que l’on puisse penser

5) Des petits changements dans les paramètres de la tDCS peuvent entraîner des répercussions importantes.

6) les effets de la tDCS varient d’une personne à une autre.

 

Une recherche sur les essais cliniques utilisant  la tCS pour le traitement des troubles psychiatriques a retrouvé plus de 450 études enregistrées, annihilant ainsi le nombre d'études recensées dans cette revue, ce développement rapide témoigne du potentiel thérapeutique de la tCS.

Cet enthousiasme pour les tCS devrait être atténué par le fait qu'il n'y a pas jusqu'à maintenant d’autorisation de la FDA pour le traitement des troubles psychiatriques par ces méthodes. Il devrait y avoir d’avantage d’études dans ce domaine pour mieux cerner l’utilisation de la stimulation transcrânienne directe dans le traitement des pathologies psychiatriques.

 

Dr Narjisse Lahlali

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 29/07/2017


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