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La maltraitance des enfants et les problèmes de santé mentale à l’âge adulte: étude d’une cohorte


Britich Journal of psychiatry. December 2018

Introduction

Les conséquences négatives et l'impact sur la santé des formes multiples de maltraitance durant l’enfance sont encore peu connus. Les études transversales suggèrent que les enfants exposés à des abus sexuels, physiques et émotionnels et / ou à une négligence sont plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé mentale que ceux non exposés. Des études rétrospectives ont montré une forte association entre la maltraitance des enfants et la morbidité psychiatrique ultérieure. Les études prospectives sont plus rares. 

L’objectif de cette étude est d’examiner si les différents types de maltraitance  envers les enfants sont associés à des troubles psychiatriques au début de l'âge adulte.

Méthodes

3778 couples mère-enfant à Brisbane, en Australie étaient inscrits à une étude de cohorte de naissances. L'exposition à une  maltraitance a été basée sur les données des organismes publics de protection de l'enfance. Vers l'âge de 21 ans, les troubles psychiatriques ont été évalués par les  échelles; Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D) et  The Composite International Diagnostic Interview(CIDI-Auto).

Résultats et discussion

Au total, 171 participants (4,5%) avaient des antécédents de  maltraitance, le plus souvent un abus émotionnel (n = 91), suivi par la violence physique (n = 78), de négligence (n = 73) et abus sexuel  (n = 54). Les symptômes dépressifs selon CES-D  ont été fortement associés à toutes les formes de maltraitance, sauf l’abus sexuel.

Le CIDI-Auto a montré une association plus forte  pour l’anxiété, en particulier le trouble de stress post-traumatique que  pour le trouble dépressif. Cependant, l’abus émotionnel et la négligence ont une association constante avec tous les diagnostics psychiatriques.

Dans une revue de 124 études, l’abus émotionnel a augmenté le risque de dépression  avec un ods-ratio de 3,06 ; alors que la violence physique n'a augmenté que de moitié le risque de dépression.

De même, la gravité de la dépression était plus étroitement liée à  l’abus émotionnel envers les enfants  qu’à la qu’à la violence sexuelle ou physique.

Ces résultats, fondés sur des rapports corrigés, recueillis de manière prospective, suggèrent que la négligence et l’abus émotionnel, sources potentielles de dysfonctionnement psychologique à long terme ; doivent recevoir autant d'attention que les abus physiques et sexuels.

Dr Mounir Jaafari

Service  de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 27/12/2018

 


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