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Efficacité comparée des antipsychotiques pour la prévention des ré-hospitalisation en schizophrénie: Une cohorte finlandaise avec un suivi de 20 ans


Schizophrenia Bulletin. December 2018

 

Introduction

On sait très peu sur la comparaison d'efficacité à long terme des antipsychotiques innovants dans la prévention des rechutes, en particulier dans le premier épisode de schizophrénie

Les hospitalisations peuvent être causées par les rechutes conduisant à des soins psychiatriques en milieu hospitalier, ou des effets indésirables liés à l'utilisation d'antipsychotiques conduisant à des soins non psychiatriques. 

Les Constatations sur la comparaison d’efficacité des antipsychotiques à partir des   essais contrôlés randomisés  (ECR)  offrent quelques indications aux cliniciens.

Cependant, une plus grande attention a été accordée à la question suivante: Si les participants aux ECR sont représentatifs de la vie réelle des patients atteints de schizophrénie ou d'un sous-groupe hautement sélectionné.

En outre, les participants au RCT reçoivent souvent de meilleurs soins  que ceux offerts en pratique quotidienne, et les personnes qui ne sont pas adhérents à leurs médicaments sont peu susceptibles de se porter volontaires pour des essais cliniques.

Le traitement le plus efficace peut également dépendre d’un patient s’il est récemment diagnostiqué d’une schizophrénie ou bien il a eu une longue histoire avec la maladie.

 En outre, les usagers des antipsychotiques sont plus susceptibles de subir des effets indésirables, même graves la première fois que les usagers à long terme et tolérant bien le médicament. 

Comme l’incidence de la schizophrénie est plutôt faible, environ 0,3 à 0,5 nouveaux cas pour 1000 personnes avec une tendance légèrement à la baisse, la taille de l'échantillon pour les patients est souvent limitée ;ce qui peut conduire à un manque de puissance statistique ou de concentration sur les antipsychotiques les plus couramment utilisés. 

Dans les études précédentes d'observation parmi les nouveaux cas de la schizophrénie, les patients ont démontré la supériorité de la clozapine sur les autres antipsychotiques.

 Cependant, toutes les études n’ont pas différencié entre les formes orales et les formes à action prolongée,  bien que la voie d'administration puisse avoir un impact important sur les résultats du traitement. En outre, le nombre de patients

dans toutes les études précédentes a été trop faible et la durée de suivi trop courte  pour permettre une comparaison significative.

L'objectif de cette étude était d'enquêter sur le risque de toutes causes  d’hospitalisation  psychiatriques associée aux antipsychotiques chez  une cohorte nationale de personnes atteintes de schizophrénie avec un suivi de 20 ans. Des analyses de sous-groupe de nouveaux cas de schizophrénie sans utilisation d'antipsychotique préalable ont été menées.

Méthodes :

 Les Données nationales du registre finlandais des soins de santé ont été rassemblés prospectivement pour toutes les personnes avec des périodes de soins hospitaliers dues à la schizophrénie en Finlande de 1972 à 2014.

Au total 62 250 personnes ont été inclus dans la cohorte et 8719 pour les nouveaux cas de la cohorte (premier épisode de schizophrénie). Le suivi de l'utilisation des antipsychotiques a commencé en 1996 pour la cohorte existante, et à la première sortie des soins hospitaliers pour les patients du premier épisode.

 Des modèles de régression intra-individuels de Cox pour le risque des hospitalisations psychiatriques et toutes causes confondues ont été construites comme l’utilisation d'individu comme son propre contrôle pour éliminer les biais de sélection. Avec une durée de suivi jusqu'à 20 ans (médiane = 14,1, interquartile de 6,9 ​​à 20,0).

Résultats :

59% des patients de la cohorte prévalente ont été réadmis aux soins hospitaliers psychiatriques

L’Olanzapine injectable à action prolongée  (LAI);( ratio de risque ajusté = 0,46, 95% de confiance) intervalle = 0,36–0,61),  la clozapine (0,51, 0,49–0,53), et la palipéridone LAI (0,51, 0,40–0,66) ont été associées comme présentant le plus faible risque de réhospitalisation psychiatrique dans la cohorte prévalente. 

Parmi les patients du premier épisode, les taux les  plus bas de risque  ont été observés pour le flupentixol LAI (0,24, 0,12–0,49),  l’olanzapine LAI (0,26, 0,16–0,44) et le perphénazine LAI (0,39, 0,31-0,50).

 La clozapine et les LAI ont été associés au  risque le plus faible d'hospitalisation toutes causes confondues dans les deux cohortes.

La clozapine et les LAI sont les traitements les plus efficaces dans la prévention de la réhospitalisation psychiatrique, toutes causes confondues, chez les patients atteints de schizophrénie chronique ou du premier épisode.

                                                                           

Discussion

Comme dans une étude précédente avec des analyses intra-individuelles

d’antipsychotiques,  la présente étude démontre que l'utilisation de LAI est associée à un risque plus faible de troubles psychiatriques et d’hospitalisations toutes causes confondues. Cependant, les auteurs ont également effectué des comparaisons directes entre LAI et correspondant au même médicament par voie orale et ils ont constaté que tous les LAI n'étaient pas substantiellement supérieurs aux antipsychotiques oraux en termes de risque de réhospitalisation psychiatrique. Seulement la rispéridone, perphénazine, olanzapine et halopéridol en LAI étaient associés à un risque significativement plus faible que orales équivalentes.

 Un schéma similaire a été observé lorsque les antipsychotiques ont été comparés à l’utilisation orale d’olanzapine et tous les LAI n’étaient pas associés à un risque plus faible de réhospitalisation psychiatrique que ceux par voie orale, sauf l'olanzapine, et la  perphenazine LAI.

 Ainsi, ces résultats impliquent qu’il peut y avoir des différences d'efficacité entre les LAI, et l'efficacité des LAI pourrait ne pas être expliquée purement par une meilleure observance thérapeutique et des contrôles de soins de santé plus étroits (visites régulières à la suite d'injections) liées à tous les LAI. 

Ce phénomène peut aussi être dû aux variations d’adhérence à différents antipsychotiques oraux ou en raison de leur mécanismes pharmacologiques comme références dans ces  comparaisons étaient les orales. 

En outre, les demi-vies des antipsychotiques varient les uns des autres, ce qui peut avoir un impact sur l'efficacité relative de LAI par rapport à la voie orale.

 La supériorité des LAI sur les oraux dans la réduction du risque d'hospitalisation psychiatrique et toutes causes confondues était presque identique pour les antipsychotiques classiques (FGA) vs les atypiques (SGA) (HR 0.46 vs 0.45 pour hospitalisation psychiatrique, et 0,69 vs 0,70 pour toutes les causes hospitalisation).

Conclusion

Les limites de notre étude sont liées aux registres qui manquent de données sur les résultats cliniquement importants. Des questions importantes telles que la qualité de vie devraient être évalués car nos mesures de résultats étaient uniquement liées aux hospitalisations en tant que marqueurs de l'efficacité globale de la pharmacothérapie.

 

Dr Nada Chefchaouni

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 31/12/2018


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