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Biomarqueurs inflammatoires et risque de schizophrénie


JAMA Psychiatry. 2017;74(12):1226-1233

La schizophrénie se classe 11ème parmi les principales causes mondiales des années vécues avec un handicap, elle constitue un lourd fardeau vu ses conséquences sur le plan personnel et social.

Une association entre la schizophrénie et le système immunitaire a été suggérée, il y a plus d'un siècle. Les infections pendant la grossesse et la petite
enfance, aussi bien que les maladies auto-immunes ont été liées à un risque accru de schizophrénie.

En outre, les résultats des études réalisées à ce jour montrent que la dysrégulation immunitaire joue un rôle dans la pathogenèse de la schizophrénie.

L'inflammation a été supposée comme un mécanisme potentiel reliant la réponse immunitaire à la pathogenèse de la schizophrénie et d'autres troubles neuropsychiatriques vu que les cytokines peuvent influencer plusieurs processus neurologiques  y compris le métabolisme des neurotransmetteurs, les fonctions neuroendocrines et la plasticité neurale.

Cette étude a été menée pour chercher l’éventuelle relation entre les marqueurs inflammatoires et la schizophrénie dans une conception de randomisation mendélienne  à 2 échantillons, qui ont été utilisées comme des variables instrumentales des variantes génétiques, ainsi que des biomarqueurs inflammatoires.

Dans l'ensemble, il n’y avait pas de preuves solides que l'exposition à long terme à une action accrue de ces cytokines pro-inflammatoires augmente le risque de schizophrénie comme précédemment supposé,  et  inversement, les faibles taux de l'IL-6 et de la  CRP pourraient augmenter le risque de schizophrénie. Le mécanisme derrière cela reste  inconnu, mais cela peut être expliqué par une susceptibilité accrue aux infections.

Les résultats de cette étude sont concordants avec ceux de la littérature qui montrent que les niveaux circulants de plusieurs cytokines, tels que l’interleukine (IL) -1β,  IL-6 et  la protéine C-réactive (CRP) sont plus élevés chez les schizophrènes. D’autres études ont suggéré que les traitements anti-inflammatoires améliorent les symptômes de la schizophrénie, mais  peu d’études observationnelles avec des  échantillons de petite taille sont disponibles.

D’autres études doivent être réalisées pour pouvoir confirmer ou affirmer les quelques études disponibles jusqu’à ce jour.

Dr Narjisse Lahlali

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 28/12/2017


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