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L’émergence des neuroscience et troubles du spectre autistique


Introduction

Le trouble du spectre autistique (TSA) est un trouble très répandu. Ce travail  illustre l'importance des facteurs de risque connus de TSA, tels que la délétion chromosomique et la prématurité. Cet article  cherche à informer le clinicien des actualités de la recherche qui peut  affecter la pratique clinique, tout en fournissant un aperçu sur les recherches susceptibles de trouver des traitements biologiques pour les TSA au cours de la prochaine décennie.

Thème 1: Facteurs de risque des troubles de spectre autistique( TSA)

 Facteurs de risque génétiques

Les études familiales indiquent que les facteurs de risque génétiques  augmentent la probabilité de l'autisme. Les jumeaux monozygotes ont des taux de concordance de l'autisme de 50% à 80% dans la plupart des études, ce qui indique une forte héritabilité des TSA. Les chercheurs ont d'abord évalué le génome entier pour chercher  des micro-délétions de novo et les micro-duplications (CNVs). Les CNVs ont été détectées à une fréquence plus élevée chez les participants atteints de TSA que chez leurs frères et sœurs non affectés, et plusieurs CNVs récurrentes ont été associées au risque de TSA, y compris 16p11.2 .

Facteurs de risque environnementaux

Des études portant sur des jumeaux suggèrent que les facteurs de risque génétiques et environnementaux sont associés aux TSA. Les facteurs de risque non génétiques potentiels comprennent les affections maternelles, les complications de la grossesse, les médicaments et l'exposition à des substances toxiques.

La plupart de ces facteurs de risque agissent sur le développement du cerveau pendant les phases prénatale et périnatale. L'établissement de rôles causaux pour les facteurs environnementaux est compliqué par les rapports rétrospectifs et les facteurs de risque qui se chevauchent, mais plusieurs facteurs de risque non génétiques pour les TSA ont maintenant été établis.

Le facteur de risque environnemental le plus bien supporté pour les TSA est l'âge parental avancé. La prématurité, même jusqu'à 37 semaines, est un autre facteur de risque bien établi pour les TSA. L'utilisation prénatale d'anticonvulsivants a été associée à un risque accru de TSA, l'utilisation de l'acide valproïque pendant la grossesse étant la plus claire. Des médicaments contre l'asthme, en particulier les agonistes des récepteurs β2-adrénergiques, ont également été associés au risque d'autisme. L'exposition prénatale à la pollution de l'air a été prise aussi comme facteur de risque de TSA.

Thème 2: Altération du développement cérébral dans les TSA

Les études de neuroimagerie soutiennent de plus en plus une image du développement précoce du cerveau atypique et des altérations généralisées de la connectivité neuronale chez les personnes atteintes de TSA. Les études de neuroimagerie prospective indiquent systématiquement des trajectoires anormales du développement cérébral plutôt que des changements statiques ou des lésions localisées. Le développement efficace du cerveau dépend de l'équilibre entre la croissance synaptique et taille appropriée des neurones et des synapses. Chez au moins certains enfants atteints de TSA, cet équilibre semble être perturbé. Les études de neuro-imagerie ont montré que les changements se produisent bien avant l'apparition de symptômes évidents de TSA. L'association du risque avec l'exposition prénatale suggère que beaucoup de ces perturbations commencent pendant la période prénatale. Des études récentes de neuroimagerie ont examiné le développement du cerveau chez les nourrissons à haut risque à partir de l'âge de 6 mois, suggérant que les nourrissons qui développeront plus tard un TSA présentent déjà une connectivité anormale à ce moment, et il s’est avéré que les connexions impliquées dans le traitement sensoriel semblent particulièrement affectées à ce stade précoce. Dans certaines études, le degré de connectivité atypique à 6 mois est corrélé avec la gravité future des symptômes.

Orientations futures et prometteuses de la médecine

Selon les données probantes disponibles, un diagnostic de TSA devrait être suivi le plus tôt possible par la mise en œuvre d'une intervention comportementale précoce et intensive, qui améliore les résultats cognitifs et adaptatifs chez de nombreux enfants (mais pas tous) atteints de TSA.  Les traitements pharmacologiques fondés sur des données probantes dans les TSA se limitent à des symptômes concomitants, tels que l'agitation ou l'hyperactivité. Certains cliniciens et parents choisissent parmi une multitude  de traitements sans preuve, motivés par le désir de cibler  les causes profondes des TSA. Cette utilisation de traitements sans preuve est compréhensible quand aucun de nos traitements biologiques disponibles ne traite les déterminants neurobiologiques de base du trouble.

Dr Mounir Jaafari

Service De psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 30/06/2018

 

 


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