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Association entre l’utilisation du méthylphénidate et des amphétamines et le risque de malformations congénitales


JAMA Psychiatry. 2018;75(2):167-175

Le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodeveloppemental caractérisé par des troubles de l’attention avec/ ou sans hyperactivité, impulsivité et des répercussions négatives sur le fonctionnement social, académique et/ou professionnel.

Bien que défini à l'origine comme étant un trouble de l'enfance, il est de plus en plus reconnu qu’il peut persister ou même apparaître à l'âge adulte.

La prévalence du TDAH aux états unis a été estimée à environ 3% chez les enfants, 5%  chez les adolescents, et  5 % chez les adultes.

Les psychostimulants, y compris les amphétamines et le méthylphénidate, sont considérés comme des médicaments de première ligne pour la gestion du TDAH.

Ces dernières années, l'utilisation de ces médicaments chez les adultes, y compris les femmes en âge de procréer, a considérablement augmenté. Ils constituent donc une exposition médicamenteuse de plus en plus fréquente pendant la grossesse.

Les données concernant la sécurité des psychostimulants en début de grossesse sont limitées. Les études chez l'animal suggèrent que les amphétamines à des doses très élevées peuvent augmenter le risque de malformations cardiaques et autres, alors que la plupart des études animales utilisant des doses pertinentes n'indiquent pas d'effet tératogène. Les études chez l'homme, n'ont généralement pas trouvé de risque accru de malformations lorsque ces médicaments sont utilisés pour des indications médicales, mais les données restent limitées, rares et contradictoires.

Compte tenu de l'utilisation croissante des psychostimulants pendant la grossesse et chez les femmes qui pourraient tomber  enceintes, alors qu’elles sont sous médicaments, il est nécessaire de mieux étudier leur sécurité.

Cette étude a été menée pour examiner l'association potentielle entre l'exposition au premier trimestre aux psychostimulants et les malformations congénitales majeures, ainsi que le type le plus commun de malformations cardiaques congénitales.

L'analyse primaire a inclut  une cohorte  de grossesses de femmes résidants aux États-Unis, par la suite,  les analyses ont été répliquées  en utilisant les données de 5 registres de santé nordique (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède).

Dans une cohorte de 1 813 894 femmes enceintes qui ont accouché aux États-Unis, a été constatée une augmentation de 28% de la prévalence des malformations cardiaques après l'exposition au méthylphénidate au cours du premier trimestre, et après réplication de ces analyses dans une cohorte de 2 560069 femmes ayant accouché dans les pays nordiques, l'augmentation du RR est restée à 28%.

 Puisque les malformations cardiaques affectent environ 10 nourrissons pour 1000 naissances, cette augmentation correspond à 3 enfants supplémentaires nés avec des malformations cardiaques congénitales pour chaque 1000 femmes qui reçoivent du méthylphénidate pendant le premier trimestre de la grossesse.

Aucune association n'a été observée entre le méthylphénidate et les malformations congénitales dans leur ensemble ou entre les amphétamines et toute malformation congénitale ou cardiaque.

Ces résultats suggèrent une faible augmentation du risque de malformations cardiaque en cas d’exposition intra-utérine au méthylphénidate, ce qui impose l’évaluation du rapport bénéfice risque de l’utilisation de ce traitement chez les femmes souffrant de TDAH qui sont en âge de procréer et durant le premier trimestre de la grossesse.

Dr Narjisse Lahlali

Service de psychiatrie

CHU Hassan II Fès

Le 27/02/2018

 


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